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Burkina: du champ au marché, le pays accélère la consolidation de sa souveraineté alimentaire

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Des céréales exposées pour la vente (Photo Siaka Cissé)

À l’occasion de la 3ᵉ édition des Journées nationales d’engagement patriotique et de participation citoyenne (JEPPC), le Camarade Ministre d’État, Ministre de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources animales et halieutiques, le Commandant Ismaël SOMBIÉ, a animé, ce mardi 6 octobre 2026 au Salon international de l’artisanat de Ouagadougou (SIAO), un panel de haut niveau consacré au thème : « Du champ au marché : produire et consommer burkinabè pour renforcer notre souveraineté ».

Le panel s’est tenu en présence du Camarade Premier ministre, Chef du Gouvernement, Rimtalba Jean Emmanuel OUEDRAOGO, ainsi que de plusieurs membres du Gouvernement.

De la dépendance à la production nationale

Dans sa communication introductive, le Ministre d’État a rappelé le paradoxe auquel le Burkina Faso était confronté avant le lancement de l’« Offensive agropastorale et halieutique 2023-2025 ». En 2022, alors que le pays disposait d’importantes potentialités agricoles, hydrauliques et pastorales, près de 19,2 % de la population était en situation de sous-alimentation et le pays consacrait 148,5 milliards de FCFA à l’importation de riz et de blé.

Pour le Gouvernement, l’enjeu était donc clair : transformer les terres, l’eau et le potentiel productif du pays en production, en revenus, en emplois et en souveraineté alimentaire.

Sur instruction du Camarade Président du Faso, Chef de l’État, le Capitaine Ibrahim TRAORÉ, l’« Offensive agropastorale et halieutique 2023-2025 » a ainsi été engagée autour d’un objectif central : nourrir le peuple burkinabè par sa propre production, réduire la dépendance extérieure et préserver les devises nationales.

2023-2025 : des résultats qui changent l’échelle de production

Les résultats présentés au panel témoignent d’une progression majeure de la production nationale.

La production céréalière est passée de 4,66 millions de tonnes avant l’Offensive à 7,14 millions de tonnes en 2025, soit une hausse de 53 %, permettant de couvrir 124 % des besoins céréaliers nationaux.

Le riz paddy a franchi, pour la première fois, le seuil symbolique du million de tonnes, avec 1 008 737 tonnes produites en 2025. Le maïs a atteint 2 686 531 tonnes, tandis que la production avicole s’est établie à 18,26 millions de têtes.

Ces performances ont été soutenues par d’importants investissements dans l’eau, les aménagements, la mécanisation, les intrants et la santé animale : 11 774 hectares de périmètres irrigués aménagés, 41 275 hectares de bas-fonds aménagés, 120 158 hectares labourés, ainsi que la mise à disposition de centaines de matériels agricoles et de grandes quantités d’engrais et de semences.

Le ministre d’Etat, ministre en charge de l’Agriculture, le commandant Ismaël Sombié

Produire, mais aussi garantir des débouchés

Le panel a également mis en lumière un enjeu déterminant : la souveraineté ne s’arrête pas au champ.

Pour que l’augmentation de la production profite directement aux producteurs, le Gouvernement a renforcé la collecte bord champ à travers la transformation de la SONAGESS en centrale d’achats.

Plus de 350 000 tonnes de céréales ont ainsi été achetées auprès des producteurs au cours de la campagne 2025-2026. Les stocks de souveraineté alimentaire dépassent désormais 380 000 tonnes.

Cette politique permet à la fois de garantir des débouchés aux producteurs, de renforcer les stocks nationaux et de mieux réguler les marchés, notamment pendant les périodes de soudure.

De la production à la transformation

L’ambition est désormais de franchir un nouveau cap : transformer davantage la production nationale et créer plus de de valeur au Burkina Faso. La dynamique engagée repose sur le développement des infrastructures de stockage et de transformation, avec notamment 418 magasins de stockage, 11 chambres froides, une unité de surgélation de poisson, 63 unités de transformation et 398 kits d’étuvage du riz.

L’objectif est de construire une chaîne de valeur complète : produire, collecter, stocker, transformer et consommer burkinabè.

2026-2028 : consolider les acquis et accélérer la cadence

Le Ministre d’État a également présenté les grandes orientations de la deuxième phase de l’« Offensive agropastorale et halieutique 2026-2028 ».

Dotée d’un coût global de 839,99 milliards de FCFA, dont 85,7 % déjà acquis, cette nouvelle phase entend consolider les acquis tout en renforçant la résilience du pays face aux changements climatiques. Elle cible notamment 20 filières, avec l’ambition de couvrir durablement au moins 120 % des besoins céréaliers nationaux.

La maîtrise de l’eau demeure au cœur de cette stratégie, avec 5 nouveaux barrages stratégiques, 200 barrages à réhabiliter ou curer, 100 000 hectares de bas-fonds et 50 000 hectares de périmètres irrigués à réaliser.

La souveraineté passera également par des intrants produits davantage au Burkina Faso, avec notamment 177 000 tonnes d’engrais issus du phosphate de Kodjari, mais aussi par la diversification des productions, le développement des agropoles et le renforcement des capacités de stockage et de transformation.

Une vue des membres du gouvernement lors du passage du ministre de l’Agriculture

« Du champ au marché » : une responsabilité collective

En définitive, le message porté par le panel est sans équivoque : la souveraineté alimentaire se construit sur toute la chaîne de valeur. Elle commence par le producteur qui met en valeur la terre, se poursuit avec la collecte et la transformation, et s’accomplit lorsque les Burkinabè choisissent de consommer les produits issus de leur propre travail.

Produire davantage. Collecter mieux. Transformer plus. Consommer burkinabè

C’est cette chaîne de solidarité économique et patriotique que le Burkina Faso entend consolider pour faire de sa production nationale une source durable de revenus pour les producteurs, de matières premières pour les industries, d’emplois pour la jeunesse et de souveraineté alimentaire pour la Nation.

DCRP/MAERAH