Accueil Société Burkina/Lutte antiterrorisme: un mouvement appelle à coopérer avec la Russie

Burkina/Lutte antiterrorisme: un mouvement appelle à coopérer avec la Russie

Le secrétaire général du Mouvement Africa Révolution (MAR), Mahamadi Zoungrana (micro)

Le Mouvement Africa Révolution (MAR) a appelé les autorités de la Transition burkinabè a rompre leur partenariat avec la France et coopérer désormais avec la Russie qui «a fait ses preuves au Mali» dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. «Nous avons expérimenté notre partenariat avec la France mais on voit que ça ne va pas», selon les responsables de ce mouvement qui à travers cette conférence de presse lance ses activités ce vendredi 5 août 2022.

Le Mouvement Africa Révolution (MAR) a pour ambition de fédérer toutes les forces et intelligences soucieuses de l’indépendance politique, économique et culturelle du continent africain. Face aux journalistes ce vendredi, ses dirigeants sur plusieurs points dans la coopération militaire du pays, la problématique de la lutte contre le terrorisme et ses implications et la réconciliation nationale notamment.

« La présence des soldats français au Sahel en général et au Burkina Faso en particulier constitue une source d’inquiétude car ceux-ci sont considérés comme étant non seulement les formateurs des terroristes, mais aussi des pourvoyeurs de logistiques à ces derniers », a déclaré le secrétaire général du MAR, Mahamadi Zoungrana.

Depuis l’indépendance à aujourd’hui, « on a collaboré avec la France mais on ne voit pas de résultats. Nous avons expérimenté notre partenariat avec la France mais on voit que ça ne va pas », s’est offusqué Moumouni Boly, l’un des membres du mouvement.

M. Boly pense même que « la Russie a fait ses preuves dans d’autres pays comme le Mali ». « Comme la France ne peut pas nous aider à régler notre problème qui est celui de l’insécurité, alors nous demandons qu’on fasse appel à d’autres forces », a-t-il affirmé.

De l’avis du MAR, les hautes autorités du Burkina Faso ont péché dans la gestion de la crise sécuritaire. En effet, « malgré les moyens colossaux mis à la disposition des ministères en charge de la Défense et de la Sécurité de notre pays, les résultats escomptés se font toujours attendre », a déploré Mahamadi Zoungrana.

Le SG du MAR s’est posé de multiples questions : « Est-on confronté à un problème d’effectif ou de formation de nos Forces de défense et de sécurité (FDS) ? Est-ce un problème d’équipements adéquats de FDS ou est-ce un problème de coordination dans la chaîne du commandement ? »

C’est dans la logique que le MAR demande au Gouvernement de doter les FDS de « drones de surveillances et d’avions de combats». Le mouvement a signifié qu’il est également important de mettre des hommes qu’il faut à la place qu’il faut et de se départir des lourdeurs administratives dans la chaîne de commandement.

Sur la question du terrorisme, les conférenciers ont relevé que les attaques qui, au départ, « ciblaient une certaine catégorie de personnes (notamment les FDS et les personnes de couleur), se sont généralisées au fil du temps, n’épargnant personne, même pas les vieillards ou des enfants en bas âge. Elles se caractérisent de jour en jour par leur ampleur et leur atrocité sur les victimes aussi bien civiles que militaires ».

Le MAR a aussi attiré l’attention du peuple burkinabè sur les manœuvres politiciennes qui sont devenues le mode de gouvernement des dirigeants. « Depuis le pouvoir du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) en passant par celui du Mouvement du Peuple pour le Progrès (MPP), nos autorités, incapables d’un programme cohérent de société et de bonne gouvernance, se réfugient derrière un prétendu manque de réconciliation nationale pour berner les populations et dilapider les maigres ressources du contribuable burkinabè », a dénoncé le SG du MAR.

« C’est dans cette dynamique que le pouvoir du Mouvement patriotique pour la Sauvegarde et la Restauration (MPSR) s’évertue à octroyer le pardon du peuple burkinabè à Blaise Compaoré reconnu coupable d’assassinat du président Thomas Sankara et 12 de ses collaborateurs », a dit Mahamadi Zoungrana qui a ajouté que le MAR se démarque du processus de la réconciliation engagée par le président du Faso, le lieutenant-colonel Paul Henri Sandaogo Damiba.

Par Bernard BOUGOUM

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