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CDP: Mahamadi Kouanda et ses camarades soutiennent Juliette Bonkoungou et Jérôme Bougma

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El Hadj Lamine Mahamadi Kouanda, cadre du CDP

Une crise au Congrès pour la Démocratie et le Progrès (CDP), continue d’opposer les militants de l’ex-parti au pouvoir au Burkina Faso. Ce samedi 13 juillet 2019, El Hadj Mahamadi Lamine Kouanda et ses camarades ont animé une conférence de presse à l’hôtel Laïco à Ouagadougou pour, ont-ils dit, lever certaines zones d’ombre et déplorer des «calomnies» auxquelles se livre la partie en soutien au président du parti, Eddie Komboïgo. Sur le débat entretenu autour de la candidature pour la présidentielle de 2020 au sein de l’ex-parti de Blaise Compaoré, ce groupe dit jeter son dévolu sur une cadre du parti, en l’occurrence Juliette Bonkoungou.

La crise qui secoue le CDP n’est nullement liée à une question de passe que les anciens refusent de faire aux jeunes comme certains «détracteurs» veulent le faire croire. Elle est consécutive à une «mal gouvernance, à une gestion chaotique du parti par le président Eddie Komboïgo», selon ce groupe.

«Nous avons tenu à organiser cette conférence de presse afin de lever certaines zones d’ombre. Au stade où nous en sommes, il nous paraît important et même nécessaire, d’éclairer davantage la lanterne des citoyens que certains de nos camarades, tentent de berner par des propos mensongers et honteux», a affirmé le porte-parole du groupe, Césaire Ky, qui a dit avoir «constaté avec amertume qu’il (Eddie Komboïgo) a lamentablement échoué puisqu’on ne gère pas un parti comme on gère une boutique».

Ce regroupement constitué de certains caciques du CDP, s’est demandé si à l’échelle du parti, le président actuel du CDP «est incapable de respecter les textes fondamentaux, qu’en serait-il s’il accédait à des responsabilités bien plus grandes». Le groupe qui dit condamner toute forme de violence dans le cadre du débat au sein d’une organisation politique, a laissé entendre qu’il n’est pas contre la personne de Eddie Komboïgo, loin s’en faut, mais qu’il est «farouchement opposé à la liquidation programmée du parti».

Le groupe de El Hadj Lamine Mahamadi Kouanda a soutenu que Eddie Komboïgo, appelé affectueusement EKO par ses supporters, «a toujours opté de jouer à l’autruche. Conséquence, toutes nos tentatives de le raisonner sont restées vaines», a noté M. Ky. «Face à un tel personnage, que pouvions-nous faire si ce n’est que saisir la justice», a-t-il poursuivi, notant que le groupe l’a fait, à son corps défendant.

Mahamadi Kouanda, lui, a insisté que «nous ne voulons pas que des aventuriers comme lui (Eddie Komboïgo) compromettent les chances du parti aux élections législatives et présidentielle de 2020», exigeant le respect des textes et une gouvernance vertueuse.

Face aux accusations tendant à dire que son groupe travaille à liquider le CDP, il a répondu que «si nous avions voulu liquider le parti, nous l’aurions déjà fait puisqu’il (Eddie Komboïgo) avait abandonné le navire CDP au moment du putsch manqué en septembre 2015 bien qu’il soit le premier responsable du parti et ce, pour pendant plus d’une année».

Mais, Mahamadi Kouanda et les siens se veulent rassurants quant à la capacité de reconquérir le pouvoir en 2020. «Nous pensons que le CDP peut encore conquérir le pouvoir d’Etat et il a de réelles chances d’y parvenir», ont-ils dit. Mais pour que ce rêve se réalise, le parti a besoin d’un président «rassembleur, respectueux des textes fondamentaux du CDP….qualités qu’Eddie n’incarne malheureusement pas», ont-il ajouté avant de relever que le feuilleton de la crise du CDP a assez duré et qu’il est temps d’y mettre fin.

Sur le soutien concernant les candidatures pour la présidentielle de 2020, Mahamadi Kouanda et ses camarades qui annoncent d’autres recours en justice contre le président du CDP Eddie Komboïgo, ont révélé qu’ils respectent bien Kadré Désiré Ouédraogo pour son rang et son leadership, mais qu’ils «ne le soutiennent pas». Pour M. Kouanda, sa candidate à la présidentielle, c’est Juliette Bonkoungou et pour la présidence du CDP, sa préférence va à l’ex-ministre de la Sécurité, Jérôme Bougouma.

Par Bernard BOUGOUM

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