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Burkina: encore un week-end sanglant!

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Trouver les bonnes stratégies pour contrer les terroristes (Ph. ouest-france.fr)

15 civils tués, plusieurs blessés, des personnes portées disparues et d’importants dégâts matériels. C’est le triste bilan de l’attaque d’un convoi de commerçants par des individus armés non identifiés, le vendredi 29 mai 2020, dans la région du nord, entre les localités de Dougouma et de Ingané. La série dramatique s’est poursuivie le lendemain, avec encore plus de sang. Cette-fois, soit le samedi 30, ce sont au moins 25 personnes qui sont tombées au marché de bétail de Kombienbiga, à 15 kilomètres de Pama, dans l’Est du Burkina, sous les balles assassines de groupes terroristes. Comme quoi, les attaques terroristes qui avaient disparu des manchettes de la presse et des posts sur les réseaux sociaux, sont en train de reconquérir la Une de l’actualité, place qui leur a été soufflée par la pandémie du coronavirus. En effet, si le Covid-19 qui, au passage, a changé de genre, passant de le à la, fait nettement moins de dégâts humains, il faut reconnaître que son impact sur le plan socio-économique a été plus catastrophique que celui du terrorisme en quelque trois mois. Exploits qui ont permis au virus à couronne de ravir la vedette aux attaques terroristes dont les communiqués ont longtemps inondé les colonnes des organes de presse et les réseaux sociaux.

Si les frappes de la force française Barkhane et les opérations conjointes ou en solo des armées nationales de la sous-région, portent souvent des coups aux groupes terroristes qui écument le Sahel, il n’en demeure pas moins que la nébuleuse continue d’endeuiller le Burkina. C’est ainsi que des villages entiers ont été vidés de leurs occupants qui ont dû prendre la poudre d’escampette, abandonnant dans leur fuite précipitée, terres et autres biens. L’administration dans certaines localités est réduite à des bâtiments physiques désertés par les fonctionnaires de l’Etat qui ont migré vers des cieux plus cléments. Dans ces régions où les hommes sans foi ni loi dictent…leur loi, l’éducation n’a plus droit de cité et les enseignants ont dû être redéployés dans d’autres localités. Quant aux élèves, ils sont livrés à eux-mêmes, avec l’espoir de retourner en classe…un jour.

Le Burkina se retrouve donc aujourd’hui, tout comme ses voisins du Niger et du Mali, entre le marteau du Covid-19 et l’enclume du terrorisme. Le casse-tête devient entier pour des Forces de défense et de sécurité qui, elles-mêmes sont une cible de choix pour des terroristes possédant toujours une longue d’avance sur des armées nationales africaines dont les services de renseignement ont un gros besoin d’affinement. De plus, la puissance de feu des forces du mal semble être un cran au-dessus des FDS, burkinabè, malienne, nigérienne, et autres. Du coup, les civils qui manquent d’une protection adéquate deviennent des proies faciles pour des terroristes dont on ne sait plus s’ils luttent réellement pour des idéaux de religion, tant leurs actes barbares sont accompagnés de vols de toutes sortes.

Comment lutter contre le Covid-19, ce virus insaisissable dont les scientifiques éprouvent visiblement du mal à cerner tous les contours et décapiter une hydre terroriste dont les tentacules repoussent aussitôt coupées? C’est la double équation à laquelle le Burkina Faso, confrontée à une fronde sociale qui ne tombe pas et une menace humanitaire qui se profile, essaie de faire face. En tout cas, même si notre capacité de résilience est connue et reconnue, les inquiétudes d’un quotidien de précarité endémique restent de mise. Et une fois de plus, c’est la cohésion sociale et le vivre ensemble, qui sont menacés et le développement compromis. Il urge donc de prendre le taureau par les cornes et sortir un peu la tête des calculs électoralistes qui prennent le pas sur toutes les actions de développement inclusif.

Par Wakat Séra

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