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Démission du chef de la diplomatie tchadienne: encore un caillou dans les rangers du général!

Le ministre Chérif Mahamat Zène jette l'éponge (Ph. d'archives)

«Depuis quelques mois, mon engagement et ma volonté de servir mon pays se trouvent contrariés par des initiatives et actions parallèles de certains membres de votre cabinet et du gouvernement, entreprises à mon insu et sur vos instructions. Ces initiatives et interférences répétitives et intempestives ne visent qu’à entraver l’exercice de mes fonctions et empiéter sur les prérogatives qui sont celles de mon département (…).» Les faits sont assez graves, mais constituent surtout des obstacles assez importants, selon Chérif Mahamat Zène. «Devant une situation aussi malsaine que confuse et inacceptable, entretenue à dessein, et dépouillant le département que je dirige de toutes ses prérogatives, et me réduisant à un simple figurant, il ne me paraît ni opportun, ni responsable de continuer à occuper mon poste.» C’est en ces termes, et sans ambages, que celui qui est désormais ancien ministre des Affaires étrangères du Tchad a signé son retrait du gouvernement de son pays.

C’est donc acté, et sans être une situation inédite, la décision de Chérif Mahamat Zène n’en n’est pas moins une option rare sous les tropiques où la démission ne fait pas partie du répertoire des hommes politiques. C’est même leur limogeage, quel que soit le poste qu’ils occupent et qui leur donne une place au soleil, qui constitue pour eux un coup dur, un malheur. Homme de caractère et brillant diplomate pour certains observateurs, l’ancien patron de la diplomatie tchadienne n’est, pour d’autres, qu’un simple calculateur. Le timing de cette démission consommée sous l’une ou l’autre casquette, n’est guère le meilleur pour le président du Conseil militaire de transition (CMT).

En effet, l’ancien ministre en rajoute, sans aucun doute, aux soucis du général Mahamat Idriss Déby Itno qui voudrait bien disposer de tout son temps pour assurer le succès-ne surtout pas confondre avec le Succès de Masra-de son Dialogue national inclusif souverain (DNIS) qui, lancé depuis un mois, jour pour jour, est loin d’avoir amorcé sa vitesse de croisière. Il marque même le pas! Malgré les efforts incessants déployés par les talentueux médiateurs de service, le DNIS, peine à faire le plein des partis politiques et des groupes politico-militaires représentatifs. La coalition Wakit Tama et «Les Transformateurs» le parti de l’opposant Succès Masra, non seulement manquent toujours à l’appel, mais usent de toutes les actions pour enrhumer la machine qu’ils soupçonnent d’être une trouvaille pour perpétuer le règne des Déby au Tchad.

Certes, autant une seule hirondelle ne fait pas le printemps, autant une seule démission ne peut ébranler tout un régime. Sauf que le contexte n’est pas le meilleur pour le pouvoir, tout comme le statut du démissionnaire pose problème pour un Conseil militaire de Transition qui cherche toujours à convaincre la communauté internationale de sa bonne foi de ramener le Tchad sur les rails de la démocratie par des élections ouvertes et transparentes. En tout cas, il importe pour les Tchadiens qui ont constamment des rebellions à leurs frontières et n’arrivent toujours pas à extirper leur pays des guerres civiles et autres violences politiques, de s’asseoir pour discuter. Il faut donner la chance au Tchad de fermer la si longue parenthèse de sang pour enfin se tourner vers le développement d’un pays qui, malgré ses richesses naturelles dont l’or noir, demeure parmi les plus pauvres du monde.

Il y a un temps pour faire la guerre et un temps pour faire la paix, dit-on!

Par Wakat Séra

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