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Côte d’Ivoire: vers le match retour de la présidentielle de 2010

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Henri Konan Bédié sort du bois pour la présidentielle ivoirienne de 2020 (Ph. AFP)

Le président du PDCI, Henri Konan Bédié, a levé un coin du voile sur ses intentions présidentielles. Ce n’est plus un secret pour personne: Henri Konan Bédié sera le candidat du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), à la présidentielle de 2020. N’Zuéba, comme on le surnomme, l’a confirmé à demi mot dans une interview accordée au quotidien français «Le Monde» publié en ligne ce jeudi 1er aout 2019. «Toute intention de militant doit être raisonnable et soumise aux instances dirigeantes du parti. C’est le PDCI qui désigne le candidat.

Dans la tradition du PDCI, on ne sollicite pas, ce sont les militants qui le font. Le parti décidera entre octobre et le premier semestre 2020. Si on me le demande, je suis un homme de service, un homme qui a suivi une tradition de don de soi, mais nous n’en sommes pas encore là», a-t-il répondu à la question sur ses intentions à propos du scrutin qui aura lieu dans 15 mois. 85 ans, le «Sphinx de Daoukro» ne considère pas son âge comme un handicap au regard de celui avancé d’autres chefs d’Etat en exercice. «Je suis un jeune parmi d’autres. En Afrique, il y a des présidents plus âgés que moi et si vous regardez à l’échelle du monde, ils sont encore plus nombreux. Le dirigeant de la Malaisie a plus de 90 ans. Tant que l’on a les ressources intellectuelles et physiques, je crois qu’il n’y a pas d’âge pour diriger un pays», a-t-il martelé.

On savait que l’ancien président renversé par un putsch en décembre 1999 rêvait de revenir aux affaires en 2020. Selon lui, le président Alassane Ouattara devrait lui faire la passe comme lui, HKB l’avait fait en lançant l’«Appel» de Daoukro. Il ne s’était pas alors aligné dans les starting-blocks électorales en 2015, préférant soutenir la candidature de Alassane Ouattara pour qui la partie était loin d’être gagnée. Mais visiblement, le président Ouattara n’est pas prêt à dresser le lit pour son allié qui, pour cette «trahison», a claqué la porte du Rassemblement des Houphouetistes pour la démocratie et la paix (RHDP), la coalition de quatre partis politiques qui avait renversé le président Laurent Gbagbo en 2010.

Cette déclaration du patron du PDCI intervient après sa rencontre avec Laurent Gbagbo le 30 juillet 2019 à Bruxelles, en Belgique. Henri Konan Bédié a annoncé une plateforme de partis avec le Front populaire ivoirien (FPI) de Laurent Gbagbo qui comprendrait Guillaume Kigbafori Soro, l’ancien président du Parlement ivoirien en rupture de banc avec Alassane Ouattara qui lui a indiqué la porte de sortie pour avoir refusé d’adhérer au RHDP.

Alassane Ouattara qui entretient le suspense sur sa candidature en 2020, attend certainement que ses adversaires abattent leurs cartes avant de se prononcer. En cas de libération définitive de Laurent Gbagbo, on risque d’assister au «match retour» de la présidentielle de 2010. C’est-à-dire une confrontation entre Ouattara, Bédié et Gbagbo.

Par Mahamadou DOUMBIA,

Correspondant Wakat Séra à Abidjan

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