Arrêté en Côte d’Ivoire et transféré au Bénin le 10 juillet 2025, le journaliste béninois réfugié au Togo, Comlan Hugues Sossoukpè, est désormais détenu à la prison civile de Ouidah, au Bénin. L’information a été donnée par « Banouto.bj », un media local. La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET), lui reproche quatre infractions « lourdes ». Une arrestation qui soulève une vague d’indignation au sein de ses avocats.
C’est l’actualité qui fait la Une de la presse béninoise, ces derniers jours. L’arrestation du journaliste béninois, Comlan Hugues Sossoukpè, défraie la chronique depuis le vendredi 11 juillet 2025. En effet, selon Reporters sans frontières (RSF), Comlan Hugues Sossoukpè avait été invité à Abidjan, en Côte d’Ivoire, par le ministère de la Transition numérique pour couvrir un salon régional. Le 10 juillet 2025, alors qu’il séjournait dans un hôtel, quatre hommes en civil, se présentant comme des membres de la gendarmerie ivoirienne, l’ont arrêté. Selon la même source, il a été conduit directement à l’aéroport Félix Houphouët-Boigny, puis embarqué à bord d’un avion spécial à destination du Bénin, sans être présenté à un magistrat ivoirien. Avec sa présentation au juge des libertés et de la détention de la CRIET, le lundi 14 juillet 2025, le flou qui entourait le dossier depuis son arrestation est quelque peu dissipé.
À l’issue de cette audience avec les juges, le journaliste Comlan Hugues Sossoukpè a été placé sous mandat de dépôt. Selon Me Aboubacar Baparapé, l’un de ses avocats, quatre chefs d’accusation ont été retenus à l’encontre du journaliste, notamment « incitation à la rébellion », « incitation à la haine et à la violence », « harcèlement par le biais d’une communication électronique » et « apologie du terrorisme ». Le journaliste n’a pas reconnu les faits lors de sa présentation au juge. La date de son procès n’a pas encore été fixée. Le dossier est toujours en instruction pour complément d’enquête.
Comlan Hugues Sossoukpè, Fondateur du média en ligne « Olofofo », aujourd’hui suspendu au Bénin, bénéficiait depuis 2021 du statut de réfugié politique au Togo. Il est, selon son avocat, protégé par le Haut Conseil pour les Refugies (HCR). Me Aboubacar Baparapé, a ajouté que la Côte d’Ivoire aurait procédé à son transfert sans respecter les obligations internationales découlant du droit d’asile. Selon le récit fait par le journaliste à son avocat, il aurait été escorté par des agents en civil, sans mandat judiciaire ivoirien, jusqu’à son arrivée à Cotonou où il a été pris en charge par le Centre national d’investigations numériques (CNIN) puis présenté à la CRIET.
Par Valentin SOMANDE (Stagiaire)




























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