Les maîtres d’ouvrage publics et privés, les promoteurs et les particuliers, sont invités «à ne plus considérer les études techniques et le suivi-contrôle comme des dépenses accessoires» parce que «ce sont des investissements qui protègent les vies et préservent les ressources», a déclaré le président de l’Ordre des ingénieurs en génie civil du Burkina Faso (OIGC), Honoré Ousmane Ouédraogo, face à la presse, ce vendredi 23 octobre 2026, Ouagadougou.
Le secteur du bâtiment et des travaux publics est complexe. Il mobilise des maîtres d’ouvrage, des ingénieurs, des entreprises, des laboratoires et des services de contrôle, chacun avec des responsabilités propres. Lorsqu’un ouvrage cède, l’opinion cherche des réponses. Pour informer juste, le journaliste doit savoir qui a conçu, qui a construit, qui a contrôlé, et selon quelles règles. Face à cette réalité, l’Ordre des ingénieurs en génie civil du Burkina Faso (OIGC) a organisé, ce vendredi 23 octobre 2026, à Ouagadougou, une rencontre d’échanges avec les professionnels des médias pour leur donner de plus amples informations autour du thème: «Au cœur de la qualité des constructions : la responsabilité des ingénieurs en génie civil».
Selon l’OIGC, construire reste une œuvre collective, qui engage maîtres d’ouvrage, ingénieurs, entreprises, laboratoires et services de contrôle, évoquant le Code de l’urbanisme et de la construction adopté en 2026 qui rappelle l’importance de l’intervention de professionnels qualifiés et habilités. «Chaque jour, nous empruntons des routes, franchissons des ponts et entrons dans des bâtiments sans nous demander qui en garantit la solidité. Derrière chacun de ces ouvrages, il y a une signature: celle de l’ingénieur en génie civil», a fait savoir le président du bureau de l’OIGC, Honoré Ousmane Ouédraogo.

Sous l’impulsion du président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré, le «Burkina Faso a fait le choix résolu de se doter d’infrastructures modernes, conçues pour nos réalités et adaptées à nos besoins. L’OIGC épouse pleinement cette vision et la soutient sans réserve. La souveraineté d’une nation se mesure aussi à la capacité de ses ingénieurs à concevoir, bâtir et entretenir ses infrastructures», a ajouté M. Ouédraogo qui a rendu un hommage appuyé aux ingénieurs en génie civil du Burkina Faso.
«Dans les bureaux d’études, sur les chantiers, dans les laboratoires et les services de contrôle, ils travaillent souvent dans des conditions difficiles, parfois au prix de grands sacrifices. Leur travail est discret, mais il est partout. Leur responsabilité s’exerce à chaque étape, des études et des calculs jusqu’au contrôle de l’exécution et à la réception. Car un ouvrage ne devient pas fiable par sa seule apparence: sa qualité se prépare dès les études et se confirme par un suivi rigoureux», a soutenu Honoré Ousmane Ouédraogo, estimant que la maîtrise de l’information sur le Bâtiment travaux publics (BTP) et sur ses acteurs, au premier rang desquels les ingénieurs, est un enjeu de responsabilité pour la presse.
Pour le président du Conseil (bureau) de l’OIGC, une information exacte protège les populations. Une information approximative peut semer la confusion, jeter le discrédit sur des professionnels intègres ou, à l’inverse, laisser prospérer ceux qui exercent en marge de la loi. «Sur l’exercice de notre profession, la loi n° 020-2012/AN du 10 mai 2012 est sans ambiguïté. Son article 8 dispose que nul ne peut exercer la profession d’ingénieur en génie civil au Burkina Faso s’il n’est inscrit au tableau de l’Ordre. Son article 68 qualifie d’exercice illégal le fait d’exercer sans cette inscription ou, pour l’ingénieur-conseil, sans police d’assurance valide», a-t-il souligné.

Il a enchaîné que les sanctions sont lourdes et prévoient selon l’article 69, une peine d’emprisonnement «d’un à cinq ans et une amende de 300 000 à 1 500 000 francs CFA, ou l’une de ces deux peines seulement, assorties le cas échéant de la fermeture de l’établissement, de la confiscation ou de l’exclusion des marchés publics». «L’article 70 punit d’une amende de 600 000 à 2 000 000 de francs CFA, l’entrepreneur qui poursuit l’exécution de plans non conformes après avertissement écrit de l’Ordre, ou qui recourt sciemment aux services d’une personne exerçant illégalement», a-t-il poursuivi.
Dans cette optique, il a souligné que le Code de l’urbanisme et de la construction adopté le 3 mars 2026 vient renforcer ce dispositif dont l’article 225 dispose que le suivi-contrôle des travaux est assuré par un ingénieur ou un bureau d’ingénierie. Le texte confère en outre aux agents chargés du contrôle, le statut d’officier de police judiciaire pour constater les infractions. «Ces textes ne sont pas des menaces: ce sont des protections. Ils garantissent à chaque citoyen que l’ouvrage qu’il finance ou qu’il utilise a été conçu et contrôlé par un professionnel qualifié, identifié et responsable», a-t-il commenté.
Honoré Ousmane Ouédraogo a signifié en outre que dans l’esprit de la Confédération des États du Sahel, l’OIGC prépare, avec les ordres frères du Mali et du Niger, l’organisation, l’an prochain, des Journées scientifiques de l’ingénieur génie civil de l’Alliance des Etats du Sahel (AES). Elles réuniront les ingénieurs de l’espace confédéral ainsi que d’autres confrères autour notamment du partage des savoirs sur les réalités sahéliennes.

Créé par la loi n° 020-2012/AN du 10 mai 2012, l’Ordre est une institution investie de quatre missions: veiller au respect des règles d’exercice de la profession, promouvoir le perfectionnement continu des ingénieurs, défendre les intérêts matériels et moraux de la profession et œuvrer au bien-être de ses membres.
Par Bernard BOUGOUM






































