Le directeur général du Centre national des œuvres universitaires (Cenou) du Burkina Faso, le Pr Noël Thiombiano, a déclaré que « 93,6% du budget » de sa structure « a été alloué à la restauration en 2026 », lors d’une conférence de presse, à Ouagadougou, ce mercredi 25 février 2026, où il a appelé les étudiants à la « solidarité » suite au réajustement des plats qui leurs sont servis.
Les responsables du Centre national des œuvres universitaires (Cenou) ont animé une conférence de presse, ce mercredi 25 février 2026, à la Cité de Kossodo à Ouagadougou pour donner de plus amples informations aux hommes et femmes de médias sur les nouvelles reformes opérées dans les établissements publics d’enseignement supérieur burkinabè et qui créé la polémique.
Le directeur général du Cenou, Pr Noël Thiombiano, a d’entrée de jeu précisé que le réajustement opéré au niveau des nombres de plats servis quotidiennement aux étudiants selon une mesure prise le 11 février dernier, reflète la réalité des défis du Cenou. « Depuis 2024, le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation à travers le Cenou mène une ambitieuse nouvelle réforme structurelle pour moderniser nos œuvres universitaires », a affirmé M. Thiombiano.
Entre autres réformes, il a indiqué que sur le plan institutionnel, un nouveau statut du Cenou, plus adapté aux réalités actuelles est en cours d’adoption. Il a évoqué la digitalisation accélérée de l’ensemble des services qui prend en compte l’hébergement, la restauration, la santé et la mutuelle nationale de santé des étudiants du Burkina Faso. Il y a aussi la cité Kossodo qui est en cours de réhabilitation et les cités de Koubawé et Nasso à Bobo-Dioulasso et de l’Ecole nationale de santé (ENS) à Ouagadougou vont être réhabilitées, selon le directeur général du Cenou.
Revenant au sujet qui fait l’actualité sur la toile, à savoir le réajustement du nombre de plats servis aux étudiants dans les universités publiques, le professeur Noël Thiombiano a tenu à rassurer les étudiants et l’opinion. « Nous comprenons parfaitement les incompréhensions et les inquiétudes exprimées notamment sur les réseaux sociaux. Mais en vérité, cette décision est une invite à la chaîne de solidarité entre étudiants », a soutenu le DG du Cenou.

Il a fait comprendre que leur mesure procède d’une volonté de faire un rééquilibrage solidaire. « En effet, pour qu’aucun nouvel étudiant, aucun frère ou sœur arrivé récemment de zones en crise, ne se retrouve sans ticket, nous avons ajusté le plafond à 65 repas. Cette mesure de protection permet d’intégrer immédiatement jusqu’à 3 800 nouveaux bénéficiaires dans nos restaurants en préservant la continuité du service. C’est le choix de ne laisser personne au bord du chemin », a-t-il soutenu.
Concrètement, cela signifie : « garantie absolue de 2 repas par jour (déjeuner + dîner) pour tous, soit environ 60 plats mensuels en moyenne (aucun repas sauté) ; 5 plats supplémentaires mensuels (bonus) utilisables en cas de besoin réel », a laissé entendre le directeur général du Cenou, expliquant que l’Etat « augmente les budgets année après année, modernise les services, normalise les années académiques pour décongestionner les universités afin d’offrir aux étudiants, de meilleurs cadres de vie et d’étude ».
« En réduisant ce surplus individuel, nous ne faisons pas d’économies, nous faisons de la place à la table pour nos frères et sœurs les plus fragiles. C’est cela, l’esprit de solidarité qui doit animer notre communauté universitaire face aux défis de notre nation », a signifié le directeur général. Selon lui, le message que sa structure veut faire passer, « c’est un message de solidarité entre étudiants car l’Etat consent d’énormes sacrifices ».
Pour cette année 2026, « c’est 93,6% du budget qui a été alloué à la restauration. Et on doit prendre en charge, la santé, l’hébergement, les primes d’assurances des adhérents à la Munaseb. En plus il y a les charges de fonctionnement », a poursuivi, le professeur Noël Thiombiano.
Selon son diagnostic sur la restauration universitaire, il a déploré l’insuffisance quantitative de plats dans certains restaurants, la qualité variable des repas et les temps d’attente excessifs (45 min à 1 h pour être servi). Tout ceci, a-t-il résumé, est dû à une insuffisance de personnel, à des contraintes techniques et parfois à des défis organisationnels de certains étudiants.
Pour juguler le problème, a poursuivi le Pr Thiombiano, le Cenou agit sur tous les fronts : recrutement de 20 contrôleurs de restaurant respectivement en 2023 et 2025 pour renforcer les équipes et l’intensification des contrôles internes et externes pour garantir une meilleure qualité des plats servis.
« Mais, le défi le plus pressant reste l’insuffisance du nombre de plats face à une demande explosive », a-t-il insisté, avançant que cette pression résulte de deux phénomènes structurels à savoir « l’explosion de la population estudiantine consécutive, entre autres, aux bons taux de succès au baccalauréat (63 535 nouveaux bacheliers en 2024, 62 500 en 2025 soient des taux de succès respectifs de 52,61% en 2024 et de 56,61% en 2025) ».
Il a ajouté que la crise sécuritaire qui « a transformé de nombreux parents en personnes déplacées internes (PDI), brisant les chaînes d’envoi d’argent et de vivres aux étudiants; résultat, une ruée massive vers les restaurants universitaires comme unique recours alimentaire fiable », estimant que face à cette situation exceptionnelle, le Cenou a deux leviers: « augmenter l’offre et/ou réguler la demande de manière équitable ».
Le premier responsable des œuvres universitaires des établissements publics burkinabè a noté l’« augmentation substantielle des budgets de la restauration : 6,96 milliards FCFA en 2022, 7,8 milliards en 2023, 8,4 milliards en 2024, 9 milliards en 2025 et 9,6 milliards FCFA en 2026 (soit 93,6 % de la subvention totale versée par l’Etat).
Par Bernard BOUGOUM




























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