Le Fonds d’appui au sport et à la presse privée (FASP) «Wassa Bondo» a procédé, ce vendredi 16 octobre 2026 à Ouagadougou, à la remise symbolique des chèques aux bénéficiaires de la subvention de l’État à la presse privée. Sur les 94 dossiers enregistrés pour l’exercice 2026, 79 structures ont été retenues pour se partager une enveloppe globale de 320 millions de F CFA.
Un soutien financier pour consolider les médias privés et renforcer leur capacité à informer les populations. C’est l’enjeu de la subvention de l’État à la presse privée, dont les bénéficiaires de l’exercice 2026 ont reçu symboliquement leurs chèques, ce vendredi 16 octobre 2026 à Ouagadougou, lors d’une cérémonie présidée par le ministre chargé de la Communication, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo.

À cette occasion, le ministre a réaffirmé la place incontournable de la presse dans le fonctionnement de l’État, particulièrement dans le contexte actuel du Burkina Faso. Il a exhorté les professionnels des médias à faire preuve de professionnalisme et d’engagement afin d’accompagner les efforts des autorités dans la poursuite de leurs objectifs nationaux.
«La presse occupe une place incontournable dans le fonctionnement de l’État et dans la vie de la Nation. Dans le contexte particulier que traverse notre pays, nous avons plus que jamais besoin de médias professionnels, responsables et engagés, capables de contribuer à l’information juste des citoyens, à la sensibilisation des populations et à l’accompagnement des efforts de construction nationale. Nous encourageons donc les femmes et les hommes de médias à demeurer attachés aux exigences de leur métier et à la qualité de leur travail. L’État, conscient de cette mission essentielle, entend poursuivre ses efforts pour soutenir la presse privée et lui permettre de mieux remplir son rôle au service de la Nation», a-t-il déclaré.
79 bénéficiaires sur 94 dossiers examinés

Pour l’exercice 2026, 94 dossiers ont été enregistrés entre le 1er et le 31 juillet, dont 92 provenant d’entreprises de presse privée et deux d’organisations professionnelles des médias (OPM).
Les candidatures concernaient 10 télévisions, 53 radios, 22 médias en ligne, sept organes de presse écrite et deux organisations professionnelles. À l’issue de l’examen, 79 structures ont été retenues, soit 77 entreprises de presse et les deux organisations professionnelles.

En revanche, 15 dossiers ont été rejetés, principalement en raison d’insuffisances relatives aux pièces administratives et fiscales, aux autorisations d’exploitation ou à la régularité de la diffusion.
L’enveloppe globale de 320 millions de F CFA est répartie entre les différentes catégories de bénéficiaires. Ainsi, 304 millions de F CFA sont destinés aux entreprises de presse privée retenues, contre 12,8 millions pour les deux organisations professionnelles. Le solde de 3,2 millions de F CFA est affecté au fonctionnement du secrétariat technique. Cette répartition vise à soutenir les différentes composantes du paysage médiatique privé, conformément aux critères réglementaires en vigueur.
«Faire de chaque franc investi un levier de performance»

Pour la directrice générale du FASP «Wassa Bondo», Ida Ouédraogo, l’octroi de cette subvention s’accompagne d’une exigence de responsabilité dans la gestion des ressources publiques. L’objectif est que les fonds reçus produisent des effets concrets sur le fonctionnement des médias, leurs équipements et la qualité de leurs productions.
«Cette subvention constitue une opportunité importante pour renforcer les capacités de vos entreprises et améliorer la qualité des services médiatiques offerts aux populations. Nous invitons donc chaque bénéficiaire à en faire une utilisation optimale, rigoureuse et conforme aux objectifs pour lesquels cet appui est accordé. Les ressources mises à votre disposition doivent contribuer concrètement à l’amélioration des équipements, au renforcement des capacités des équipes, à la production de contenus professionnels et à la modernisation de vos organes de presse. La pérennité de cet accompagnement dépend aussi de notre capacité collective à faire de chaque franc investi un levier de performance, de professionnalisation et de viabilité économique pour la presse privée», a-t-elle souligné.
Au-delà de l’aide financière, le suivi des structures bénéficiaires et le respect de leurs obligations réglementaires constituent des leviers essentiels pour renforcer la transparence et garantir une utilisation efficace des ressources allouées.
Les bénéficiaires face à l’exigence des résultats

Au nom des bénéficiaires, Adama Sougouri a salué l’accompagnement de l’État, tout en mettant en évidence les défis auxquels les entreprises de presse privée sont confrontées, notamment les charges de fonctionnement, les besoins en équipements et les exigences liées à la transformation numérique.
«Nous accueillons cette subvention avec reconnaissance, mais aussi avec le sens des responsabilités qu’elle nous impose. Pour les entreprises de presse privée, cet appui représente une bouffée d’oxygène dans un environnement marqué par des charges de fonctionnement importantes, des besoins croissants en équipements et les exigences d’une transformation numérique devenue incontournable. Il nous appartient désormais de faire preuve de responsabilité dans l’utilisation des ressources reçues, afin qu’elles se traduisent par des améliorations réelles dans nos rédactions, une production de qualité et une information toujours plus professionnelle au bénéfice des citoyens. Nous souhaitons que cet accompagnement se poursuive et contribue durablement à la consolidation d’une presse privée viable, crédible et capable d’assumer pleinement sa mission d’information», a-t-il indiqué.
Professionnalisation et modernisation en ligne de mire

Au-delà de la répartition des fonds, l’exercice 2026 souligne la nécessité de mieux informer et accompagner les promoteurs de médias sur les conditions d’éligibilité et leurs obligations réglementaires. La transparence, l’équité et la rigueur dans le traitement des candidatures demeurent également essentielles pour conforter la confiance dans le mécanisme d’attribution de cette aide publique.
À terme, l’ambition est d’inscrire la subvention dans une dynamique plus large de professionnalisation, de modernisation numérique et de consolidation de la viabilité économique des entreprises de presse privée.
À travers le FASP «Wassa Bondo», l’État entend ainsi contribuer à l’émergence de médias mieux outillés et plus résilients. Pour les 79 structures retenues, le défi est désormais de convertir cet appui financier en progrès tangibles, tant dans leurs conditions de travail que dans la qualité de l’information proposée aux populations. Car, au-delà des chèques remis, c’est aussi la capacité de la presse privée à remplir durablement sa mission qui est en jeu.
Par Valentin SOMANDE






































