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Développement: lancement du Cadre de Partenariat Pays 2026-2031 entre le Burkina Faso et la Banque mondiale

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Les deux parties présentent le CPP 2026-2031 au public

La ministre burkinabè Déléguée chargée du Budget, Fatoumata Bako/Traoré, représentant le ministre de l’Economie et des Finances, a lancé, le vendredi 2 octobre 2026, le Cadre de Partenariat Pays (CPP) 2026-2031 entre le Burkina Faso et la Banque mondiale, lors d’une cérémonie, à Ouagadougou. Le CPP 2026-2031 « n’appartient pas à la seule Banque mondiale. Il n’a pas été préparé dans les bureaux de Washington et même dans nos bureaux à Ouagadougou. Il a été le fruit de consultations régulières avec l’ensemble des forces vives du pays », a déclaré Ousmane Diagana, Vice-Président de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre.

Les membres du gouvernement burkinabè et des partenaires techniques et financiers, ont procédé, dans la soirée du vendredi 2 octobre 2026, au cours d’une cérémonie, au lancement officiel du Cadre de Partenariat Pays (CPP) entre le Groupe de la Banque mondiale et le Burkina Faso pour la période 2026-2031. Présidée par la représentante du ministre de l’Economie et des Finances, Fatoumata Bako/Traoré, ministre Déléguée chargée du Budget, qui avait à ses côtés des dirigeants de l’institution bancaire mondiale dont le Vice-Président de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Ousmane Diagana, cette rencontre dépasse le cadre d’une simple cérémonie institutionnelle.

Le Vice-Président de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Ousmane Diagana

« Il (le CPP) incarne le renouvellement d’un engagement nourri par plus de 63 années de partenariat. Oui, c’est le 3 mai 1963 que le Burkina Faso a adhéré à la Banque mondiale, et depuis lors, notre relation s’est solidement ancrée dans la confiance, le respect mutuel et une ambition partagée : celle de bâtir un Burkina Faso plus prospère, plus résilient et plus équitable pour tous ses citoyens, en particulier pour sa jeunesse », a soutenu M. Diagana. Il a, notamment, invité le gouvernement burkinabè à considérer ce qu’il a accompli avec son institution, « non comme un simple bilan administratif, mais comme la démonstration concrète que le partenariat, lorsqu’il est fondé sur la confiance et un engagement partagé, peut changer durablement la vie des populations ».

Selon lui, le Cadre de Partenariat Pays 2018-2024 qui a précédé celui lancé, le vendredi 2 octobre 2026, a été mis en œuvre dans un contexte particulièrement difficile, marqué par des défis sécuritaires et humanitaires, des crises mondiales successives et de fortes contraintes opérationnelles. « Et pourtant, les résultats qui ont été accomplis sont impressionnants », a-t-il salué, précisant que le thème du lancement officiel du CPP 2026-2031, reflétant pleinement leur ambition commune, est intitulé: « Consolider les acquis, promouvoir la croissance et favoriser la création d’emplois pour la jeunesse ».

Photo des familles des officiels composés notamment des membres du gouvernement et des équipes de la Banque mondiale

Le CPP 2026-2031 interviendra dans plusieurs domaines de développement. Le vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Ousmane Diagana, a fait noter qu’il est le fruit d’un processus rigoureux, itératif et participatif qui s’appuie sur une évaluation objective du Cadre précédent, sur le Diagnostic Systématique Pays et surtout, sur un dialogue approfondi avec le Gouvernement burkinabè, les partenaires au développement, le secteur privé et la société civile.

Ce cadre s’articule autour de quatre axes complémentaires, a poursuivi M. Diagana, ajoutant qu’il est conçu non comme une liste de projets, mais comme une vision cohérente et intégrée du développement. Il prend en compte le capital humain, l’amélioration de la productivité agricole, l’amélioration de l’accès à l’énergie et aux services financiers et le renforcement des services de base dans les villes et les communautés les plus vulnérables, notamment en matière de connectivité, de transports, d’infrastructures à faibles émissions de carbone et de protection contre les inondations.

Le Vice-Président de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre s’est attardé sur les acquis du Cadre précédent. « Dans le domaine de l’énergie, le nombre de personnes ayant accès à l’électricité est passé de 3,4 millions à plus de 28,4 millions aujourd’hui, une multiplication par vingt. Plus de 430 000 élèves déplacés par les crises ont été réintégrés dans le système scolaire. Environ 850 000 personnes ont désormais accès à l’eau potable. Soixante-dix-sept postes de santé avancés ont été déployés dans les zones les plus fragiles du pays. Enfin, la campagne agropastorale 2025-2026 a enregistré une production céréalière de plus de 7 millions de tonnes, un niveau excédentaire historique qui couvre 126% des besoins nationaux », a-t-il égrené.

Il a souligné que ces performances ne sont pas celles de la Banque mondiale. « Ce sont des performances propres au gouvernement burkinabè. La Banque y a contribué que modestement avec l’accompagnement technique, financier et bien-sûr avec des conseils par un staff engagé et compétent, vivant ici au Burkina Faso », a soutenu Ousmane Diagana, enchaînant que « la croissance économique a atteint environ 5% en 2025, contre 4,8 % l’année précédente. Ces progrès sont le reflet d’une nation résiliente et qui prend en charge son destin ».

Les membres du gouvernement sur la première ligne de l’aile droite

En somme, pour M. Diagana, ces résultats témoignent non seulement de la qualité de leur partenariat, mais surtout de la résilience extraordinaire du peuple burkinabè face à l’adversité. Selon lui, parallèlement, le portefeuille de la Banque mondiale a poursuivi sa croissance au Burkina Faso, « passant de 2,7 milliards de dollars en 2020 à près de 4 milliards de dollars en 2025, soit donc plus de 2 400 milliards F CFA avec 29 projets actifs couvrant des secteurs-clés du développement, de l’éducation, de la santé, de l’agriculture, de l’élevage, de l’énergie, etc ».

Pour Ousmane Diagana, la Banque mondiale est pleinement consciente des défis considérables auxquels le Burkina Faso est confronté. Ces défis rendent d’ailleurs leur partenariat plus pertinent et nécessaire. Mais, « les ressources de la Banque mondiale, aussi importantes soient-elles, ne peuvent à elles seules répondre à l’ensemble des besoins », a-t-il souligné, saluant dans ce sens « les réformes audacieuses que le Burkina Faso est en train d’entreprendre pour accroître ses ressources domestiques à mobiliser et à allouer au financement de son propre développement ».

Une vue des partenaires techniques et financiers

« Je crois qu’aujourd’hui dans l’espace Union économique et monétaire ouest-africaine (Uémoa), le Burkina Faso est premier dans cet effort. Il est important de le relever et de le saluer et surtout d’encourager le Burkina Faso à rester dans cette voie et peut-être même à faire mieux pour inspirer les autres pays de la sous-région », a affirmé M. Diagana. Le Vice-Président de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre s’est dit convaincu que « les financements extérieurs, qu’ils viennent des multilatéraux ou bilatéraux, quels que soient leurs volumes, leur signification, ils ne seraient jamais suffisants pour le financement total du développement. C’est l’effort national, les ressources nationales, les compétences nationales qui développent un pays ».

La ministre Déléguée chargée du Budget, Fatoumata Bako/Traoré, ainsi que la dizaine d’autres membres du gouvernement qui ont pris la parole ont invité la Banque mondiale à plus de « flexibilité » et « d’adaptabilité » au regard des urgences auxquelles fait face le Burkina Faso. Ils ont à l’unanimité salué le sens d’écoute de l’équipe la Banque mondiale au Burkina Faso. « La relation entre le Burkina Faso et le Groupe de la Banque mondiale s’inscrit dans une histoire déjà riche. Elle a accompagné des transformations importantes de notre économie et de notre société, tout en s’adaptant aux défis auxquels notre pays est confronté », a laissé entendre Fatoumata Bako/Traoré, la représentante de Aboubakar Nacanabo, ministre burkinabè en charge de l’Economie et des Finance.

La ministre Déléguée chargée du Budget, Fatoumata Bako-Traoré

Elle a salué le fait que « le nouveau Cadre prévoit une flexibilité dans les localités d’intervention afin de tenir compte de l’évolution du contexte national et des besoins des populations. Cette capacité d’adaptation est importante pour assurer la pertinence et l’efficacité des interventions tout au long de la période couverte par le Cadre participatif ».

Selon Fatoumata Bako/Traoré, les priorités retenues dans ce nouveau CPP 2026-2031 traduisent la volonté commune des deux parties de répondre à des besoins concrets tout en accompagnant les transformations que le Burkina Faso veut. Elle indiqué que trois domaines concentrent ainsi l’essentiel de cette ambition. « Le premier concerne la santé et l’éducation. Le deuxième porte sur l’accès à l’électricité et le troisième axe touche à la productivité agricole et à la sécurité alimentaire », a-t-elle déclaré.

Une vue d’ensemble de la salle

La Banque mondiale est convaincue que lorsque la vision est associée à la volonté politique du Gouvernement, à l’énergie et à la créativité des populations, les résultats seront au rendez-vous et une transformation profonde traduira cela en emplois.

Le Groupe de la Banque mondiale a réitéré son engagement à être aux côtés et à répondre avec diligence et célérité aux besoins et aux priorités du pays.

Par Bernard BOUGOUM