Accueil Economie BAD: trois jours pour booster l’intégration africaine

BAD: trois jours pour booster l’intégration africaine

Les visas constituent une véritable problématique pour l'ouverture des pays africains aux Africains (Ph. wakatsera.com)

Pendant les trois jours qu’a durée la 13ème Conférence économique Africaine, la Banque Africaine de Développement (BAD) a plus que jamais mérité son statut de pionnier en matière d’intégration de l’Afrique. Par sa représentation relevée lors des différents panels, sessions et plénières, l’institution a mis à la disposition des chercheurs, représentants de la société civile, hommes politiques, journalistes, en somme, tous les décideurs et acteurs du développement du continent, des outils efficaces pour aboutir à une intégration véritable du continent. C’est dans cette logique que se place le lancement de la 3è édition de l’Indice de transparence des visas pour l’Afrique. «L’Indice a contribué à mieux sensibiliser l’opinion et à conduire les réformes de la politique des visas à travers le continent dans le but de faciliter la circulation des personnes, ce qui ouvrira de nouvelles perspectives pour le tourisme, le commerce et les investissements intra-africains. Ainsi, la Banque participe directement à la réalisation des objectifs de l’initiative de l’Union africaine (UA) en faveur d’un passeport africain unique». Foi de Gabriel Negatu. Une conviction que partage le directeur général de la BAD au Bureau régional de développement et de prestation de services pour l’Afrique de l’Est avec le président de l’institution, Akinwumi Adesina dont «Intégrer l’Afrique», constitue l’une des priorités des «High 5».

Des panels très pointus ont contribué à donner un coup de pouce à l’intégration africaine (Ph. wakatsera.com)

Pour la BAD qui a mis en place une batterie de mesures et d’initiatives pour faire de l’intégration régionale non plus un rêve mais une réalité, cet indice sur les visas est une opportunité pour parvenir à une meilleure ouverture des pays et donc une circulation aboutie des biens et des personnes. Pour sa troisième édition lancée le 4 décembre lors de la deuxième journée de la conférence de Kigali avec comme témoin oculaire, la directrice du développement régionale et de l’intégration régionale de la Banque, Moono MUPOTOLA, l’indice développée en collaboration avec l’Union européenne, n’a pas dérogé à la vision de la BAD: éliminer les visas pour les Africains voyageant en Afrique. Partant de la base de données de l’Association internationale du transport aérien (IATA), l’Indice a catégorisé, sur une pondération de 0 à 1, les zones les plus ouvertes et celles les moins ouvertes. C’est ainsi que l’Afrique de l’ouest et celle de l’Est font partie des zones les plus ouvertes tandis que l’Afrique centrale, l’Afrique australe et l’Afrique du nord sont rangées dans la catégorie des zones les moins ouvertes. Certes, par le biais d’accords bilatéraux et du contexte politique, des pays de ces zones moins ouvertes offrent réciproquement des conditions d’ouverture à leurs ressortissants. En attendant de parvenir à l’objectif final d’éliminer les visas partout sur le continent aux Africains, le Bénin et les Seychelles montrent déjà la voie en permettant à tous les Africains de se rendre sans visa dans ces pays. Toutes choses qui faciliteront le tourisme et la libre circulation, fondements essentiels du développement.

Désormais pays de délivrance de visa à l’arrivée, le Rwanda constitue également un exemple et son choix pour la tenue de cette 13è conférence sur «l’Intégration régionale et continentale pour le développement de l’Afrique» était donc bien indiqué.

Par Morin YAMONGBE (Ouaga-Kigali-Ouaga)

Encadré: des statistiques qui parlent

-Les Africains n’ont pas besoin de visa pour voyager dans 25% des autres pays africains contre 22% en 2017 et 20% en 2016;

-Les Africains peuvent obtenir des visas à l’arrivée dans 24% des autres pays, soit le même taux en 2017 et 25% en 2016;

-Les Africains ont besoin de visas pour se rendre dans 51% des autres pays africains, contre 54% en 2017 et 55% en 2016;

-43 pays, contre 47 en 2017, ont amélioré ou maintenu leur score;

-15 pays ont pris de l’ascension, soit 12 en 2017;

-et le Bénin a rejoint les Seychelles en tête de l’indice en tant que pays ayant la plus grande ouverture en matière de visas.

 

Laisser un commentaire