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Burkina: le Front patriotique «exige la destitution» du député Koumsongo

Les membres du comité de pilotage du Front patriotique ayant animés la conférence de presse. Le coordonnateur Germain Bitiou Nama (micro)

Le Front patriotique, un regroupement burkinabè de 33 organisations issues des partis politiques et de la société civile, «exige la destitution sans délai de Auguste Mohamed Koumsongo de l’Assemblée législative de Transition (ALT)», a signifié, ce mardi 9 août 2022, son coordonnateur national, Germain Bitiou Nama, face à la presse au Centre national de Presse Norbert Zongo (CNP/NZ), à Ouagadougou.

Des premiers responsables du Front patriotique ont rencontré, ce mardi 9 août 2022 des Hommes de médias à Ouagadougou, où ils ont dénoncé «la naissance de milices armées dressées pour imposer» aux populations burkinabè, une «restriction des libertés individuelles et collectives».

«La période des milices est révolue. Nous avons acquis nos libertés démocratiques et citoyennes de haute lutte. Et aucun régime, militaire soit-il ne pourra retirer à notre peuple ses acquis démocratiques», a déclaré le coordonnateur du Front patriotique Germain Bitiou Nama qui a condamné «les actes de violence commis par Auguste Mohamed Koumsongo et sa bande de nervis» lors de la signature de la charte du Front patriotique le jeudi 4 août dernier.

Dans la matinée du 4 août, le comité d’organisation du Front patriotique dit avoir constaté la présence «frauduleuse» dans la salle du délégué (député désigné à l’ALT, NDLR) à l’Assemblée législative de Transition (ALT), Auguste Mohamed Koumsongo et certains de ses compagnons, «tous d’un gabarit impressionnant et organisés en bande».

«Ayant été identifiées comme des personnes venues semer le trouble et le désordre, ils ont été priés de sortir de la salle. A ce moment, ils n’ont pas manqué de proférer des injures et des menaces à l’endroit des membres du comité d’organisation chargés de la sécurité. Mécontents d’avoir été mis dehors, ils ont continué les menaces et les injures», a relaté M. Nama, poursuivant que l’un d’entre eux «a même serré le col d’un membre du comité d’organisation qui lui refusait l’accès de la salle de conférence», pendant que les autres membres de la bande proférait des injures à des personnes désignées pour assurer la sécurité de la cérémonie.

Toujours selon M. Nama, M. Koumsongo et ceux qui étaient avec lui auraient «alors ramassé des cailloux dont ils comptaient se servir et ont tenté de forcer la sécurité à la porte pour avoir de nouveau accès à la salle». «Déterminés à accomplir leurs sales besognes, ces loubards ont attendu la fin de la cérémonie pour s’en prendre physiquement à monsieur Bala Sakandé, ex-président de l’Assemblée nationale en exerçant sur lui et sa garde, des faits de violence et voies de fait dans le but d’attenter à son intégrité physique», a ajouté Germain Nama.

Selon les conférenciers, face aux troubles relatés un peu haut, le comité d’organisation a fait appel à la police pour lui demander d’intervenir afin d’éviter que la situation ne dégénère. «Le commandant de la Compagnie Républicaine de Sécurité (CRS, une unité d’élite de la police spécialisée dans le maintien d’ordre, NDLR) joint au téléphone a indiqué qu’il n’avait pas reçu l’ordre d’accéder à la cour (Centre du Cardinal Paul Zoungrana) et que ses éléments étaient postés aux alentours prêts à intervenir en cas de besoin», a dit le conférencier. Il dit également avoir constaté que la «Police nationale a refusé de jouer un rôle préventif et s’est préparée à intervenir comme si elle était bien informée du projet de sabotage de la cérémonie».

Cela parce qu’après «cet acte d’agression, face à la réaction vigoureuse de la foule, les loubards ont pris la fuite et la police s’est aussitôt interposée pour les exfiltrer comme si cela était bien planifié», a poursuivi le coordonnateur national du Front patriotique, selon qui, les actes posés par Auguste Koumsongo et les siens, sont constitutifs «des faits d’injures publiques, de violence et voie de fait, de menace sous condition et d’empêchement à l’exercice de droits civiques, faits prévus et punis par les articles 323-1, 524-2 et 524-6 du code pénal».

«Nous avons donc porté plainte ce matin même, contre monsieur Koumsongo Auguste Mohamed et autres et nous attendons la suite qui sera donnée à notre plainte», a résumé le coordonnateur du Front patriotique, relevant que Auguste Mohamed Koumsongo n’est pas à son premier acte. «Le 30 juillet 2022, il aurait aussi mis fin à une conférence de madame Kam Yéli Monique au Mémorial Thomas Sankara», a mentionné M. Nama.

Par Bernard BOUGOUM

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