Et voici le Nigeria touché par Bundibugyo, la nouvelle souche d’Ebola. L’épidémie fait rage, depuis lors en République démocratique du Congo (RDC), avec plus de 4500 morts pour 9500 cas recensés, et s’est exportée ailleurs, notamment au Kenya avec 9 cas. Sans passeport ni visa, la maladie voyage, au mépris de toute la machine de lutte mise en place et qui met du temps à prouver son efficience. Ebola n’est, du reste, pas en terre étrangère au Nigeria, où en 2014, lors de son premier séjour, il a tué 8 personnes sur la vingtaine de cas détectés. Les frontières africaines étant reconnues foncièrement poreuses, tant pour les hommes que pour les marchandises commercées, ce n’est pas aux virus, qu’elles pourraient opposer une quelconque résistance.
En tout cas, le constat de la perméabilité des frontières a été palpable lors du Covid 19, période au cours de laquelle des voyageurs, sans aucune preuve du test en vigueur, et avec la complicité, souvent active, de certains agents de sécurité et de santé, allaient, allègrement d’un pays à un autre. Même des malades franchissaient, moyennant une contrepartie en espèces sonnantes et trébuchantes, les limites territoriales, Fort heureusement, tous les gardiens des frontières, les plus nombreux, n’étant pas corrompus, ils ont contribué au succès dans la lutte contre la pandémie .
Certes, Ebola Bundibugyo, ne connaît pas encore l’ampleur du Covid 19, mais cela ne saurait tarder si le virus continue de voyager autant allègrement. Il pourrait même aller plus loin à travers le monde. Ainsi fut d’ailleurs le cas de cet agent humanitaire de Médecins Sans Frontières (MSF) qui a contracté la maladie, et a dû être évacué vers les Pays-Bas pour y être soigné. Avant ce cas, en juin dernier, un autre avait été diagnostiqué en France. Il s’agissait, encore, d’un médecin humanitaire qui revenait de mission en RDC. Comme quoi, toutes les parties de la planète peuvent avoir la visite non grata de Ebola Bundibugyo!
Il urge donc d’élever davantage le cran du dispositif de la lutte, vu que la menace ne se limite plus à la RDC encore moins au continent noir. D’ailleurs, si toute la RDC, pays continent, n’est pas touchée plus que maintenant, c’est parce qu’il doit son salut à sa vaste étendue géographique qui empêche une mobilité poussée des populations, ou réduit tout au moins les mouvements entre les régions, et surtout vers la capitale. Malgré tout, le mal fait…mal à une RDC confrontée à la guerre dans le Kivu dont de grandes villes, comme Goma, sont aux mains des combattants de l’AFC-M23, mouvement désormais avalé par le Front de refondation nationale (FRN) présidé par l’ancien président congolais, Joseph Kabila. Sans oublier les remous politiques provoqués par la volonté non encore officielle de Felix Tshisekedi de s’offrir un 3e mandat que lui interdit la constitution.
Le Nigeria ne comptabilise donc, pour l’instant, qu’un cas de Ebola Bundibugyo. Mais aussi 44 cas contacts identifiés. Sauf que la situation doit être déjà prise au sérieux vu que le virus s’est déplacé, sans crier gare, de l’Afrique centrale à l’Afrique de l’ouest, accroissant ainsi les risques d’atteinte d’autres pays à la suite du Nigeria. C’est dans cette logique que le gouvernement nigérian a sonné, à raison, le branle-bas de combat dans ses établissements sanitaires. Toutefois, la guerre contre Ebola Bundibugyo doit se mener à l’échelle du continent, voire du monde!
L’heure est donc déjà grave pour le Nigeria et l’Afrique doit être constamment sur ses gardes!
Par Wakat Séra






































