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Burkina: les clarifications du Premier ministre sur la réconciliation nationale

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Le chef du gouvernement burkinabè face aux députés

Le chef du gouvernement burkinabè, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo était face aux députés de l’Assemblée législative, pour son exposé sur la situation nationale, le vendredi 30 janvier 2026. Au cours de cette séance, il a réagi sur la réconciliation nationale demandée par certains Burkinabè. Le Premier ministre dit regretté le fait que « certains ont réduit la réconciliation nationale à (un) processus politique » qui se résumerait à des partages de postes au niveau du gouvernement ou dans l’Administration publique.

Le Premier ministre burkinabè Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo était face aux membres de l’Assemblée législative de transition (ALT) le vendredi 30 janvier 2026 pour rendre compte de la gestion de son gouvernement au titre de l’année 2025. Après son exposé sur la situation de la Nation, il s’est prêté aux questions des Représentants du peuple. Parmi elles, le chef du gouvernement a livré un commentaire sur la problématique de la réconciliation nationale.

Pour lui, les nouvelles autorités n’ont pas la même compréhension de la réconciliation et la cohésion sociale que certains Burkinabè, en l’occurrence des acteurs politiques qui attendent une assise nationale sur la question. « Certains ont réduit la réconciliation nationale à ce processus politique. Ce n’est pas de cela que je vais parler », regrettant que « les acteurs politiques ne peuvent être réconciliés qu’à travers le partage du pouvoir ».

« On n’est pas dans ce schéma du tout parce que malheureusement quand on regarde aujourd’hui, la plupart des lignes de fractures sociales, elles se confondent aux lignes de fractures politiques. La plupart des crises sociales que nous avons, même dans la chefferie coutumière, quand on essaie de gratter un peu, on se rend compte que ce sont des crises qui sont souvent suscitées à l’origine, entretenues par des divergences politiciennes. Donc, les acteurs politiques, s’ils veulent se réconcilier, qu’ils se concertent et qu’ils se réconcilient », a déclaré M. Ouédraogo.

L’objectif des autorités actuelles, « c’est la réconciliation des fils et des filles du Burkina Faso. Que les communautés ne se regardent plus avec méfiance. Que d’un village à l’autre, la fraternité revienne. C’est le plus important. Donc, le travail d’aujourd’hui, c’est un travail pour réussir à recoudre le tissu social, pas le tissu politique. A recoudre les relations entre nos différentes communautés sur des valeurs endogènes parce que ce sont des communautés qui ont toujours vécu ensemble en parfaite intelligence. Et aujourd’hui, nous avons des mécanismes dans nos valeurs culturelles qui peuvent nous permettre de recoudre ce tissu social », a-t-il clarifié, insistant que toute la stratégie de cohésion sociale sera bâtie sur cette vision.

« C’est dommage de le dire. J’ai rencontré un ancien acteur politique, et quand je lui ai demandé comment ça allait, et tout, les activités, il m’a dit qu’il n’avait plus d’activités parce qu’on a suspendu leurs activités », a-t-il affirmé, soulignant que la volonté de l’Exécutif, c’est l’engagement citoyen. « Ce n’est pas parce qu’on n’est pas un acteur politique dans le cadre d’un engagement partisan, qu’on n’est pas un fils du Burkina, un citoyen du Burkina, qui peut s’engager se battre pour le bien du Burkina », a soutenu le Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo qui « n’est pas contre l’engagement, mais est contre l’engagement partisan ».

Par Bernard BOUGOUM