
«Il y a un temps pour faire la guerre et un temps pour faire la paix». Venant d’un chef rebelle qui a déposé publiquement son arme, ce jeudi 10 juillet, ce dicton sonne, non comme un simple espoir de paix pour la Centrafrique, mais une réalité cultivée et entretenue par un peuple qui en a, visiblement, marre des crises récurrentes qui plombent son développement et son bien-être, malgré tout le diamant et autres richesses dont regorge le sous-sol de son pays. Nombre de chefs d’Etat se sont succédé, sans réussir à donner cette chance à la Centrafrique, de faire taire les armes que des Centrafricains dressent contre d’autres Centrafricains.
Au-delà du geste, cet acte posé par les chefs rebelles de «Retour, Réclamation et Réhabilitation» (3R) et de l’Union pour la paix en Centrafrique (UPC), en déposant symboliquement leurs armes, qui constitue la concrétisation d’un long processus accompagné par le Tchad voisin, est la preuve que l’Afrique est en mesure de résoudre ses crises, grâce à des médiateurs et méthodes endogènes. Sauf que c’est la volonté politique qui manque le plus, notamment de la part de dirigeants africains qui ne savent prêcher que pour leur propre chapelle, animés par des intérêts égoïstes et très personnels. En dehors des privilèges qu’ils tirent de leur statut de chef de l’Etat ou de divers strapontins, le reste compte pour du beurre! Sans donner un blanc-seing au voisin tchadien, dont certains ont toujours vu la main invisible derrière le problème centrafricain, il faut reconnaître le mérite de son président, Mahamat Idriss Deby Itno, d’avoir accompagné le gouvernement centrafricain et les rebelles sur le chemin vers la paix.
Le bien-nommé Faustin Archange Touadera, est en train de réussir ce pari de retour à la paix en Centrafrique. L’Archange de Bangui ne se contente pas, du reste, de semer les graines du dialogue et de la cohésion nationale que dans son pays. Au Gabon, il a été, en tant que facilitateur, l’un des principaux artisans de la fin de la transition par l’élection présidentielle qui a donneé une virginité par les urnes à Brice Clotaire Oligui Nguema, après son coup de force du 30 août 2023. Comme quoi, celui qui continue de tenir la craie à l’université de Bangui et de présider des thèses dans des universités africaines, comme au Burkina Faso, renforce de jour en jour, la conviction des Centrafricains qu’ils pourraient avoir eu, le dirigeant qu’ils attendaient. Faustin Archange Touadera, avait déjà donné le la de la course à la paix, dès son avènement au pouvoir, alors que son pays était confronté aux rébellions armées récurrentes, en convoquant toutes les forces vives de la Centrafrique, dans un cadre unificateur de dialogue. Car, tout Archange qu’il est, «pactiser même avec le diable pour la paix» était le challenge à réussir.
Certes, il ne faut pas verser dans un optimisme béat, les plus belles déclarations étant faites pour être violées, peut-être justement à cause de leur beauté, mais il faut reconnaître aussi que le plus long des voyages, selon un proverbe chinois, commence par le premier pas. Il importe que le peuple, au-delà de toute appartenance ethnique, de toute obédience religieuse et surtout de tout bord politique, consolide cette paix sans laquelle aucune action de développement et donc de mieux-être ne peut se faire. Pour veiller sur cette paix qui ne demeure pas encore moins fragile, il faut plusieurs anges gardiens, et les Centrafricains et Centrafricaines qui vaquent, de nos jours, en toute tranquillité, à leurs occupations quotidiennes, en sont conscients.
Faustin Touadera a beau être Archange, il ne pourra réaliser des miracles sans l’apport et la confiance de son peuple!
Par Wakat Séra




























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