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Antonio Gutteres à Sévaré: juste bon pour le moral des troupes du G5 Sahel

La force du G5 Sahel est toujours à la recherche du nerf de la guerre pour son fonctionnement dans la durée (Ph. sahel-intelligence.com)

Antonio Gutteres mettant à profit son séjour au Mali à l’occasion de la Journée internationale des Casques bleus s’est rendu à Sévaré, au centre du Mali. Sur place, le secrétaire général des Nations unies a visité le quartier général de la Force du G5 Sahel avant de se rendre au QG de la Minusma. Si le patron de l’Onu est allé remonter le moral à ses troupes engagées depuis 2013 dans la lutte contre le terrorisme au Mali, sa présence aux côtés des responsables du quartier de la Force du G5 Sahel a été encore plus symbolique. Certes, il a promis l’appui des Casques bleus à cette force sensée porter l’estocade à l’hydre jihadiste et mettre en déroute les bandits du même acabit qui écument le Sahel. Mais pour le moment, cette possibilité de collaboration entre le bras armé du G5 Sahel et les «Gutteres Boys» n’est qu’un projet. Si elle devient réalité, ce serait tant mieux pour la force sahélienne montée presqu’aux forceps par le regroupement de cinq pays du Sahel, en l’occurrence, le Mali, la Mauritanie, le Burkina Faso, le Tchad et le Niger. Avec Emmanuel Macron aux manettes, la délivrance du G5 Sahel est passée par un accouchement dans la douleur. Le président français et ses pairs africains du Sahel n’ayant pas réussi à placer la force sous la coupe onusienne, le budget initial de 423 millions d’euros prévu pour la constituer n’a pas été facile à réunir.

Mais, n’en déplaise aux Etats-Unis fortement opposés à sa mise sous mandat onusien, la force du G5 Sahel est bien là. Comme un aveu d’impuissance, le secrétaire général de l’Onu a d’ailleurs réaffirmé son soutien au G5 Sahel, tout en reconnaissant n’avoir pas pu lui dégoter le mandat plus robuste de la tutelle de l’Onu. C’est dire combien la seule volonté des Etats-Unis, présentés comme le pays plus grand contributeur de l’organisation mondiale, est déterminante, voire péremptoire. Du reste, comme s’il voulait devancer les intentions de Gutteres, les «gendarmes du monde», lors d’une réunion du conseil de sécurité de l’Onu, ont encore affirmé leur opposition à une implication majeure des Nations unies dans le G5 Sahel. Ainsi, sans être ouvertement contre cette force, les Etats-Unis prouvent à souhait le peu de confiance qu’ils ont en cette structure de lutter efficacement contre le terrorisme. Mais Donald Trump met surtout en évidence la suprématie incontestée de son pays sur les affaires du monde. Cette attitude de méfiance des Etats-Unis pourrait bien se justifier par les résultats a minima et presque décevants de plusieurs forces dont la Minusma ou encore celle française Barkhane. Ces forces pourraient même être, à moins qu’elles fassent dans la complaisance ou à la limite de l’enlisement dans les sables chauds du Sahel où les jihadistes règnent presque en maîtres, alignant les attaques. Les résultats insuffisants de ses aînées ne plaident donc pas en faveur du G5 Sahel.

A moins qu’elles fassent dans la complaisance, où qu’elles conduisent un agenda caché de ces puissances que le Sahélien lambda n’hésite pas à accuser de faire prospérer ainsi leur commerce honteux d’armes ou de continuer à piller en toute impunité les richesses du sous-sol africain, ces forces, qu’elles soient Barkhane, Minusma ou Minusco ou encore Minusca, ont failli. Et il faut espérer que la force du G5 Sahel n’emprunte pas les mêmes chemins. En attendant, c’est le nerf de la guerre qui manque le plus au G5 Sahel pour pérenniser sa force.

Par Wakat Séra

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