L’Afrique du Sud a enregistré le départ de 2 745 ressortissants étrangers en l’espace d’une semaine, dans un contexte de durcissement de la politique migratoire annoncé par les autorités. L’information émane d’un communiqué du ministre de l’Intérieur, Leon Schreiber, le dimanche 14 juin 2026.
L’Afrique du Sud a accéléré les opérations de rapatriement de migrants en situation irrégulière à la suite des nouvelles mesures annoncées par le gouvernement contre l’immigration clandestine. Selon le ministre de l’Intérieur, Leon Schreiber, 2 745 ressortissants étrangers ont quitté le territoire sud-africain au cours de la semaine ayant suivi l’engagement du président Cyril Ramaphosa à renforcer les contrôles migratoires.
Cette annonce, faite dans un communiqué le 14 juin 2026, intervient dans un climat marqué par une montée des tensions autour de la question migratoire. Deuxième puissance industrielle du continent africain, l’Afrique du Sud demeure une destination privilégiée pour de nombreux travailleurs venus de pays voisins et d’autres régions d’Afrique. Toutefois, la persistance d’un chômage dépassant les «30 %» alimente régulièrement des sentiments hostiles à l’égard des étrangers.
Au cours des dernières semaines, plusieurs manifestations ont été organisées dans différentes localités du pays. Des groupes de citoyens ont notamment réclamé le départ des étrangers sans titre de séjour avant le 30 juin prochain. Ces mobilisations se sont parfois accompagnées d’incidents violents visant des communautés étrangères.
Face à cette situation, plusieurs gouvernements africains ont mis en place des dispositifs de retour volontaire pour leurs ressortissants. Des citoyens originaires, notamment, du Nigeria, du Malawi, du Ghana, du Zimbabwe et du Mozambique ont ainsi choisi de rentrer dans leur pays avec l’appui des autorités de leurs pays.
Les autorités sud-africaines indiquent que la plupart des personnes concernées par ces départs se trouvaient en situation irrégulière. Parmi elles figurent de nombreux ressortissants malawites. Selon un comité interministériel chargé des questions migratoires, près de 7 000 Malawites s’étaient regroupés sur un terrain vague à Durban, importante ville portuaire située dans l’est du pays.
Pour faciliter leur retour, le gouvernement malawite a mobilisé huit autobus, tandis que l’Afrique du Sud a mis à disposition dix véhicules supplémentaires afin d’accélérer les opérations de rapatriement.
La semaine précédente, le président Cyril Ramaphosa avait reconnu les préoccupations exprimées par une partie de la population concernant l’immigration clandestine. Il avait toutefois rappelé que l’application de la loi relevait exclusivement des autorités compétentes, mettant en garde contre toute forme de justice populaire.
La tension s’est encore accentuée après des incidents survenus à Mossel Bay, dans la province du Cap-Occidental. Deux ressortissants mozambicains ont perdu la vie à la suite d’une marche anti-immigration organisée le 29 mai. De leur côté, les autorités du Mozambique ont fait état d’un bilan plus lourd, évoquant cinq décès.
Selon les données de l’agence nationale de statistiques, plus de trois millions d’étrangers résident actuellement en Afrique du Sud, soit environ 5,1 % de la population nationale.
Alors que les opérations de rapatriement se poursuivent et que les autorités promettent un contrôle plus strict des flux migratoires, le défi pour Pretoria reste de concilier les préoccupations sécuritaires et économiques avec la protection des droits des migrants, dans un contexte social de plus en plus tendu.
Par Valentin SOMANDE




























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