Accueil A la une Burkina/Elections 2020: la Ceni « ne transigera pas » sur l’application de la loi

Burkina/Elections 2020: la Ceni « ne transigera pas » sur l’application de la loi

La Commission électorale nationale indépendante (Ceni), l’organe électoral burkinabè, « ne transigera pas sur l’application » du code électoral, a été clair son président, Newton Ahmed Barry, ce lundi 9 novembre, à une rencontre avec les représentants des partis politiques dans le cadre de l’élection couplée présidentielle/législatives 2020.

La Ceni a convié les responsables des partis politiques pour leur apporter des éléments d’information sur les préparatifs de l’élection présidentielle et législatives du 22 novembre 2020. Les responsables de l’organe électoral avec à sa tête, Newton Ahmed Barry, ont tenu un langage de franchise et de  fermeté vis-à-vis des représentants des 127 partis politiques.

Mais avant d’entrer dans le vif du sujet, Newton Ahmed Barry a regretté l’attaque armée qui a ciblé mortellement hier dimanche 7 novembre 2020 un candidat des législatives entre Dori et Gorom-Gorom, dans le Nord du Burkina. Le président de l’organe électoral burkinabè a exhorté les candidats à respecter scrupuleusement les coordons sécuritaires délimiter par les Forces de défense et de sécurité (FDS). C’est pourquoi, il a demandé à tous les candidats de « prévenir à l’avance les FDS au niveau local pour que des dispositions particulières soient prises dans ces zones-là pour leur sécurisation ».

A ce jour, la Commission électorale à travailler à recruter des membres de bureau de vote, à les former et à débuter à disponibiliser le matériel électoral. Newton  Barry et ses collaborateurs ont informé aux participants à cette concertation qu’il y a un certain nombre d’éléments qui relèvent de leur obligation à savoir la désignation de leurs représentants dans les bureaux de vote. Et ils doivent le faire selon le code électoral, dix jours avant le jour-j de l’élection, ce qui veut dire qu’ils ont un deadlines fixé au 12 novembre.2020.

« C’est à partir de là qu’ils auront les récépissés pour leurs représentants et aussi la subvention qui leur sera accordée », a renchéri M. Barry, qui indiqué que dans le cadre des nouvelles dispositions de la loi, « la proclamation des résultats se fera commune par commune. Une fois cela fait, la Ceni publiera ces résultats par la voie des médias ».

Pour cette élection, ce sont « 21.155 bureaux de vote à l’intérieur » et « 68 bureaux de votes à l’extérieur ». Au total, 127 partis prennent part à ce scrutin. A Ouagadougou, on a 88 partis politiques qui compétissent pour le vote couplé. « C’est la première fois qu’on a au tant de partis au Burkina qui participent à un scrutin », a dit Newton Barry qui note que c’est « un gros problème ». Le pléthore de partis fait que pour « conduire de façon couplée, la compilation manuelle et électronique, c’est difficile », a-t-il poursuivi.

Mais, plusieurs intervenants ont signifié leur inquiétude face à cette loi, notamment, le délai de désignation de leurs représentants qui serait difficile à tenir. Pour certains, la Ceni doit tenir compte du contexte socio-politique du Burkina qui est marquée par des attaques terroristes, des frondes sociales tout azimut et d’une situation sanitaire précaire fragile due à la pandémie du Covid-19. Ces représentants en majorité de jeunes partis politiques, souhaitent que l’organe électoral fasse fi de la loi afin de leur permettre de désigner même après le délai, leurs délégués qui seront dans les bureaux.

Mais, Newton Ahmed Barry s’est voulu sans équivoque sur le sujet. Pour lui, il n’est pas possible de tordre le cou à la loi qui dépasse largement les compétences de la structure. C’est pourquoi il a appelé les dirigeants des partis politiques à tout faire pour respecter la loi, toute chose qui les couvre et préserve cette compétition électorale des contestations futiles.

Il a informé à la fin de la rencontre, aux titres des innovations de sa structure, que cette année, la Ceni a pris des dispositions pour respecter les droits civiques des détenus. « Certain n’ont pas été jugés. D’autres ont été jugés mais n’ont pas été déchus de leurs droits », a-t-il justifié.

Le président de la Ceni a aussi rappelé que les personnes déplacées, des demandes de transfert ont été faites pour leur permettre de voter le 22 novembre prochain.

Par Bernard BOUGOUM

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