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Burkina–Maroc: un entrepreneur burkinabè fonde de grands espoirs sur la commission mixte de Coopération

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Un des camions incriminés

Le Burkina Faso et le Maroc célébreront 60 ans de coopération bilatérale en marge de la Commission mixte qui se tiendra du 20 au 24 octobre à Ouagadougou. A l’occasion, les deux pays passeront en revue les acquis et les perspectives pour renforcer l’axe Ouaga – Rabat. Pour la société Continental de Transports et de Distribution (COTRADIS), ce rendez-vous est celui de l’espoir d’une solution au contentieux qui l’oppose à l’entreprise marocaine FENIE BROSSETTE. Elle compte sur les autorités et acteurs diplomatiques des deux pays pour une résolution définitive de ce différend, vieux de 10 ans.

Tout est parti d’une relation commerciale entre deux entreprises burkinabè (COTRADIS) et marocaine (Fenie Brossette à travers sa filiale en Côte d’ivoire). Elles ont signé une convention d’achat de 20 camions courant 2015. Mais à peine trois mois après la livraison des camions et leur mise en exploitation, les pannes s’enchainent causant des accidents parfois mortels. Trois camions se retrouvent hors d’usage et presque tous les autres présentent des risques énormes d’accident, contraignant COTRADIS à les mettre tous à l’arrêt en moins de 6 mois d’exploitation.

Des accidents parfois mortels ont été le lots de COTRADIS après l’achat des camions auprès de Fenie Brossette, affirment les responsables de COTRADIS

Une expertise commanditée confirme l’avarie des camions, mettant l’accent sur des transformations frauduleuses. En effet, l’expertise a établi que Fenie Brossette a livré des camions contrefaits avec des modifications de châssis et des transformations de porteurs en tracteurs.

Après des démarches infructueuses pour une solution amiable COTRADIS saisit la justice qui lui a donné raison et condamné Fenie Brossette à réparer les préjudices dus à ses pratiques déloyales. La décision, confirmée en appel puis, en cassation, est devenue définitive et exécutoire. Mais COTRADIS reste confrontée au refus de Fenie Brossette de s’exécuter. Mieux, son partenaire a organisé son insolvabilité et fermé ses bureaux d’Abidjan. COTRADIS fit recours à une procédure d’Exequatur à Casablanca au Maroc (où se trouve le siège de Fenie Brossette) pour faire appliquer les décisions de justice. En première instance, le tribunal de commerce de Casablanca ordonne l’exécution de la décision de justice. Mais contre toute attente, après un appel, formulé hors délai, cette décision a été infirmée pour trouble à l’ordre public. Visiblement, Fenie Brossette semble bénéficier du soutien des autorités marocaines dans son mépris face au drame de la société burkinabè COTRADIS et de ses travailleurs.

Finalement, COTRADIS s’est tournée vers les autorités burkinabè pour une solution politique et diplomatique. Des propositions et contre-propositions ont été faites par le biais du ministère des Affaires étrangères qui a accepté accompagner COTRADIS en saisissant les autorités marocaines par voie diplomatique. Fondant désormais ses espoirs sur la forte implication des autorités, des acteurs diplomatiques et économiques burkinabè, COTRADIS espère enfin une solution définitive à ce différend qui dure depuis bientôt 10 ans.

La tenue de la commission mixte se présente donc comme une occasion pour les acteurs diplomatiques des deux pays d’inscrire la résolution de cette affaire à l’agenda des travaux. Cela pourrait permettre de trouver une solution négociée, au nom des bonnes relations entre les deux pays. Toute chose qui pourrait rassurer de la volonté commune des deux pays de promouvoir une coopération bilatérale juste au service des intérêts réciproques des Etats, des acteurs économiques et des citoyens.

Bénéwendé SAVADOGO