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Burkina: « Jamais un régime … n’a montré autant d’incapacité » (ADR)

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L’Alliance des démocrates révolutionnaires (ADR) dans cette déclaration qui dresse le bilan insatisfaisant des trois ans de Roch Kaboré au pouvoir, soutient que « jamais un régime au Burkina n’a montré autant d’incapacité ».

Peuple du Burkina

Militantes et militants de l’Alliance des démocrates révolutionnaires (ADR)

Chers compatriotes

Cela fait trois (3) ans que Rock Marc Christian KABORE est installé au pouvoir comme président élu de notre pays après la Transition politique consécutive à la chute de Blaise COMPAORE en 2014. En considérant la date du 29 décembre comme l’anniversaire de son installation, il nous est permis de dresser un bilan de sa jouissance du pouvoir. Au-delà de toute démagogie et de toute mauvaise fois qui pourraient animer ceux qui sont au pouvoir et ceux qui s’y opposent, il y a qu’un bilan présenté doit se fonder sur des chiffres ou sur des faits. Pour notre part, les faits suffisent pour la démonstration quand ils sont têtus comme c’est le cas ici ; les chiffres renvoyant à l’économie et pouvant être l’objet de polémique.

Camarades

Lorsque le candidat KABORE battait campagne, il avait toujours soutenu que fort de son expérience de la gestion du pouvoir (naturellement dans l’ancien régime), il règlerait les problèmes des Burkinabè en six (6) mois puisqu’il les connaissait et disposait de sources de financement pour tenir sa promesse. Trois (3) ans après, le peuple attend toujours qu’on résolve ses problèmes de pitance, de logement, de santé, d’éducation, etc. mais malheureusement la vie reste chère à cause des tâtonnements et des improvisations des acteurs expérimentés plongés paradoxalement  dans la torpeur depuis qu’ils tiennent eux-mêmes le gouvernail. Parlant de fronde sociale brandie comme la cause de leur échec, il y a lieu de rétablir la vérité : ils ont donné six (6) mois pour résoudre tous les problèmes et ont été rattrapés par leurs propres propos tenus pendant la campagne. De ce fait, l’ébullition sociale n’est qu’une conséquence qu’on ne saurait confondre avec une cause quelconque de quoi que ce soit puisque les promesses jamais tenues, les engagements non respectés aboutissent inéluctablement à une rupture de confiance.

Peuple du Burkina

Chers camarades

Lors du vote de la Loi Partenariat public-privé (PPP), il leur avait été dit que compte tenu du fait que la corruption battait son plein, le risque de voir le phénomène s’aggraver avec ladite loi était inévitable. Or la corruption est justement une plaie purulente qui empêche un pays sous-développé de se sortir de sa situation puisque ce ne sont que des individus qui s’enrichissent pendant que la masse s’appauvrit davantage. Aujourd’hui, la gangrène de la corruption a  progressivement tué tout effort d’investissement dans notre pays et a bloqué le progrès attendu par notre peuple. Et quand le régime KABORE  parle de   bonne gouvernance, on a l’impression qu’il parle d’autrui alors qu’il s’agit de ceux qui sont aux commandes et qui doivent bien gérer, c’est-à-dire, eux-mêmes. Si l’incivisme prend de l’ampleur, c’est parce que les citoyens estiment qu’ils ne peuvent pas s’échiner à respecter l’autorité quand cette dernière ne se respecte pas. A ce niveau, les exemples foisonnent mais il faut juste retenir que l’ex-ministre de la Sécurité Simon COMPAORE est l’objet d’une plainte dans l’affaire des députés dissidents d’un parti rival mais le dossier n’a pas évolué alors que pour moins que cela, la police judiciaire a souvent fait diligence en mettant aux arrêts les autres parfois au mépris des règles élémentaires de procédure. Dans ces conditions, ceux qui se sentent en insécurité judiciaire développe un grégarisme qui s’exprime quand l’occasion est créée. Du coup, pour que l’incivisme cesse il faut solder les problèmes d’injustice et trouver de nouvelles têtes non compromises pour rétablir l’ordre, la discipline et le respect de l’autorité.

Peuple du Burkina

Camarades militantes et militants de l’ADR

Chers compatriotes

Celui qui se chatouille pour rire ne saura jamais qu’il se chatouille mal. Lorsqu’on achète des esprits minables pour insulter notre peuple dans des émissions d’appels directs où l’on soutient des billevesées du genre « on doit augmenter les prix des hydrocarbures parce que partout c’est augmenté. Personne n’a marché pour soutenir le gouvernement quand il a baissé le prix du carburant ; maintenant qu’on a procédé à des réajustements en augmentant de 75f le litre, on veut marcher contre. Décidément, on veut empêcher Rock de travailler », on a manqué d’inspiration. Ces calembredaines dignes des esprits laquais ne doivent pas être capitalisées par un régime responsable parce qu’on vient au pouvoir pour trouver des solutions aux souffrances des masses et non pour autre chose. En réalité, la qualité du bon dirigeant est à l’aune de sa capacité à trouver des solutions aux difficultés que vit son peuple. Il n’est donc pas question d’imaginer des subterfuges insensés pour croire que ce sont des panacées.

Camarades

Jamais un régime au Burkina n’a montré autant d’incapacité ! En effet, parvenus au pouvoir après une insurrection, le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) et ses alliés n’ont trouvé d’autres moyens pour se faire reconduire pour un autre mandat que de s’attaquer aux règles préétablies par la République qui du reste, leur ont permis d’arriver au pouvoir. Il s’agit de la grève que ces gens-là cherchent à supprimer, des sit-in qu’ils jugent illégaux et de l’insurrection qu’ils veulent criminaliser avec la révision en cours des textes. Mais il est bon de se rappeler que lorsque Blaise COMPAORE a estimé qu’il avait compris son peuple et qu’il retirait son projet de révision de l’article 37, le peuple était déjà passé à l’étape supérieure qui est qu’il devait désormais quitter le pouvoir ; à  trop tirer sur la corde, elle se casse.

Peuple du Burkina

Chers camarades

Chers compatriotes

Ceux qui prétendaient pouvoir résoudre les problèmes du peuple burkinabè en un semestre sont plutôt entrain de nous créer beaucoup de problèmes. Les taxes à payer par ceux qui peinent à joindre les deux bouts en 2019 alors que de grandes sociétés refusent de s’acquitter des leurs en toute impunité, l’insécurité croissante dans tous les compartiments du pays  qui est traitée avec légèreté, le chômage endémique des jeunes qui avaient pourtant espéré avec les annonces tonitruantes du régime à son arrivée, les iniquités et manques de justice sociale sans précédent, la corruption dévastatrice, la gabegie au sommet de l’Etat finiront par emporter le régime ; s’il n’y croit pas, ce sera une chance pour ceux qui les  chasseront, c’est-à-dire, le peuple. Depuis leur prise du pouvoir, les dirigeants actuels ne font que travailler à diviser pour régner. Les scissions  dans certains partis politiques rivaux, la démultiplication des syndicats fantoches pour saper la lutte des travailleurs, le montage grossier de mouvements dits de la société civile qui prétendent qu’ils ne paieront plus les impôts si les fonctionnaires continuent de revendiquer des augmentations salariales, les divisions diaboliquement orchestrées entre les Forces de défense et de sécurité, la récupération inexplicable de certains d’entre ceux qui avaient soutenu jusqu’au bout la révision de l’article 37 de la Constitution, sont le fort de ce régime sans boussole.

Peuple du Burkina

Le bilan du régime KABORE n’est pas reluisant et tend même à être catastrophique. Il est inconcevable que le chef de l’Etat continue d’attendre que le G5 Sahel vienne sauver notre pays du naufrage terroriste alors que nous avons des bataillons qui se battent dans d’autres pays  pour assurer  leur sécurité et leur quiétude  au nom d’accords saugrenus. Mais cela pourrait s’expliquer par l’insouciance de ces dirigeants qui sont souvent légers dans leurs propos comme c’est  le cas  de Laurence MARSHALL  qui, sur les antennes d’une des radios  a affirmé que les autorités ne sont pas n’importe qui et qu’elles n’allaient pas laisser tomber leurs privilèges du fait de la  cherté de la vie; pour elle, même si la vie est chère, les autorités doivent présenter de bonnes apparences aux yeux de leurs collègues des autres pays. Quant à elle, elle aurait laissé de grands avantages ailleurs pour venir s’appauvrir dans un poste de ministre.

Camarades

Avec un tel état d’esprit, on ne peut rien attendre de  bon de  nos dirigeants. De ce  fait, l’ADR condamne le machiavélisme consistant à dire que « les promesses de campagne n’engagent que ceux qui y croient ». Ceux qui reprennent cette litanie pour faire accepter aux masses populaires l’incapacité d’un clan venu au pouvoir pour s’assurer l’impunité de ses forfaitures perpétrées au moment où ses membres étaient les acteurs majeurs du régime déchu doivent savoir que le peuple burkinabè n’est pas dupe. Désormais, l’on doit rendre compte de ce qu’on a fait au peuple qui ne s’apitoiera plus sur le sort des incapables. C’est pourquoi l’ADR appelle tout le monde à la vigilance et à la persévérance dans la réflexion et l’action révolutionnaire. Seules l’anticipation et la mobilisation militante permettront à notre peuple de reprendre la main pour gérer lui-même le pouvoir à travers la révolution.

Vive l’ADR ! Vive le peuple burkinabè ! Vive la lutte pour la justice sociale !

ADR = Intégrité- Détermination- Victoire

Ouagadougou, 29 décembre 2018

Pour le Présidium suprême de la révolution

Le premier membre,

Boucolou SENI

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