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Election présidentielle: les Malgaches reprennent le TGV

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Retour aux affaires pour Andry Rajoelina

Les Malgaches refont confiance à Andry Rajoelina. Le président de 44 ans, fondateur du parti «Tanora Gasy Vonona» (TGV) reprend le fauteuil présidentiel, après l’avoir occupé du 17 mars 2009 au 25 janvier 2014, suite à une crise politique à l’issue de laquelle les militaires l’ont porté au pouvoir, à la place de…Marc Ravalomanana. En 2014, le jeune entrepreneur, ancien maire de la capitale Antananarivo, a dû quitter les affaires après que sa candidature à l’élection présidentielle a été invalidée par la justice de son pays. L’histoire, spécialiste de ces faits qui laissent toujours perplexes plus d’un, a remis les deux hommes face à face pour la présidentielle du 19 décembre 2018. Et pour aller jusqu’au bout de ces tours dont elle détient seule le secret, c’est encore Andry Rajoelina qui mettra fin aux nouvelles ambitions de Marc Ravalomanna, lui aussi ancien maire de Tana de 1999 à 2002 et ancien président de la République de Madagascar de 2002 à 2009. C’est par 55,66% des voix, contre 44,34% pour son rival dont il a comme épousé le parcours politique, que celui qui est surnommé TGV, de l’appellation de son parti, a remporté ce deuxième tour de l’élection présidentielle. Le verdict des urnes en a ainsi décidé, selon les résultats provisoires proclamés par la Commission électorale nationale indépendante (CENI) ce jeudi 27 décembre 2018.

Certes, les résultats ne sont que provisoires, la Haute Cour constitutionnelle malgache ayant encore 9 jours devant elle pour infirmer ou confirmer les chiffres de la CENI. L’institution aura alors, en principe, épluché les recours introduits par les candidats, notamment ceux du perdant Marc Ravalomanana qui dénonce des fraudes et de la triche. Dans très peu de cas, en dehors de la décision inédite et historique de la Cour suprême du Kenya qui a annulé le vote présidentiel du 8 août 2017 pour des irrégularités qu’elle juge avoir porté atteinte à l’intégrité du vote présidentiel, les résultats provisoires proclamés par la CENI changent au point de donner un autre vainqueur. Considéré comme un fonceur, donc collant bien au Train à grande vitesse (TGV), Andry Rajoelina, n’est certainement pas le meilleur président élu, le taux de participation n’étant que de 48%, mais il est celui qui a pu reconquérir le cœur d’une jeunesse malgache désabusée par des schémas politiques classiques menés sur fond de corruption et encourageant peu ou prou l’entrepreneuriat privé. «Zandry Kely» ou «le petit gars» qui se refait ainsi une virginité démocratique après avoir été taxé de «putschiste» lors de son premier passage comme président de la Haute Autorité de Transition de Madagascar, aura donc la lourde tâche de remettre son pays dans la course au développement. Cette immense île de plus de 24 millions d’habitants, très diversifiée sur le plan culturel et comptant 18 différentes ethnies ou nations autochtones est toujours classée parmi les pays les plus pauvres de la planète, malgré le pétrole, le cobalt, le café, le cacao, l’uranium, pour ne citer que ses richesses naturelles et son fort taux de touristes étrangers.

En tout cas, passé le temps de l’euphorie de la victoire, le jeune président sera face au défi d’amélioration des conditions de vie de ses concitoyens qui ne se contenteront, sans doute plus, des promesses électorales. Au TGV, à sa remise sur rails, de montrer qu’il sait foncer vers la gare de la prospérité et du mieux-être pour les Malgaches qu’il a embarqués.

Par Wakat Séra

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