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Burkina: «Nous voulons des élections mais pas à n’importe quel prix» (Augustin Loada, MPS)

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Le président du MPS, Augustin Loada, au centre, au déjeuner de presse

Le président du Mouvement Patriotique pour le Salut (MPS), Pr Augustin Loada, a dit le samedi 15 février 2020 face à la presse, que son parti veut «des élections mais pas à n’importe quel prix», dénonçant ainsi le clientélisme électoral et le coût élevé des votes en vue cette année.

Le parti de l’ex-Premier ministre sous la transition burkinabè (fin octobre 2014 à fin décembre 2015) Yacouba Isaac Zida est opposé à la ressource financière et matérielle que le gouvernement veut affecter à l’organe électoral pour les votes présidentiel, législatif et municipal. Le MPS aurait aimé que «109 milliards FCFA que réclame la Commission électoral national indépendante (CENI)» pour que la tenue des élections prochaines soient investis ailleurs, par exemple dans l’action humanitaire pour soulager la détresse des populations victimes des attaques terroristes et des violences communautaires.

Le professeur Augustin Loada, faisant le parallèle avec les coûts des élections de certains pays de la sous-région, dit être tombé des nus. Pour comparaison, il a estimé que le Sénégal parviendrait à organiser les élections avec trois fois moins des ressources du Burkina.

Pour les leaders du MPS, «de nombreux dignitaires du régime s’investissent sans vergogne depuis le début de la nouvelle année dans le clientélisme électoral, distribuant à tour de bras, des millions de francs CFA et des dons de toutes natures, en faisant fi des principes éthiques et humanitaires de neutralité et d’impartialité, de respect de la dignité de la personne humaine».   

Le parti qui a pour président d’honneur, Yacouba Isaac Zida, «lancé en juillet 2019, par des patriotes, las d’égrener les errements de la gouvernance actuelle, espérant un Burkina meilleur», dénoncent avec «véhémence» cette attitude des autorités politiques.

Ceci dit, sur la polémique autour de la tenue effective des élections, notamment, la présidentielle du 22 novembre, au regard de la situation sécuritaire dégradante, le MPS estime que «ne pas tenir les élections à bonne date, c’est perpétuer un régime illégitime qui se nourrit de la souffrance (du) peuple». Selon le parti de Isaac Zida, c’est aussi «ajouter une crise politique à une crise humanitaire déjà insupportable».

«Même l’adjonction d’une couche consensuelle sur un tel régime ne fera que reproduire ce système insupportable», a poursuivi Augustin Loada qui souligne qu’arrivée au pouvoir par les urnes, l’actuelle équipe dirigeante «n’a pas cessé de multiplier les entraves à l’expression citoyenne en mettant fin aux subventions qui permettaient à l’Office national d’identification (ONI) d’offrir aux Burkinabè des Cartes nationales d’Identité (CNIB) à un coût accessible».

Le MPS qualifie l’actuel régime de «censitaire» vu que la CNIB qui coûtait 500 francs CFA a été ramenée à 2.500 FCFA. Pour ce parti de l’opposition, «la manœuvre de ce régime censitaire consiste en effet à filtrer ce processus en organisant ou en sponsorisant, partout dans nos localités, à coût de millions, des opérations partisanes de délivrance de la CNIB au profit de leurs militants et sympathisants».

«Il s’agit là d’une claire stratégie de manipulation des listes électorales par l’exclusion des citoyens pauvres au moyen de l’argent et au profit des militants proches du pouvoir», a dénoncé Augustin Marie Gervais Loada.  

Par Bernard BOUGOUM

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