Prévues pour se dérouler à Abidjan, en Côte d’Ivoire, du 26 au 30 mai, les Assemblées annuelles 2025 du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), ont officiellement été lancées, ce 27 mai, par le président ivoirien, Alassane Ouattara. Autour du thème «Tirer le meilleur parti du capital de l’Afrique pour favoriser son développement», ces rencontres importantes pour la vie de l’institution rassembleront plus de 6000 participants dont des délégués de 81 pays qui auront le privilège d’élire le successeur de Dr. Akinwumi Adesina, arrivé au bout de ses deux mandats de cinq ans chacun. La construction du futur siège de l’institution a déjà sa place dans les esprits
«Les présentes Assemblées se tiennent dans un contexte mondial marqué par des turbulences et incertitudes multiples, qui ne laissent d’autre choix à l’Afrique que celui de se rassembler autour d’elle-même et autour de ses institutions les plus fortes. La Banque Africaine de Développement, par sa vision panafricaine et son engagement en faveur de la transformation structurelle du continent, se positionne au cœur de cette dynamique. Le thème retenu cette année, «Tirer le meilleur parti du capital de l’Afrique pour favoriser son développement», nous rappelle que l’Afrique dispose d’un vaste patrimoine naturel et culturel, et d’un potentiel démographique exceptionnel, à transformer impérativement en prospérité partagée.» Ces mots de la ministre ivoirienne de l’Economie, du plan et du développement, Nialé Kaba, pourraient résumer, à eux seuls, les temps forts de la cérémonie officielle de l’ouverture des Assemblées annuelles 2025, ce 27 mai 2025.
Un homme à l’honneur
Mais c’était un jour de grâces pour un homme qui, après une décennie de vie à la BAD, souvent au détriment de sa vie de famille, avait tous les honneurs d’une assistance venue pour vivre des Assemblées annuelles d’une institution dont le président n’occupait pas, selon ses propres dires un poste, mais était «en mission». Dr. Akinwumi Adesina, puisque c’est de lui qu’il s’agit, sous la pluie d’hommages qui lui ont été rendus, n’a pas eu tort de laisser échapper quelques larmes d’émotion. Son leadership a été simplement salué, même si lui-même, reconnaissant que la perfection n’est pas de ce monde, a présenté ses excuses à toutes les personnes qu’il aurait bousculées, dans sa course vers le développement de l’Afrique.

Malgré les imperfections certaines, le bilan présenté par Akinwumi Adesina constituera, certainement, une source de motivation supplémentaire pour son successeur qui sera désigné, ce jeudi 29 mai. Le président se souvient, comme si c’était hier, dans langage de marin, de son élection en 2015 et de sa réélection en 2020: «En 2015, lorsque nous avons levé l’ancre, nous avons lancé les «High 5», les cinq priorités stratégiques de la Banque: éclairer l’Afrique et l’alimenter en énergie, nourrir l’Afrique, industrialiser l’Afrique, intégrer l’Afrique et améliorer la qualité de vie des populations en Afrique. Ces «High 5» représentaient les voiles de notre navire», a reconnu le capitaine qui a tenu la barre de main ferme et obtenu même les félicitations du chef de l’ONU, Antonio Guterres.
Plus que des chiffres, le bien-être des Africains
Mais avant de céder le gouvernail au prochain navigateur, deux capitaines ne pouvant rester dans le même bateau, Akinwumi Adesina aligne des résultats qui, s’ils n’ont pas résolu tous les problèmes de l’Afrique, ont tout de même contribué à changer le quotidien de centaines de millions d’Africains. Chiffres choisis: «Aujourd’hui, alors que nous approchons du rivage de ma décennie en tant que président du Groupe de la Banque africaine de développement, la voile de notre navire reste haute et solide. Les « High 5 » ont eu un impact sur la vie de plus de 565 millions de personnes en Afrique. 128 millions de personnes ont désormais accès à des services de santé améliorés. 121 millions de personnes ont désormais accès à des transports améliorés. 104 millions de personnes bénéficient désormais d’une sécurité alimentaire. 63 millions de personnes ont désormais accès à l’eau potable. 34 millions de personnes ont désormais accès à des services d’assainissement améliorés. 28 millions de personnes ont désormais accès à l’électricité. Et grâce au Sommet africain de l’énergie-Mission 300, une initiative sans précédent lancée conjointement à Dar es Salam par le Groupe de la Banque africaine de développement, le Groupe de la Banque mondiale et d’autres partenaires, 300 millions d’Africains supplémentaires auront accès à l’électricité d’ici à 2030.» Au successeur de Akinwumi Adesina, de compléter ce tableau loin de faire le bonheur du continent encore en plein creux de la vague.

Guerrier Nigerian, fils de la Côte d’Ivoire
En tous cas, de son père adoptif, l’Ivoirien Alassane Ouattara, au président de l’Union des Comores, Azali Assoumani, en passant par le Ghanéen John Dramani Mahama, ou le Premier ministre nigérien Ali Lamine Zeine, un ancien de la BAD, ou le vice-président de la Tanzanie Dr. Philip Isdor Mpango, l’unanimité a été faite autour de la personne et de la personnalité du «guerrier qui sème la joie autour de lui», selon une approche d’explication de son prénom en langue Yorouba. Akinwumi Adesina, avec ses prédécesseurs et leurs différentes équipes de collaborateurs dynamiques, ont fait de la BAD, un accélérateur du développement de l’Afrique. S’il est bien Nigérian d’origine, Akinwumi Adesina qui connaît, presque comme sa poche, Daloa, Bouaké, Man, Korogho, pour ne citer que ces villes de la Côte d’Ivoire, se considère comme un Ivoirien. Et ce n’est pas le président Alassane Ouattara qui l’a adopté, qui dira le contraire. «Akin», comme il l’appelle affectueusement a reçu tout le soutien du président ivoirien qui n’a pas hésité à demander une salve d’applaudissements pour lui.
Tout est…Grâce

Le proverbe l’a dit, «derrière chaque grand homme, se trouve une femme». Akinwumi Adesina, lui, était adossé à un solide pilier nommé Grâce. «Est-ce que je pouvais même faire quelque chose sans Grâce», s’est demandé, le bientôt ex patron de la BAD, se débarrassant, sans complexe, de tout orgueil de mâle dominant. Et si Akinwumi Adesina est certain de jouir encore, longtemps, des grâces de son épouse Grâce, les grâces de Dieu, comme le lui a souhaité, Dr. Philip Isdor Mpango, l’accompagneront toujours.
Par Wakat Séra




























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