Le Tribunal de Grande Instance (TGI) Ouaga II a renvoyé le procès de l’assassinat de l’ex-ministre Viviane Compaoré au 13 mars prochain. Le juge a accédé à une demande de la défense et ordonné une « expertise psychiatrique » à l’audience de ce vendredi 20 février 2026 pour une bonne administration de la justice.
Le jugement de l’affaire de l’assassinat de l’ex-ministre burkinabè, Viviane Yolande Compaoré, repoussé une première fois à cette date du vendredi 19 février 2026, a repris dans la matinée. Mais, aussitôt reprise au Tribunal de Grande Instance (TGI) de Ouaga II, l’audience a été de nouveau renvoyée au 13 mars prochain.
En effet, la défense a demandé à la chambre criminelle de jugement, le complément d’une pièce en vue de faire la lumière de façon sereine dans ce dossier. L’avocat de l’accusé, Me Edgar Sosthène Dabiré, a sollicité, « une expertise psychiatrique ». Cette expertise médicale vise à garantir non seulement les droits de son client et un procès équitable.

Selon la partie défenderesse, l’expertise médicale permettra d’éclairer les différentes parties à ce procès sur l’état psychique de l’accusé au moment de la commission des faits. A suivre Me Dabiré, après avoir échangé plusieurs fois avec son client, un doute sérieux sur l’état mental de ce dernier reste à clarifier par un expert. Pour les Conseils, leurs arguments visent un procès équitable de l’affaire dont leur client risque une grande peine au moment de la sentence.
Le parquet s’est opposé « fermement » à la sollicitation des Conseils de l’accusé en présentant ses moyens. Le Procureur du Faso, Prosper Thiombiano estime que depuis toutes les étapes de la procédure, l’accusé a été suffisamment constant dans la relation des faits, dans leurs reconstitutions jusqu’à cette date.
Mais après une suspension de quelques minutes ayant permis à la chambre de jugement de trancher, elle a accédé finalement à la requête de la défense et a ordonné un renvoi du dossier au 13 mars 2026.

Les moyens présentés par le ministère public sur la demande de l’expertise
« Nous pensons qu’il n’y a pas de plus-value à ce qu’on fasse droit à une requête pour fin d’expertise psychiatrique parce que nous pensons que l’accusé reconnaît suffisamment les faits et il ne les a jamais contestés, il les explique dans les détails », a déclaré le Procureur du Faso au sortir de l’audience.
Alors, le juge débout, le parquet « n’a jamais décelé la moindre incohérence de nature à interpeller (son) attention sur un déficit mental ». En tout état de cause, le procureur Prosper Thiombiano pense que les éléments que le Conseil a évoqués « ne sont pas de nature à entraîner une quelconque non-imputabilité, c’est-à-dire de rendre irresponsable » son client.
« C’est pourquoi, pénalement en tout cas, nous avons pensé qu’il ne fallait plus renvoyer ce dossier, il fallait aller tout de suite à la manifestation de la vérité en ouvrant les débats. Cela est de nature à permettre aux ayants droit de la victime de comprendre exactement ce qui s’est passé dans ce dossier, dans des délais raisonnables au lieu de traîner encore avec ce procès. Mais le tribunal a décidé autrement en faisant droit à la requête du conseil de l’accusé. C’est une décision qui est déjà rendue », a-t-il dit à la presse, affirmant que le ministère public a pris acte de la décision du tribunal et « va contribuer à ce que les diligences soient faites dans les délais impartis ».

Les arguments de la défense
«Nous avons estimé qu’il était nécessaire que la juridiction ordonne une expertise psychiatrique parce qu’après examen du dossier, après aussi un entretien avec notre client, il est ressorti des éléments qui interrogent sur l’état mental de l’accusé », a déclaré son avocat Me Edgar Sosthène Dabiré, laissant entendre que c’est pour cette raison qu’ils ont souhaité que la juridiction puisse ordonner une expertise psychiatrique pour la manifestation de la vérité. « Je précise que cette demande est légale puisque fondée sur la disposition du cours de procédure pénale », a-t-il soutenu.
« Cette demande en réalité renforce même les droits de l’accusé. D’abord, parce qu’elle garantit le droit à un procès équitable. Ensuite, elle garantit le droit de la défense. Elle garantit même le respect de la présomption d’innocence. Donc, pour moi, la chambre criminelle, après justement avoir ordonné cette expertise-là, a dit le droit », a poursuivi Me Dabiré devant les Hommes de média.
Pour lui, si à l’issue du rapport d’expertise, il se révèle qu’effectivement, l’accusé est atteint de démence, cela à une « implication juridique sur la responsabilité pénale ».

Le corps sans vie de Viviane Yolande Compaoré, une ancienne ministre et proche de l’ancien président Blaise Compaoré, a été retrouvé, le 10 janvier dernier à son domicile à Ouagadougou. Viviane Yolande Compaoré a été également député et assurée des fonctions de Gouverneur pour le compte de la région du Nord.
Une enquête avait été immédiatement ouverte pour retrouver le ou les auteurs et éventuels complices de l’assassinat de Viviane Yolande Compaoré, une ancienne ministre et proche de Blaise Compaoré. Quelques jours après, l’accusé qui comparait, ce jour, au TGI Ouaga II, a été arrêté et aurait avoué, selon le parquet, d’être l’auteur de la tuerie.
Par Bernard BOUGOUM




























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