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Burkina: la CDAIP rejette « le plan funeste de réconciliation (…) au mépris de la justice

Des membres de la CDAIP. Elie Tarpaga au milieu (Photo d'archives)

Dans cette déclaration sur la rencontre entre le Lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo DAMIBA, Président de la Transition, et les anciens chefs d’Etat, le 8 juillet 2022, la Coordination des Comités de Défense et d’Approfondissement des Acquis de l’Insurrection populaire (CDAIP) de la ville de Ouagadougou dit « Rejeter le plan funeste de réconciliation sur le dos du peuple et au mépris de la justice ».

Depuis quelques jours, notre peuple assiste à la réalisation de nouveaux pas dans le déroulement de la « réconciliation nationale », feuille de route d’union des différentes fractions de la classe politique bourgeoise réactionnaire totalement en faillite et qui tentent désespérément de trouver des moyens de sortie de leur crise de légitimité.

Ce fut d’abord une rencontre aussi surprenante relevant d’une mise en scène ridicule entre le Président Paul-Henri Sandaogo DAMIBA et deux anciens présidents Roch Marc Christian KABORE (jusqu’alors en résidence surveillée) et Jean-Baptiste OUEDRAOGO tenue le 21 juin 2022, considérée par le MPSR et ses alliés comme « un pas vers la réconciliation nationale ». Selon la presse, Jean-Baptiste OUEDRAOGO s’est envolé le lendemain pour Abidjan où il devait rencontrer Blaise COMPAORE et préparer son retour au pays, lui qui y passe un exil doré depuis huit ans après avoir refusé de s’assumer devant la justice qui l’a réclamé en vain pour qu’il réponde des nombreux crimes de sang et économiques de son règne de 27 ans. Et comme prévu, le 7 juillet, Blaise COMPAORE est effectivement arrivé à Ouagadougou. Quels sont les objectifs et la signification de ce branle-bas dans le contexte actuel ?

Pour les CDAIP de la ville de Ouagadougou, la fameuse rencontre du 8 juillet 2022 entre le Président Paul-Henri Sandaogo DAMIBA et les anciens Présidents est une étape dans la mise en œuvre de l’entente à marche forcée entre des fractions politiques réactionnaires et contre-révolutionnaires qui ont toutes échoué dans la gestion de notre pays qu’elles ont plutôt pillé et littéralement détruit. Les objectifs de cette rencontre consistent clairement à:

  • Masquer l’incapacité manifeste du MPSR et des forces politiques qui le soutiennent à apporter une réponse convenable à la grave crise sécuritaire aux conséquences dramatiques pour notre peuple. Devant faire un bilan d’échec dans la lutte contre le terrorisme à l’issue du rendez-vous de 5 mois à compter du 1er avril 2022, le pouvoir actuel espère, au moyen de la diversion et du dilatoire, tromper le peuple en l’embarquant sur de faux chantiers, comme celui d’une prétendue réconciliation nationale ;
  • Remettre en cause, par les manœuvres politiciennes et, s’il le faut, par la violence brute, les décisions de justice contre Blaise COMPAORE et les poursuites contre son petit frère François COMPAORE en vue leur assurer une impunité totale. Telle semble être d’ailleurs l’une des principales motivations du putsch du 24 janvier 2022.

Le forcing de réconciliation nationale que le MPSR-CDP et alliés veulent imposer à notre peuple, contre sa volonté et ses intérêts fondamentaux ne vise ni plus ni moins qu’à liquider, à la suite du MPP qui s’y est attelé lui aussi pendant 6 ans, les acquis et avancées révolutionnaires permis par l’Insurrection populaire héroïque des 30 et 31 octobre 2014 et par la Résistance victorieuse de septembre 2015.

Malgré les vernissages et les justifications des trois absences (Roch Marc Christian KABORE, Michel KANFANDO et Yacouba Isaac ZIDA), il apparait clairement que le rendez-vous du 8 juillet a été un échec, à l’image de leurs tentatives précédentes, en l’occurrence la journée de pardon de 2001.

Face à ce déni flagrant des décisions de justice, à l’imposture du MPSR-CDP et de leurs alliés, à la remise en cause des acquis de l’Insurrection Populaire d’octobre 2014 et de la Résistance victorieuse au putsch de septembre 2015, les CDAIP de la ville de Ouagadougou appellent le peuple insurgé et particulièrement la jeunesse à se mobiliser pour :

  • Exiger l’arrestation de Blaise COMPAORE et son placement en prison conformément à la décision du tribunal militaire. Sa place dans la sombre histoire de notre peuple sous son règne est en prison ;
  • Rejeter le plan funeste de réconciliation sur le dos du peuple et au mépris de la justice dont le MPSR-CDP et alliés sont chargés de mettre en œuvre ;
  • Remettre à jour la solidarité et la fraternisation sur les barricades de la lutte lors de l’Insurrection Populaire d’octobre 2014 et de la Résistance victorieuse de septembre 2015 pour barrer la voie à l’imposture du MPSR-CDP et pour empêcher l’éclatement de violences aveugles entre les éléments du peuple ;
  • Renforcer les CDAIP dans les quartiers et secteurs pour assurer la veille citoyenne et poursuivre la lutte pour la défense et l’approfondissement des acquis de l’Insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014.

Non à l’impunité pour Blaise COMPAORE !

Vive le peuple insurgé de la ville de Ouagadougou !

Vive les CDAIP !

La coordination des CDAIP de la ville de Ouagadougou

Ouagadougou, 8 juillet 2022

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