Accueil A la une Burkina/Maltraitance d’un talibé: la chambre correctionnelle « incompétente » pour juger l’affaire

Burkina/Maltraitance d’un talibé: la chambre correctionnelle « incompétente » pour juger l’affaire

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La chambre correctionnelle du Tribunal de Grande Instance (TGI) Ouaga I s’est déclarée « incompétente » pour juger l’affaire de la maltraitance d’un talibé qui a pourtant fait la Une des médias il y a une semaine suite à un communiqué du Procureur du Faso, Blaise Bazié. Le ministère public a été invité, ce mercredi 19 novembre 2025 au procès, où le prévenu a comparu à la barre, à « se pourvoir autrement ».

Le mercredi 12 novembre 2025, l’opinion burkinabè a été choquée de lire dans un communiqué du Procureur du Faso près le Tribunal de Grande Instance Ouaga I, Blaise Bazié, l’arrestation d’un maitre coranique pour des faits de maltraitance d’enfant à Sakoula, dans la périphérie Nord de Ouagadougou. Le talibé, 13 ans, « ligoté et privé de nourriture par son maître coranique » aurait été victime de « séquestration », selon le communiqué.

Programmée pour ce mercredi 19 novembre 2025, le Tribunal de Grande Instance (TGI) a jugé lors de l’audience qui devait aller au fond de cette affaire qu’il n’en a pas la compétence. Selon les précisions du substitut du procureur du Faso, près le Tribunal de Grande Instance (TGI) de Ouaga I, Pacôme Désiré B. Yélemcouré, le présumé innocent était poursuivi pour « séquestration » suivi de « coups et blessures volontairement » et « d’actes de violence sur la personne du mineur. « C’est justement relativement à cette dernière infraction que le tribunal a estimé qu’il n’était pas compétent pour connaître de l’affaire », a déclaré Pacôme Yélemcouré.

Le substitut du procureur du Faso, près le TGI Ouaga I, Pacôme Désiré B. Yélemcouré

Il a précisé que le Ministère public a visé parmi les infractions poursuivies, l’article 521-3 du Code pénal qui dit de façon claire et explicite que « lorsqu’une personne se rend coupable des faits de séquestration et qu’il s’en suit des actes de violence et de torture, le quantum de la peine est criminel ».

Alors que la juridiction devant laquelle le parquet a traduit le sieur Amidou Amadou « est une juridiction correctionnelle, elle ne peut pas connaître de cette affaire », a-t-il poursuivi, rassurant que ce n’est pas la fin de la procédure. « Comme le tribunal l’a dit, le Ministère public a été appelé à se pourvoir autrement ».

« Cela veut dire que des deux choses l’une, soit nous décidons de saisir la chambre criminelle pour qu’elle puisse connaître de l’affaire, ou bien l’autre possibilité, c’est de procéder à une correctionnalisation, de faire fi justement de l’infraction prévue et réprimée par l’article 521-3, pour saisir à nouveau le tribunal correctionnel », a expliqué Pacôme Yélemcouré, pour qui, « tout dépendra en fait de l’option que le Ministère public fera ».

Pour la magistrature debout (parquet), nul doute, la procédure va se poursuivre. « De telles infractions sont tellement graves qu’il n’y a aucune raison qu’elles ne soient pas poursuivies et réprimées », a laissé M. Yélemcouré.

Il a indiqué que si le Ministère public décide de saisir leurs juridictions, « ce sera très certainement la chambre criminelle. C’est elle qui va être saisie au regard du quantum de la peine qui va de 11 ans à 20 ans » qui sont des peines criminelles.

Par Bernard BOUGOUM