Après plusieurs mois de détention au Maroc à la suite des incidents ayant éclaté lors de la finale de la CAN 2025, quinze supporters sénégalais ont retrouvé leur pays suite à une «grâce royale» accordée par le roi Mohammed VI. Leur retour à Dakar dans la nuit du samedi au dimanche 24 mai 2026, intervient dans un contexte où les tensions sportives entre Rabat et Dakar restent encore vives.
Les quinze ressortissants sénégalais condamnés après les violences survenues lors de la finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025 ont regagné Dakar dans la nuit du samedi 23 au dimanche 24 mai 2026. Leur libération fait suite à une «grâce royale» accordée par le souverain marocain, le roi Mohammed VI.
Dans un communiqué officiel, le cabinet royal marocain, a expliqué que cette décision s’inscrivait dans le cadre des «liens historiques de fraternité» entre le Maroc et le Sénégal mais également à l’approche de la fête de l’Aïd al-Adha.
À leur arrivée à l’aéroport international Blaise-Diagne de Diamniadio, les supporters ont été accueillis par le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, accompagné de responsables de la Fédération sénégalaise de football. Visiblement soulagé, le chef de l’État a salué leur retour sur le sol national, réaffirmant dans le même temps sa conviction que les Lions de la Teranga restent «champions d’Afrique pour la deuxième fois».
Les faits remontent au 18 janvier 2025, lors de la finale de la CAN disputée à Rabat. La rencontre, remportée 1-0 par le Sénégal, avait dégénéré dans les derniers instants après un penalty accordé au Maroc peu après l’annulation d’un but sénégalais. Cette décision arbitrale avait provoqué une vive colère aussi bien sur le terrain que dans les tribunes.

Des joueurs avaient quitté la pelouse tandis que plusieurs supporters tentaient d’envahir le terrain et lançaient des projectiles en direction des forces de sécurité. Les autorités marocaines avaient alors procédé à plusieurs arrestations.
En février, la justice marocaine avait condamné dix-huit Sénégalais pour «hooliganisme» et «violences contre les forces de l’ordre». Les jugements s’appuyaient notamment sur les images de vidéosurveillance du stade Moulay-Abdellah ainsi que sur des certificats médicaux attestant de blessures subies par des agents de sécurité et des stadiers. Les peines prononcées variaient entre trois mois et un an de prison. Trois condamnés avaient déjà retrouvé la liberté à la mi-avril après avoir purgé leur peine.
Cette affaire avait créé des tensions inhabituelles entre Rabat et Dakar, pourtant liés par des relations diplomatiques, économiques et religieuses solides. En février dernier, l’ancien Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko avait regretté publiquement cette situation, évoquant une crise regrettable entre «deux pays amis».
Au-delà de la libération des supporters, le contentieux sportif reste entier. La décision de la CAF d’attribuer en mars le titre continental au Maroc après l’avoir retiré au Sénégal continue d’alimenter la controverse, tandis que Dakar a saisi le Tribunal arbitral du sport pour tenter de faire valoir ses droits.
Par Valentin SOMANDE




























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