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Burkina: le CISC invite au respect des droits de tous les Burkinabè sans exception

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Ceci est un communiqué du Collectif contre l’Impunité et la Stigmatisation des Communautés (CISC), qui « invite les autorités à un respect des droits de tous les burkinabè sans exception tout en garantissant la présomption d’innocence à tous ».

Le Collectif contre l’Impunité et la Stigmatisation des Communautés (CISC) a été saisi, pour des cas d’allégations de tortures, d’exécutions extrajudiciaires de civils qui auraient eu lieu, le 8 mars 2023, vers 9 heures dans le village de Toessin-Foulbè, commune de Rollo, province du Bam, région du Centre Nord. Toessin-Foulbè est un village de près de 340 habitants. Les présumés auteurs de ce massacre seraient assimilés à des éléments de Forces de Défense et de Sécurité (FDS) et à des éléments des Volontaires pour la Défense de la Patrie (VDP). A l’heure actuelle, le bilan serait de 20 morts dont une femme et trois (03) enfants.  Sept (7) femmes seraient blessées et trois (3) personnes sont portées disparus.

Selon des informations collectées et corroborées par au moins cinq (5) sources différentes, ce serait plus d’une centaine de membres des FDS et des VDP, vêtus de treillis militaires, tous encagoulés et armés, qui auraient fait une descente dans ledit village, à bord de plusieurs pick-up et de motos. Ils ont regroupé et fait asseoir dans un endroit, entre les concessions, les habitants du village (hommes, femmes, enfants). Puis, ils ont fouillé toutes les maisons, sans trouver d’armes à feu ni tout autre objet suspect. Ils ont mis le feu aux maisons, greniers et ont abattu des animaux. Quelques minutes plus tard, les auteurs ont extirpé toutes les personnes de sexe masculin, au nombre de 19, qu’ils ont fusillé, à quelques mètres des concessions.

Parmi les victimes, figure une femme qui se serait opposée à l’exécution de son fils. Selon les témoignages, elle a rejoint le lieu d’exécution, en demandant d’être tuée à son tour. Ce fut malheureusement le cas.  Cette femme aura ainsi donné sa vie pour contester des exécutions extrajudiciaires.

Les corps ont été jetés dans la nature, à environ 100 mètres des concessions et à côté d’un bas-fond. Selon les témoignages, les auteurs auraient interdit l’enterrement des corps avant de répartir.

Toutes les victimes, à l’exception de deux hommes, sont d’ethnie peule. Les deux victimes d’ethnie mossi sont, respectivement un petit fils du chef  peul du village et l’autre un commerçant ambulant de passage.

Des femmes ont été torturées dans le but qu’elles disent où se cachent des terroristes et les armes, choses qu’elles ignorent. Cela à créé de graves blessures, de séquelles physiques et psychologiques à sept (07) d’entre elles.

Il est opportun de rappeler que les habitants et les leaders communautaires de Rollo ont toujours fait la promotion du vivre ensemble. Cette commune n’avait jamais connu d’attaque armée depuis le début de la crise sécuritaire.

Au regard de tout ce qui précède, le CISC :

  • Condamne fermement de tels actes criminels ;
  • Condamne toutes les attaques terroristes qui ne sauraient justifier de telles réponses criminelles ;
  • Rappelle au gouvernement Burkinabè que de tels actes sont en violation non seulement de notre législation nationale, mais aussi des engagements internationaux ratifiés par l’Etat Burkinabè ;
  • Rappelle que l’extermination ethnique ne saurait être une solution efficace à la lutte contre le terrorisme ;
  • Invite les autorités à un respect des droits de tous les burkinabè sans exception tout en garantissant la présomption d’innocence à tous ;
  • Encourage les FDS qui se battent nuit et jour au péril de leurs vies pour protéger les populations civiles, tout en les invitant à exécuter leurs missions conformément aux codes républicaines ;
  • Exige l’ouverture d’une enquête judiciaire indépendante et impartiale sur ces crimes graves qui sont de nature à ternir l’image du pays.

                                                                                             Pour le Bureau Exécutif National;

  • Dr Daouda DIALLO
  • Lauréat du Prix Martin Ennals (Prix Nobel des DDH)
  • Chevalier de l’Ordre de l’Etalon