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Burkina: «Il ne faut pas rabaisser le niveau de la fonction présidentielle» (Elysée Kiemdé, ex-député)

Des responsables de l'URD, avec M. Kiemdé (2e à droite)

Le président de l’Union pour la République et la Démocratie (URD), Elysée Albert Kiemde, ex-député exclu de l’Union pour le progrès et le changement (UPC, le parti leader de l’opposition politique), a estimé ce vendredi 2 octobre 2020 que le parrainage pour les candidats aux élections est « une bonne chose ». Réagissant à certaines voix qui dénoncent cette nouvelle disposition du Code électoral, M. Kiemdé a déclaré qu’« il ne faut pas rabaisser le niveau de la fonction présidentielle » au Burkina, lors d’une conférence de presse à Ouagadougou.

Les candidats aux élections présidentielle, législatives et municipales qui se dérouleront en 2020 et 2021 devront se soumettre au système de parrainage sous peine de voir leurs candidatures rejetées. Ainsi, si certaines personnes voient de travers cette disposition du Code électoral adopté en 2015 sous la Transition, l’URD de par la voix de son président estime que « la politique, ce n’est pas de l’aventure. La politique est une vision ».

Pour Elysée Albert Kiemdé, « vous ne pouvez pas ne pas avoir été conseillé municipal, ni avoir dirigé une mairie ou un secteur, et vous voulez être du jour au lendemain président du Faso ». « On ne peut pas sortir de nulle part et dire qu’on a une ambition pour le peuple. Non il faut faire ses preuves sur le terrain », a-t-il renchéri, ajoutant que le parrainage évite aux électeurs la « pléthore » de candidats.

Pour l’ex-député, « on connait comment ça se passe ici au Burkina ». « Les gens sont d’abord des syndicalistes. Ils crient, revendiquent, marchent et ils courent même parfois. Après ils finissent par quitter le syndicalisme et créent une Organisation de la société civile (OSC). De là-bas, ils créent un parti politique. Donc il y a tout une marche à suivre », a-t-il argué, enchaînant que pour un candidat qui « ne peut pas avoir un seul député, 50 conseillers municipaux et veut diriger toute la République, ce n’est pas sérieux ».

Selon les conférenciers, « si un candidat indépendant a vraiment la stature, il trouvera les parrainages qu’il faut car il y a toute une organisation à mettre en place ». Mieux, les responsables de l’URD souhaitent que le gouvernement « fasse un toilettage des partis politiques parce que ça devient un fonds de commerce pour certains. Il ne faut pas créer un parti pour amuser la galerie », a lâché le conférencier principal.

« A terme, il faut repenser le financement des partis politiques. Les candidatures indépendantes sont venues à partir de 2014. Quand vous êtes sûrs de vous, il n’y a pas de peur à aller conquérir la voix des électeurs. Si vous n’avez pas un parti politique avec ancrage territorial correct, vous ne pouvez pas.

Le parti qui dit avoir, sur l’état des lieux de la nation, fait une analyse sans complaisance, a relevé que le quinquennat du président Roch Kaboré a été marqué par « la multiplication des attaques terroristes avec leur lot de crise humanitaire, détérioration sans précédent du climat social, sur fond de revendications corporatistes, la persistance de la mal-gouvernance et l’incivisme inquiétant ».

Malgré cela, l’URD dit avoir jeté son dévolu sur le candidat Roch Kaboré pour la présidentielle du 22 novembre prochain au regard de ses « succès engrangés ».

Le parti sera présent sous sa propre bannière, aux prochaines élections législatives, dans 25 provinces du Burkina Faso.

Par Bernard BOUGOUM

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