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Côte d’Ivoire: la triple malédiction des virus!

Il urge de stopper toute avancée du virus d'Ebola en Côte d'Ivoire (Ph. illustration/afrik.com)

Ebola en Côte d’Ivoire. Une première depuis 30 ans. Le virus a traversé les frontières, en provenance de la Guinée Conakry, transporté par une jeune femme qui a été aussitôt mise en isolement. Mais ce seul cas dont l’annonce a été rendue publique ce samedi, s’il n’a pas semé outre mesure un trouble extraordinaire, encore moins la panique, a tout de même interpellé les autorités sanitaires ivoiriennes qui ont, immédiatement, déclaré la guerre à la maladie. Le plan de riposte qui sera déroulé, en principe dès ce mardi, par le ministère de la santé, les services en charge des épidémies recevra l’appui de partenaires, notamment l’OMS, l’Unicef, la Banque mondiale et la Croix-Rouge.

Riposte et prévention seront les alliées sûres des acteurs de la chaîne sanitaire, engagés dans la lutte contre la maladie à virus Ebola. Pour parer au plus pressé, la patiente est déjà prise en charge et en plus de ses compagnons de voyage et les personnes qu’elle a croisées sur son itinéraire, les forces de l’ordre aux postes frontaliers et le personnel de santé ont commencé à recevoir leur dose de vaccin, dès ce lundi. La solidarité africaine, séculaire et agissante, a, d’ailleurs, conduit la Guinée, à mettre, aussitôt, à la disposition de la Côte d’Ivoire sa voisine, 5000 doses de vaccin anti-Ebola. La campagne de vaccination, concentrée sur les cas cibles et les personnes à risque qui ont croisé le chemin de la patiente du Centre hospitalier et universitaire de Treichville, s’étendra, sans doute au plus grand nombre.

Quelle sera l’efficacité du plan de riposte et de prévention contre ce virus tant redouté, identifié pour la première fois en 1976, dans un village du Congo, non loin duquel coule une rivière portant le nom Ebola?  Il urge pour les autorités ivoiriennes de renforcer les mesures préventives pendant qu’il est encore temps pour éviter une envergure d’épidémie dévastatrice. Les ravages opérés par le virus dans son Congo natal, ou en Guinée qui a connu la plus grande épidémie en décembre 2013, ou encore au Libéria, en Sierra Leone, au Nigeria, au Mali, et même aux Etats-Unis, sont la preuve qu’aucun effort ne sera de trop pour tuer le virus avant qu’il ne circule davantage en Côte d’Ivoire et traverse les frontières de cette légendaire terre d’accueil de nombreux ressortissants d’autres pays africains dont le Burkina Faso. Surtout que de nombreuses populations vivent dans des quartiers précaires où la promiscuité entre les habitants est reine.

Le bilan de 28 mille cas pour 11 mile décès officiels et plus de 10 mille survivants avec séquelles, comptabilité récemment établie par l’OMS, sans être dramatique, est assez éloquente pour mettre sur la braise, les autorités politiques et sanitaires ivoiriennes. Et un malheur n’arrivant jamais seul, comme l’énonce, implacable, l’adage, le virus de la grippe aviaire avait refait son apparition en Côte d’Ivoire, où un foyer a été découvert dans le département de Bassam. Ce n’est pas la première fois que la grippe aviaire, autour de laquelle DJ Lewis avait créé, chanson et danse, un concept musical à succès, se signale en territoire ivoirien. L’influenza aviaire de type H5N1 s’était déjà abattue sur la Côte d’Ivoire, notamment en 2006 et 2015. La peste aviaire, fatale à la volaille, mais qui peut aussi s’en prendre à l’homme, est donc de nouveau d’actualité.

L’heure est d’autant plus grave que, à l’instar des autres pays du monde, la Côte d’Ivoire fait face au Covid-19, une pandémie qui a mis l’économie mondiale au pas, en plus de provoquer mort et désolation sur son passage. D’ailleurs, après avoir été combattu plus ou moins avec une certaine efficacité, surtout grâce au respect des mesures barrières, le virus à couronne refait surface sous les tropiques, dans une troisième vague dite plus meurtrière que les précédentes. Certes, contrairement aux déclarations de l’OMS qui prédisait l’hécatombe à l’Afrique, compte tenu du manque criard de médicaments et d’hôpitaux convenablement équipés, le continent a résisté, jusqu’ici, aux assauts du virus.

Mais jusqu’à quand durera cette résistance, surtout face aux variants violents, comme celui dit «Delta», au manque de vaccins et à la réticence des populations de se faire vacciner, avec le peu que l’Afrique a pu obtenir grâce surtout aux dons de ses partenaires et au mécanisme COVAX? Le défi est donc devenu triple pour la Côte d’Ivoire, d’arrêter la progression du Covid-19 et rendre le terrain difficile pour toute explosion d’épidémie de la maladie à virus Ebola et de la grippe aviaire. Tout ceci commence à faire un peu trop pour un pays déjà, au paludisme, la maladie, principale cause de consultations et de morts en Afrique.

Par Wakat Séra 

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