Accueil A la une Fermeture des marchés de Ouagadougou: des commerçants de Dassasgho expriment leur colère

Fermeture des marchés de Ouagadougou: des commerçants de Dassasgho expriment leur colère

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Une vue de la voie prise en otage par les manifestants

Plusieurs dizaines de commerçants ont barré dans la matinée de ce mardi 28 avril 2020, une bonne portion de la Route nationale n°4 de la capitale burkinabè menant au marché de Dassasgho, pour exprimer leur colère et exiger la réouverture de leur lieu de commerce fermé depuis le 26 mars dernier.

La RN4 était inaccessible ce mardi dès 7H00 GMT sur une distance d’environ un kilomètre, les ronds-points jouxtant l’Ecole nationale des régies financières (ENAREF), faisant face au marché de Dassasgho étant barré par des pneus, cailloux, bancs usés, fer, briques, entre autres, par des manifestants, en majorité des commerçants et des commerçantes gonflés à bloc, qui dénoncent le silence des autorités gouvernementales et communales face à leur calvaire depuis la fermeture de leurs commerces à cause du Coronavirus.

Si la maladie du Covid-19 qui a fait à ce jour 42 morts au Burkina est une réalité, comme l’ont reconnu les manifestants, une autre pire que la maladie de l’infection, les a contraints à mener cette action de défiance à la loi et trouble à l’ordre public. « C’est la faim », crient-ils. Même si les protestataires se disent « sensibles » au tort causé ce jour aux usagers de la RN4, ils affirment vouloir par cette action interpeller les autorités qui elles, seraient « insensibles » à leur situation intenable.

Difficile de se frayer un chemin au niveau de l’ENAREF

« Ca fait plus d’un mois qu’on ne vend pas et on ne fait que dépenser, au point où on n’a plus rien pour nourrir la famille », s’est exaspéré dans la foule un des meneurs qui a requis l’anonymat. Ce dernier poursuit que c’est à contrecœur que lui et ses camarades se sont mobilisés pour la réussite de cette manifestation afin que les autorités se penchent « sérieusement » sur leur situation.

Sur place, vers 9H, un pick-up de la Compagnie Républicaine de Sécurité (CRS) est venu se poster avec une dizaine d’éléments au niveau du mûr, côté Ouest de l’ENAREF. Mais, les éléments de la CRS dans le véhicule, n’ont pas intervenu jusqu’au moment où nous quittions les lieux vers 10H30. Les manifestants prenaient le soin d’expliquer aux usagers qui visiblement obéissaient à leur volonté en se détournant de leur itinéraire.

Dans cette même matinée, des commerçants de Naabi Yaar qui avaient barré hier la voie principale menant à leur marché, étaient rassemblés ce jour encore pour revenir à la charge. Mais, à ce niveau, des éléments de la sécurité, notamment des unités d’élite de la police, ont dispersé les manifestants et levé les barrières sur les voies.

Par Bernard BOUGOUM 

1 Commentaire

  1. Nous sommes entrain de développer les terreaux d’une nouvelle insurrection : la fermeture des marches et yaars, l’imposition de l’IUTS aux fonctionnaires, la coupure des salaires de certains agents de l’État pour fait de mouvement d’humeur.
    Ces trois problèmes doivent être résolus avec tact et discernement

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