Accueil Société Attaque prison militaire burkinabè: « le procès pourrait accoucher d’un autre procès » (défense)

Attaque prison militaire burkinabè: « le procès pourrait accoucher d’un autre procès » (défense)

Me Arnaud Ouédraogo

Me Arnaud Ouédraogo, un des avocats de la défense des militaires de l’ex-garde de sécurité présidentielle burkinabè (RSP) accusés de vouloir attaquer la prison militaire pour libérer des détenus du coup d’Etat manqué du 16 septembre 2015, soutient que le procès qui a pris fin mercredi « pourrait accoucher d’un autre procès », après le verdict.

Se focalisant sur les pièces, vidéo, photos et des brouillons du chef de corps de l’ex-RSP, que la défense a apporté au tribunal au cours des audiences, Me Ouédraogo a confié que les avocats de la défense sont « en droit de se dire que ce procès pourrait accoucher d’un autre procès ».

« C’est peut être les deux procès mis bout en bout qui vont nous révéler ce qui est réellement passé », a-t-il poursuivi.

Selon lui, ils ont « en toute responsabilité, en tant qu’avocats de la défense avec la faiblesse humaine qui (leur) caractérise tous, donné le meilleur d’eux-mêmes afin que la vérité soit connue de tous parce qu’(ils) pensent qu’au-delà de la défense de (leurs) clients il y avait de nombreuses leçons qui pouvaient être tirées de (leur) présence, pour les procès qui viennent et consolidées la justice du pays ».

« Ce procès a accouché d’un verdict, il a aussi et surtout accouché d’une énigme », a fait remarqué Me Arnaud Ouédraogo, affirmant que « durant l’audience les non-dits ont été bien plus nombreux que les dires ».

Pour Me Ouédraogo c’est un procès qui « laisse un goût inachevé », soutenant « qu’il y a un certain nombre de mystères qui restent entier (et) que ce procès n’a pas levé ».

« Nous ne savons pas sur quelle base le tribunal a bien pu construire sa décision parce que si des personnes sont régulièrement citées et ne comparaissent pas pour livrer un pan de la vérité, si un enregistrement qui aurait pu permettre de faire rebondir les débats (…), on est en droit de se dire que (…) tout n’a pas pu être dit et que le procès n’a pas épuisé la vérité », a conclu Me Arnaud Ouédraogo.

Mohamed ZOUNGRANA

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