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Crise montée de toutes pièces à New World TV: à qui profite le crime?

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New World TV et la fausse crise sociale d’une vraie guerre économique. Un titre qui aurait pu être celui du feuilleton de l’été de la presse audiovisuelle en Afrique. Sauf que la main invisible, mais bien connue, derrière cette tempête dans un verre d’eau, s’en prend en réalité à un outil au service de téléspectateurs qui en ont marre de subir les caprices de certaines de ces grandes chaînes et sociétés de distribution qui amassent de l’argent au détriment des bourses faibles des Etats et autres consommateurs d’images vendues à des coûts excessifs. A qui profite donc cette cabale médiatique orchestrée autour de la «nouvelle télévision du monde»? Dans l’attente de réponses à certaines de ses sollicitations, notre rédaction campe déjà le sujet par cet article.

Le schéma saute à l’œil, la polémique visant le groupe audiovisuel panafricain New World TV, relève du scénario classique de montage de toutes pièces d’une crise qui n’existe que de nom, mais agitée par des conspirateurs au dessein inavoué: accusations de grève, allégations de salaires impayés, soupçons d’arrêt d’émissions. Mais dans un recoupement plus profond des informations et une investigation auprès de plusieurs sources proches du dossier, une lecture radicalement différente s’impose.

Le fond réel de la controverse se situe ailleurs et met en évidence, un affrontement économique et stratégique directement lié à la montée en puissance d’un acteur africain devenu, en quelques années, un compétiteur sérieux sur le marché des droits sportifs premium. La sagesse ne révèle-t-elle pas, à travers Le Cid, qu’«aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années»?

Des contrats non renouvelés, une friction délibérément amplifiée

La genèse de la polémique est, en réalité, documentable. Selon plusieurs responsables du groupe contactés par Wakat Séra, les tensions évoquées trouvent leur origine dans une série de non-renouvellement de contrats récents, option prise dans le cadre d’une réorganisation interne assumée: rationaliser les coûts, mettre fin à des pratiques tarifaires jugées excessives, repositionner les collaborations sur des bases économiques viables. En somme, combattre efficacement, des situations concrètes qui ont pour noms; surenchère tarifaire, demandes financières disproportionnées, prestations devenues incompatibles avec la trajectoire du groupe.

Et ce qui aurait dû rester un différend ordinaire d’arrêt de contrat a, manifestement, franchi un seuil incompréhensible. Pourquoi et au profit de qui? Mystère!

Une transformation industrielle qui dérange, une autonomisation qui bouscule

Pour saisir la pleine profondeur de cette situation, il importe de se référer aux acquis et aux chantiers de New World TV. Depuis plusieurs années, le groupe investit massivement dans son indépendance industrielle: nouveaux studios aux standards internationaux au Togo, développement de capacités de production locales intégrées, recrutement de professionnels africains et européens sélectionnés sur des critères techniques stricts. L’objectif est explicite, produire un contenu made in Africa compétitif, pour un public toujours plus exigeant. Alors qu’elle n’a d’autre ambition que de démythifier davantage la télévision en la rendant encore plus attractive et tout autant accessible au grand nombre, New World TV remet en cause des équilibres établis de longue date.

Du reste, c’était prévisible que cette émancipation industrielle, dans des environnements historiquement dominés par des prestataires extérieurs installés, ne pouvait se faire sans résistance. Ce que l’on observe aujourd’hui ressemble moins à une crise sociale qu’au bruit de fond d’un rééquilibrage que certains acteurs n’ont pas intérêt à voir aboutir.

Des droits sportifs majeurs, une pression qui s’intensifie

Le deuxième élément structurant est la chronologie des faits. Plusieurs sources internes indiquent que la circulation d’informations négatives s’est intensifiée de manière notable à partir du moment où New World TV a obtenu des licences sportives exclusives majeures, parmi les plus convoitées sur le continent africain. Simple coïncidence? Nombre d’analystes du secteur n’y croient pas. Et en toute logique, car il se dégage de cette réaction de ceux qui essaient de miner les fondamentaux de New World TV, des effluves de planification.

L’accès à des droits sportifs premium dont ceux de la Coupe du Monde de football de cette année, constitue un tournant structurel pour tout opérateur audiovisuel africain. Il modifie les rapports de force, introduit une concurrence directe sur des segments longtemps verrouillés, et contraint les acteurs historiquement dominants à revoir leurs positions.

Dans ce contexte, la réputation d’un groupe peut devenir un terrain de bataille à part entière et certains contenus négatifs, apparus de manière coordonnée dans des espaces numériques distincts, avec des termes juridiquement inadaptés et des sources non identifiables, méritent d’être regardés pour ce qu’ils sont peut-être: des outils d’influence, pas des témoignages.

Une confusion juridique entretenue, un récit fabriqué

Un dernier point mérite d’être établi sans détour. Une part importante des prestations au cœur de la polémique ne concerne pas des salariés, mais des sociétés prestataires juridiquement constituées, qui facturent leurs services, organisent leurs ressources et assument leurs propres obligations fiscales et sociales. Présenter ces structures comme des employés individuels lésés n’est pas une erreur d’appréciation; c’est une distorsion juridique qui transforme un différend commercial en scandale social. Cette confusion a visiblement été utile à une personne ou un groupe d’individus.

Tout finira pas se savoir!

La polémique visant New World TV se situe à l’intersection de dynamiques bien identifiées: des différends contractuels réels mais localisés, une transformation industrielle profonde, une concurrence accrue sur des marchés stratégiques, et une circulation d’informations insuffisamment vérifiées, ou délibérément orientées. Le conflit visible n’est probablement que la surface d’un affrontement économique plus large, et moins spontané qu’il n’y paraît.

Ce que cette séquence révèle, en définitive, c’est l’émergence d’un acteur africain qui a décidé de jouer dans la cour des grands, avec les investissements, les licences et l’ambition industrielle que cela suppose. Et, visiblement, dans cette haute sphère où aucune place n’est concédée aux plus faibles, la compétition ne se limite pas aux appels d’offres. Elle se joue aussi, pour ne pas dire surtout, sur le terrain de la réputation.

Un nouvel équilibre est en train de s’imposer dans l’audiovisuel africain. Ceux qui en pâtissent le savent. C’est peut-être ce qui explique le reste.​​​​​​​​​​​​​​​​

Par Wakat Séra