
La Direction générale des Douanes hausse le ton contre les réseaux de fraude et de contrebande. Ce vendredi 9 octobre 2026, à Ouagadougou, la Direction générale des Douanes, a présenté à la presse un échantillon de produits prohibés saisis dans le cadre de l’«opération Manya», lancée il y a quelques mois. Dans les cargaisons interceptées, les agents ont découvert 20 400 canettes de boissons alcoolisées de marques Vody et Desperados, ainsi que plus d’un million de comprimés contrefaits, dissimulés dans des camions transportant du clinker. Face à l’ampleur de ces saisies, le patron des Douanes, Dr Yves Kafando, affiche une détermination sans équivoque: «Nous allons durcir le ton»
Le message est clair: la Douane entend intensifier la lutte contre les circuits clandestins qui menacent à la fois les recettes de l’État et la santé des populations. Au siège de l’institution, la présentation de cet échantillon de marchandises saisies a donné la mesure des tentatives de contournement des contrôles douaniers et de l’ingéniosité déployée par certains réseaux de contrebande.

Selon les informations communiquées par les services douaniers, les produits ont été interceptés à la frontière avec le Togo. Ceux-ci étaient dissimulés dans des camions transportant du clinker. Une méthode qui visait à soustraire les marchandises prohibées à la vigilance des agents de la Douane et à faciliter leur introduction sur le marché.
Les quantités de marchandises présentées sont composées de 20 400 canettes de boissons alcoolisées et plus d’un million de comprimés contrefaits. Au-delà de leur valeur marchande, ces produits soulèvent de sérieuses préoccupations en matière de santé publique et de sécurité des consommateurs. Leur mise en circulation aurait également porté atteinte à l’économie nationale, en alimentant des circuits échappant aux règles en vigueur.
«Nous allons durcir le ton», prévient le patron des Douanes

Face à ces pratiques, le Directeur général des Douanes, Dr Yves Kafando, entend maintenir la pression sur les fraudeurs. Il a réaffirmé la détermination de son département à poursuivre et à renforcer les opérations de contrôle, avec pour priorité la protection des citoyens et la sauvegarde de l’économie nationale.
«La protection de la vie de nos concitoyens et la défense de notre économie ne sont pas négociables. Nous poursuivrons sans relâche la lutte contre la fraude et la contrebande. Ceux qui pensent pouvoir contourner nos dispositifs doivent comprendre que nous resterons mobilisés et que nous allons durcir le ton, autant de fois qu’il le faudra», a-t-il martelé.

Le patron des Douanes a également salué le travail abattu par ses équipes, dont la vigilance a permis de mettre au jour ces cargaisons dissimulées. «Je tiens à féliciter nos agents pour leur engagement, leur professionnalisme et leur détermination sur le terrain. Ces résultats sont le fruit de leur vigilance et de leur sens du devoir. Nous les encourageons à maintenir cette dynamique, car chaque saisie contribue à protéger nos populations et à préserver les intérêts de notre pays», a-t-il souligné.
L’opération Manya, dont le nom signifie «Fourmis», s’inscrit dans une stratégie de lutte contre les pratiques frauduleuses et les circuits d’approvisionnement clandestins. À travers cette initiative, les services douaniers entendent renforcer les contrôles sur les marchandises en circulation et en transit, tout en décourageant les tentatives d’introduction de produits prohibés sur le territoire national.
Un chauffeur invoque des difficultés personnelles et demande pardon

Interrogé par les agents douaniers, l’un des chauffeurs impliqués dans le transport de ces marchandises, Abdoulamine, de nationalité togolaise, a expliqué avoir agi pour financer la célébration de son mariage et rembourser ses crédits. Des motivations personnelles qu’il avance pour expliquer sa participation à cette opération, sans pour autant effacer la gravité des faits qui lui sont reprochés.
«Je demande pardon aux autorités burkinabè pour ce que j’ai fait. J’ai pris cette décision pour préparer mon mariage et payer mes crédits, mais je reconnais que ce n’était pas la bonne voie. J’invite mes collègues chauffeurs à ne pas suivre cet exemple et à se détourner de ces pratiques, car les conséquences peuvent être lourdes», a-t-il déclaré.
Cette affaire illustre les procédés employés pour dissimuler des marchandises prohibées au sein de cargaisons apparemment ordinaires. Elle rappelle également les risques que ces trafics font peser sur les consommateurs et sur les efforts de protection de l’économie nationale.
Loin de considérer cette saisie comme une fin en soi, la Direction générale des Douanes entend poursuivre ses actions de terrain. L’ensemble des produits saisis dans le cadre de l’opération Manya sera présenté le 20 octobre prochain, lors d’une cérémonie. Un nouveau rendez-vous qui devrait permettre de mesurer davantage l’ampleur des saisies et de rappeler, une fois encore, la ligne de conduite affichée par le directeur général des Douanes: face à la fraude, «nous allons durcir le ton».
Par Valentin SOMANDE





































