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Burkina: l’or de Ag

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L’ancien directeur général du Fond d’Appui pour la Presse Privée (FAPP), Ag Ibrahim Mohamed, a, à travers son nouvel ouvrage intitulé: « Burkina Faso, un ténor de l’or », rendu hommage, aux pionniers ayant exercé dans les mines. La dédicace du livre a eu lieu le jeudi 11 septembre 2025, lors d’une cérémonie de présentation, à la librairie Mercury, l’éditeur de l’ouvrage, sis à la Zone d’activités diverses (ZAD) à Ouagadougou.

Après la sortie le 21 septembre 2023 de son premier livre intitulé «Les Pépites d’Essakane», le journaliste et communicateur, Ag Ibrahim Mohamed, est revenu à la charge avec une nouvelle parution. Dans la soirée du jeudi 11 septembre 2025, la librairie Mercury, à Ouagadougou, a reçu du beau monde, à l’occasion de la dédicace du nouveau livre de l’ex-directeur général du Fond d’Appui pour la Presse Privée (FAPP): «Burkina Faso : un ténor de l’or».

Ag Ibrahim Mohamed, auteur du livre traitant du domaine minier

Les raisons de la sortie de l’ouvrage

On décèle trois centres d’intérêt dans le livre. Primo, l’ouvrage traite de l’activité minière dans son ensemble mais en particulier l’or depuis la colonisation jusqu’à nos jours. En 60 ans, il y a 30 ministres des Mines qui se sont succédé, a déploré l’auteur qui souligne un manque de stabilité dans le secteur. Toute chose qui, pour lui, ne facilite pas la tâche aux investisseurs. Ag Ibrahim Mohamed a relevé, au passage, qu’aucune femme n’a dirigé ce ministère jusqu’à ce jour.

Secundo, le livre met l’accent sur les compétences nationales dans les mines, en évoquant les devanciers dans le domaine de la géologie.

Tercio, l’auteur a voulu mettre en exergue, la nécessité de prospecter des minéraux critiques utilisés dans la transition énergétique et dont la demande mondiale est aujourd’hui exponentielle. Il a alors cité, entre autres, le lithium, le coltan, le cobalt.

«Il y a de la ressource humaine, il y a du capital humain derrière. Il y a des gens qui ont bossé dans la discrétion pour qu’on découvre ces sites qui sont exploités aujourd’hui», a soutenu Ag Ibrahim Mohamed qui a salué l’action des géologues, des acteurs miniers, des administrateurs et des autorités politiques dont les ministres. «Donc, il y a vraiment du personnel qui est allé au charbon pour que nous atteignions les résultats d’aujourd’hui», a-t-il insisté, soulignant que de nos jours, le Burkina Faso compte une douzaine de mines industrielles, l’or étant depuis 2009, le premier produit d’exportation ainsi que le premier produit pourvoyeur de devises pour l’économie nationale.

Selon lui, les pionniers des mines sont des héros oubliés, des icônes, des modèles qui peuvent inspirer des vocations. «Il serait important, à mon avis, d’insérer dans les programmes scolaires notre histoire minière au profit de nos enfants pour qu’ils aient des repères», a-t-il soutenu.

Les caractéristiques techniques du livre

Préfacé par le professeur Serge Théophile Balima, ce livre, selon son auteur, est un regard sur le secteur minier aurifère burkinabè. Il a été édité aux éditions Mercury. Il comporte six parties, 20 chapitres, 345 pages. C’est une contribution pour informer sur le potentiel et l’évolution du secteur minier burkinabè, sa gestion, ses retombées socio-économiques, ses compétences nationales, sa résilience ainsi que les perspectives d’avenir pour le pays.

Des proches, amis et anciens collègues de l’auteur dont des ex-ministres et des directeurs généraux de sociétés minières, ont, dans leurs témoignages, souligné et salué ses qualités humaines et professionnelles de celui que ses confrères appellent affectueusement «Ag».

Le journaliste Ag Ibrahim Mohamed

L’apport de l’or dans l’économie burkinabè en chiffres

«Le secteur minier burkinabè est caractérisé par l’ultra-domination de l’or sur les autres ressources. Mais pour les Burkinabè, malgré la belle performance du secteur minier, l’or ne brille pas pour tous et ils attendent toujours de connaître sa couleur», a déclaré Ag Ibrahim Mohamed. Revenant sur quelques chiffres, il a souligné que «l’or représente 96% du secteur extractif du Burkina. L’or en 2024, c’est 15% du produit intérieur brut du Burkina». De même, «l’or, c’est 25% des recettes fiscales du Burkina et 84% des exportations du pays en 2024. Ce qui fait 548 milliards FCFA en 2024 des recettes directes au trésor de l’État alors que nous étions autour de 9 milliards FCFA en 2008. Les recettes ont été multipliées par 60». L’auteur du livre n’a pas manqué d’attirer l’attention sur le fait qu’«il y a trop de clichés, trop de spéculations, trop de préjugés sur l’or au Burkina».

Comme perspectives, Ag Ibrahim Mohamed, a annoncé l’écriture d’un livre sur l’artisanat minier et ses acteurs, notamment les orpailleurs. Selon lui, près de deux millions de Burkinabè sont dans cette occupation qui est devenue une activité à plein temps.

Le livre est disponible à la librairie Mercury au prix unitaire de 10 000 FCFA.

Par Bernard BOUGOUM