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Burkina: « Ce qui s’est passé en septembre 2015, n’est pas un putsch » (Me Dégli)

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Des accusés dans le dossier du putsch de 2015

Le conseil du général Gilbert Diendéré, le togolais Jean Dégli, a soutenu ce mardi 6 août 2019, dans la suite de sa plaidoirie dans le cadre du procès du coup d’Etat manqué, qu’au regard de la loi burkinabè, « ce qui s’est passé en septembre 2015, n’est pas un putsch ».

Me Jean Dégli qui dit s’appuyer sur la loi burkinabè, notamment, sur les articles 109 et 110 du code pénal, a conclu qu’il n’y a pas eu d’attentat à la sûreté de l’Etat en 2015, justifiant sa position par le fait qu’ « il n’a pas été prouvé qu’il y a complot ».

Pour lui, sans l’existence d’un complot, « l’infraction d’attentat à la sûreté de l’Etat n’est pas constituée ».

Selon l’avocat, son client n’a pas participé à une réunion préparatoire et il n’est pas prouvé qu’il y a eu complot. L’avocat a ajouté que « le général Gilbert Diendéré a accepté d’assumer le pouvoir par amour du pays ».

« Il n’a jamais eu l’intention de commettre l’attentat », a dit Me Dégli pour qui « la manière dont le général a cédé le pouvoir aux autorités de la transition le prouve ».

Pour Me Dégli, le général n’a pas ordonné de faire un coup d’Etat sinon ceux qui ont pris les autorités en otage allaient rendre compte à son client une fois la mission terminée. « Si on n’a pas rendu compte au général Diendéré c’est parce qu’il n’a pas été l’ordonnateur », a affirmé l’avocat. « Au regard des éléments, vous devez l’acquitter car l’infraction n’est pas constituée », a-t-il dit en s’adressant au tribunal.

Sur l’incitation à commettre des actes contraires à la discipline et au règlement, Me Jean Dégli a déclaré que son client n’a pas été celui qui incitait les éléments de l’ex-Regiment de sécurité présidentielle (RSP).

Pour ce qui est des infractions de meurtre coups et blessures volontaires, Me Dégli a déploré le manque d’expertise balistique et d’autopsie poussée. « Tant qu’on n’a pas déterminé celui qui a tué, tant qu’on n’a pas déterminé que cela s’est produit dans le cadre du putsch, que cet acte est punissable, on ne peut pas dire que cela est la conséquence prévisible de l’attentat », a-t-il laissé entendre, notant qu’il n’y a pas de preuve qui montre que les accusés sont ceux qui ont commis les meurtres et coups et blessures volontaires.

L’audience a été suspendue vers 17h00. Elle reprendra demain mercredi avec la poursuite de la plaidoirie de Me Jean Dégli.

Par Daouda ZONGO

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