
Le procureur du Faso près le Tribunal de Grande Instance de Ouaga 1, Blaise Bakouli Bazié, assisté par des responsables de la Brigade centrale de lutte contre la cybercriminalité (BCLCC), a animé une conférence de presse à Ouagadougou, ce vendredi 22 mai 2026, relative à la recrudescence des discours de haine, des appels à la violence et à la révolte, des atteintes à l’ordre public à travers les réseaux sociaux. «Durant le premier trimestre (2026), 14 personnes ont été interpellées (pour) des faits d’incitation à la haine, d’atteinte à l’ordre public et de propos à caractère religieux de nature conflictuelle sur les plateformes numériques», a déclaré le procureur Blaise Bazié.
Les responsables du Tribunal de Grande Instance Ouaga I et de la Brigade centrale de lutte contre la cybercriminalité (BCLCC) étaient, ce vendredi 22 mai 2026, face aux hommes et femmes de médias pour échanger autour de la problématique des abus de certains internautes qui s’adonnent à des discours de haine, des appels à la violence et à la révolte, aux atteintes à l’ordre public, dans la capitale burkinabè.
D’emblée, le conférencier principal, le procureur du Faso près le Tribunal Ouaga 1 a salué le dispositif technologique mis en place par ses équipes et la collaboration étroite avec la BCLCC qui ont permis, «durant cette année 2026, d’intensifier le contrôle et la répression», ce qui a permis l’interpellation de 14 individus.
Sur les 14 personnes alpaguées, «huit ont fait l’objet de condamnations à des peines de Travail d’intérêt général et envoyé à la brigade Laabal, quatre ont bénéficié de la médiation pénale et ont payé des peines d’amende. Deux personnes ont été condamnées à des peines d’emprisonnement ferme assorties de lourdes amendes dont un à cinq ans pour incitation à la commission d’un meurtre», a affirmé le procureur Bazié.
Selon le procureur Blaise Bazié, face à la recrudescence du phénomène des comportements inciviques sur la toile, durant les mois d’avril et mai, ses équipes et la BCLCC ont «intensifié» la surveillance, ce qui a permis l’interpellation de plusieurs citoyens. «En ce moment, plus d’une cinquantaine d’individus font l’objet de recherche. Une fois retrouvés, ils seront interpellés, jugés et condamnés avec toute la rigueur qui sied», a-t-il soutenu. Il a annoncé que «les opérations de surveillance des réseaux sociaux vont se poursuivre et s’intensifier sans pitié ».

En plus des peines qui seront infligées aux coupables, il a annoncé que désormais les profils et autres comptes des concernés seront «purement et simplement bannis et même supprimés», invitant chaque citoyen, en particulier les utilisateurs des réseaux sociaux à «faire preuve de responsabilité et de civisme; éviter la diffusion de propos haineux, injurieux ou diffamatoires; s’abstenir de relayer des contenus non vérifiés ou susceptibles de troubler l’ordre public et privilégier le dialogue, la tolérance et le respect mutuel».
À travers des écrits, des vidéos, des messages audios, des directs ou lives diffusés sur les réseaux sociaux, ces individus compromettent gravement la cohésion sociale, la paix et la stabilité nationale.
Le procureur a prévenu que les agissements punissables sur les réseaux sociaux constituent de graves violations des dispositions pénales en vigueur. «Est puni d’une peine d’emprisonnement de six mois à trois ans et d’une amende de 300 000 à trois millions de francs CFA tout discours ou écrit public qui justifie ou prétend justifier toute discrimination telle que visée à l’article 322-2 ci-dessus, toute haine, toute intolérance ou violence pour quelque motif que ce soit à l’égard d’une personne ou d’un groupe de personnes».
«Si ces discours ou écrits ont entraîné des violences envers les personnes et/ou des destructions de biens, la peine est de trois ans à dix ans et une amende de 500 000 à 5 000 000 de francs CFA», a-t-il renchéri, rappelant que «depuis plusieurs années, (le Burkina Faso) fait face au terrorisme dont les manifestations sont d’une extrême cruauté».
Dans un tel contexte, la préservation de la cohésion sociale, du vivre-ensemble, de l’unité nationale et de la paix constitue «une responsabilité collective et un impératif pour la stabilité du pays», a-t-il dit. Il conclut que en soutenant que c’est malheureux que certains individus, au mépris des lois en vigueur, utilisent abusivement les technologies de l’information et de la communication particulièrement les réseaux sociaux (Facebook, Tik Tok et les groupes WhatsApp) à des fins totalement nuisibles et punissables.
Par Bernard BOUGOUM




























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