La Russie a mené dans la nuit du 2 au 3 septembre 2025 une offensive aérienne d’une ampleur inédite contre l’Ukraine, avec plus de 500 drones et missiles lancés principalement sur l’Ouest du pays, rapporte RFI.
Dans la nuit de mardi à mercredi, les forces russes ont déclenché une salve de 526 engins explosifs qui a secoué une large partie du territoire ukrainien. Plusieurs blessés sont recensés et des dizaines de milliers de foyers sont privés d’électricité, tandis que les autorités ukrainiennes dénoncent une nouvelle escalade militaire.
Des explosions ont retenti jusque dans la capitale Kiev. Selon les services ukrainiens, quatre cheminots ont été blessés et des infrastructures vitales ont subi de lourds dégâts. Cette attaque s’ajoute aux frappes régulières qui visent à affaiblir les capacités énergétiques et logistiques du pays.

L’alerte aérienne a duré plusieurs heures, couvrant presque l’ensemble du territoire. Au total, neuf régions ont été touchées, de Kiev jusqu’aux provinces de l’Ouest comme Lviv et Volhynie. Dans le Centre, la région de Kirovograd a vu quatre employés des chemins de fer blessés. Plus au Nord, dans la région de Tcherniguiv, près de 30 000 habitants ont été plongés dans le noir après la destruction d’infrastructures civiles. Les autorités locales parlent de dégâts «considérables» qui compliquent l’approvisionnement en énergie et en services essentiels.
Face à cette attaque, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a vivement réagi en dénonçant «l’impunité» de Vladimir Poutine. Selon lui, ces frappes massives sont une démonstration de force destinée à rappeler la détermination de Moscou. « Cela exige sans aucun doute une réponse de la part du monde », a-t-il affirmé, avant de demander à ses alliés de cibler davantage l’économie de guerre russe.
Dans la journée, le dirigeant ukrainien s’est entretenu au Danemark avec les chefs d’État et de gouvernement des pays baltes et nordiques, réunis pour discuter de nouvelles formes de soutien, aussi bien militaire que diplomatique. De son côté, la Russie maintient ses exigences.

Dans une interview publiée ce mercredi par le ministère russe des Affaires étrangères, le chef de la diplomatie Sergueï Lavrov a réitéré que la paix ne pourra être obtenue qu’à la condition que Kiev reconnaisse l’annexion des quatre régions ukrainiennes revendiquées par Moscou depuis septembre 2022. Il appelle à leur reconnaissance «internationale» et à leur formalisation dans le droit international.
Kiev, par la voix de son vice-ministre des Affaires étrangères, Andrïi Sybiga, a rejeté ces propos qu’il qualifie de «vieux ultimatums», accusant la Russie de poursuivre ses objectifs «brutaux» sans réelle volonté de négocier.
Cette nouvelle offensive intervient dans un contexte symbolique. Le président russe Vladimir Poutine se trouvait à Pékin pour les commémorations de la victoire contre l’Allemagne nazie, tandis que le ministre britannique de la Défense, John Healey, était en visite à Kiev.

Deux événements qui soulignent la dimension géopolitique de cette escalade et renforcent la pression sur les alliés de l’Ukraine pour maintenir leur soutien.
Par Nourrah THIOMBIANO (Stagiaire)




























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