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De Bonheur-ville à Tampouy: le calvaire pour trouver de l’essence

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Photo d'archives

Depuis quatre jours, l’Union des chauffeurs routiers du Burkina (UCRB) observe un arrêt de travail, dans une fronde qui l’oppose à l’Organisation des transporteurs routiers du Faso (OTRAF). Le ministère en charge des Transports a engagé des négociations pour espérer trouver une entente  entre les protagonistes. Finalement, aux dernières informations, les deux structures en conflit ont été suspendues par le gouvernement. Mais en attendant, ce sont les citoyens qui souffrent. Constat en ville par une équipe de Wakat Séra, ce 28 août.

Une fois de plus le Burkina Faso fait face à une grève des transporteurs, plongeant la capitale dans une panne sèche. Dans tous les quartiers de la ville de Ouagadougou, les stations d’essence sont remplacées par des bidons d’eau minérale ou tout objet pouvant contenir le liquide devenu subitement plus précieux que d’ordinaire. Pour trouver du carburant, il faut passer d’un quartier à un autre, pire il faut se battre pour l’avoir. Devant une station-service à Tampouy, quartier périphérique situé au nord de la ville, des usagers alignés dans une file indienne interminable espèrent avoir qui de l’essence, qui du gaz-oil.

De loin cet essaim d’hommes et de femmes, fait penser à ces attroupements autour des bagarres observées régulièrement dans les rues de Ouagadougou et qui ne manquent pas d’attirer les badauds. Les disputes, les cris et les injures assuraient l’animation.   Un Burkinabè, qui a requis l’anonymat,  a confié avoir quitté son quartier, Bonheurville, situé à près d’une vingtaine de kilomètres au sud-ouest de la capitale burkinabè, pour chercher du carburant et c’est finalement à Tampouy qu’il a pu en trouver.  Visiblement excédé par l’effort, il affirme que «peu importe le prix, nous sommes obligés de jeter de l’argent deux jours encore, car au lieu d’acheter le litre à 600 F CFA, nous le payons à 1000 FCFA».

Une consommatrice choquée par cette situation ajoute, en colère: «Il faut que ça cesse, ces multiples grèves qui débouchent sur la pénurie de carburant et qui nous fatiguent à la longue». Interrogation logique d’un autre usager: «Que peut-on faire ici à Ouagadougou sans essence»? Entre énervement et plaintes, les citoyens se bousculent et se frayent difficilement un chemin pour non seulement essayer de remplir les réservoirs de leurs engins mais aussi pour en emporter, souvent même dans des récipients de fortune. C’est dans cette atmosphère où le danger des incendies rôde, que se vend et s’achète le carburant dans la ville de Ouagadougou en pleine pénurie du jus qui est devenu rare comme l’or.

Des discussions ont été ouvertes sous l’égide du gouvernement pour trouver une issue rapide à la crise qui oppose l’Union des chauffeurs routiers du Burkina (UCRB) et le premier responsable de l’Organisation des Transporteurs routiers du Faso (OTRAF).

Par Tunwendyam Nadine ZONGO (stagiaire)

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