Accueil Société Francophonie: Libres ensemble pour Vivre ensemble

Francophonie: Libres ensemble pour Vivre ensemble

750
0
Michaëlle Jean, la secrétaire générale sortante de l'OIF (Ph. OIF)
Michaëlle Jean, la secrétaire générale sortante de l’OIF (Ph. OIF)

«Vivre ensemble dans la solidarité, le partage des valeurs humanistes et le respect de la diversité: source de paix et de prospérité pur l’espace francophone». C’est le thème qui a servi de voûte au XVIIè sommet de la Francophonie, qui a réuni à Erevan, plus de 500 participants, se réclamant tous de cet espace en mouvement de 300 millions de locuteurs, 84 pays dont 58 membres et associés et 26 observateurs auxquels viennent de se joindre 4 nouveaux venus, notamment la Gambie, l’Irlande, la Louisiane et Malte, avec le statut d’observateurs. Dans le même temps, les Emirats arabes unis, le Kosovo et la Serbie se débarrassent de leur casquette d’observateur pour enfiler le costume de membre associé. Ainsi, l’OIF est forte désormais de 88 Etats et gouvernements soit 54 membres, 7 membres associés et 27 pays observateurs. Rencontre historique cette réunion en terre arménienne a connu la désignation d’une nouvelle secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie, la Rwandaise, Louise Mushikiwabo, prête à renforcer les fondations posées par ses prédécesseurs dont la dernière n’est autre que la battante Michaëlle Jean. Mais l’héritière actuelle de Boutros Boutros Ghali et de Abdou Diouf s’engage à plus: «Placer la Francophonie à l’endroit qu’il faut, là où on peut faire la différence», même si elle ne vient pas à la tête de l’organisation bientôt cinquantenaire «pour faire des miracles, pour réinventer la boussole». Mais la Francophonie n’est pas qu’une affaire des têtes couronnées. Elle s’ouvre surtout aux peuples, par la pratique de la langue commune qu’est le français mais aussi la célébration des cultures. Erevan, la belle capitale de l’Arménie, qui a porté, cette année, la biennale au sommet, et a pris, par la même occasion, le flambeau pour deux années, peut, avec son premier ministre, Nikol Pachinian (actuellement démissionnaire pour raisons d’élections anticipées), affirmer avoir accompli un pas de géant avec ses «amis» francophones. Même si pas mal de points à polémique ont été créés par la désignation de la nouvelle secrétaire générale de l’OIF.

En attendant Tunis

En attendant Tunis, qui ouvrira dans deux ans ses bras à une Francophonie, toujours jeune de cinquante années, et en marge du XVIIè sommet des chefs d’Etat et de gouvernement, la capitale de l’Arménie a également abrité des événements de portée importante. Au titre de ceux-ci figurent en bonne place les signatures d’accords-cadre contre les violences faites aux femmes d’une part et pour le «libre ensemble» d’autre part, l’animation du village de la Francophonie, la cérémonie de proclamation et de remise des Prix des Cinq continents et des jeunes entrepreneurs, et un hommage vibrant à Charles Aznavour par les mots des discours et les notes d’un grand concert où le répertoire du plus Français des Arméniens, le «fils du pays» a été visité et revisité pour le bonheur d’un public qui en voulait encore et encore. Pour ne pas faire les choses à moitié, l’organisation a signé un pacte linguistique avec la Moldavie, tout comme elle a signé une convention de financement avec la Principauté de Monaco, portant sur la programmation 2019-2022 de l’OIF. Un forum économique et numérique, le Conseil permanent de la Francophonie, la Conférence ministérielle de la Francophonie, constituaient aussi des articulations fortes de ce XVIIè sommet de la Francophonie qui a vécu, les 11 et 12 octobre 2018, à Erevan. Séquences d’une semaine qui a célébré la langue française et fêté les cultures francophones dans leur diversité et leurs identités spécifiques.

Le «Quartier numérique»

Cap sur le numérique avec le premier robot humanoïde, Sophia, développé par Hanson Robotic (Ph. wakatséra.com)

C’est au sein du centre TUMO pour les Technologies innovatrices et créatives, symbole d’un programme très diversifié qui a pour objectif de permettre aux adolescents de prendre en charge leur propre apprentissage que la Francophonie économique et numérique a installé ses quartiers, le mercredi 10 octobre, le temps de dérouler ses activités, en marge du XVIIè sommet de la Francophonie. Dans ce creuset du savoir et du savoir-faire, où les apprenants s’adonnent en toute liberté à leur passion, sous l’œil vigilant de superviseurs, l’opportunité a été saisie par la secrétaire générale de la Francophonie, Michaëlle Jean, d’afficher l’ambition de l’espace communautaire de devenir le «quartier numérique». Occasion pour le premier robot humanoïde, Sophia, développé par Hanson Robotic, d’émerveiller une salle qui a refusé du monde, par ses connaissances et son aisance à s’exprimer en langue française. En plus de la session invités d’honneur, une table-ronde a permis à ses animateurs, les Grands témoins et divers intervenants de renom, de mettre en évidence les enjeux et perspectives de la souveraineté numérique dans l’espace francophone. C’est dans la même dynamique que le Réseau francophone des ministres chargés du numérique, a vu le jour, sous l’impulsion de la République du Bénin qui en assure la première présidence.

Par le biais de sessions thématiques, le forum a confirmé la volonté de la Francophonie d’affirmer davantage sa dimension économique.

Jeunesse, atout ou bombe? 

Les lauréats du Prix Jeunes entrepreneurs, la Nigérienne Aïssatou Adamou Noma (foulard noir) et le Togolais Koku Klutse (extrême droite)  (Ph. wakatsera.com)

La jeunesse, toujours au cœur de l’action de la Francophonie était une fois de plus la cible des préoccupations. Le rituel des activités organisées par et au profit des nombreux jeunes invités par l’OIF pour un brassage des cultures a été respecté à Erevan, soutenant ainsi les discours. Preuve de la volonté de passer des mots à l’acte pour panser les maux de la société et plus particulièrement de la jeunesse. Une jeunesse qui constitue par exemple la majorité de la population africaine et pourrait se muer d’atout en bombe. Et c’est pour accompagner cette jeunesse notamment sur le plan de l’entrepreneuriat que diverses initiatives sont sorties du laboratoire de la Francophonie. De cette cuisine de l’OIF est ainsi sortie le Prix jeune entrepreneur(e) francophone qui était à sa deuxième édition à Erevan. Lancée en 2017 par l’OIF, le gouvernement du Nouveau-Brunswick, la Conférence des ministres de la jeunesse et des sports de la Francophonie (Confejes), TV5 Monde, avec la participation du Cabinet d’audit financier Ernest & Young (EY).

(Ph. wakatsera.com)

«Les jeunes ont des idées novatrices qu’ils mettent à profit dans tout l’espace francophone. Par cette énergie entrepreneuriale, ils apportent des solutions novatrices aux défis actuels et façonnent l’avenir en étant des agents de changement qui contribuent à un développement économique durable et responsable de leurs communautés». Ainsi se résume l’esprit de ce prix, selon l’Administrateur de l’OIF, Adama Ouane. Pour cette deuxième édition dont le jury a été présidé par Mohamed Mabrouk, associé chez Ernest & Young, les deux jeunes entrepreneurs, qui ont passé un tamis de 400 dossiers reçus à l’origine, et provenant des cinq continents, ont reçu, chacun, un trophée, une somme de 10 000 Euros et bénéficieront d’un accompagnement promotionnel de la part du Cabinet sus cité. Les lauréats de 2018 qui ont été célébrés à Erevan, le 10 octobre 2018 au centre TUMO, sont, la Nigérienne Aïssatou Adamou Noma, 32 ans et fondatrice en 2014 avec le soutien de la Confejes, de Ana Pâte d’arachide, une entreprise agro-alimentaire et le Togolais Koku Klutse, 26 ans, qui a créé une entreprise Jony Group qui offre des alternatives à l’utilisation du charbon de bois par la distribution à temps plein du gaz butane et du biogaz au Togo. Selon des indiscrétions, le jeune entrepreneur togolais est sur le point de déposer un brevet d’invention d’une puce d’alerte automatique en cas d’incendie. Au vu des prouesses des jeunes entrepreneurs, qu’elle accompagne dans leur cheminement, l’OIF doit bien se réjouir de faire œuvre utile pour la grande communauté francophone, mais surtout au profit de l’univers.

Des prix comme s’il en pleuvait

Le gagnant du Prix des Cinq continents, Jean Marc Turine (Ph. wakatsera.com)

Les heureux lauréats, la Francophonie en a fait dans bien de domaines. C’est ainsi qu’en littérature, suite aux délibérations d’un jury présidé par la Burkinabè, Monique Ilboudo, Jean Marc Turine a remporté le prix des Cinq continents, avec son roman La Theo des Fleuves. Son prix lui a été remis au Théâtre Arno Babadjanyan, dans la soirée du 9 octobre 2018. L’ouvrage qui a également conquis le cœur de la librairie Tropismes à Bruxelles, est sorti d’un lot de 131 romans qui méritaient tout autant de faire remporter la palme d’or à leurs auteurs, mais la préférence des jurés du Prix des Cinq Continents est allée au roman de Jean-Marc Turine. Tout comme cet internaute, Evlyne qui est littéralement tombée sous le charme de l’œuvre. Florilège: «La Theo des Fleuves de Jean-Marc Turine est le survol d’un ricochet sur le fleuve des insoumis. On ouvre ce roman comme on retient son souffle. Tragique, puissante, cette histoire mémorielle est poignante. Théodora est Tsigane. Emblème de ce peuple à la dérive, dévoré par la haine, le racisme, l’intolérance, venus du monde d’en haut…»

Au titre de la rubrique récompenses, celle du ressortissant de la République démocratique du Congo (RDC), Dany Bitita ne saurait passer inaperçue. Le jeune Congolais qui a mis d’accord les membres du jury du concours de photographie axé sur le thème de «Libres ensemble, le dire en images» était simplement heureux, lorsqu’il présentait l’œuvre qui lui a permis de décrocher le premier prix devant les 41 autres participants venant de 12 pays de 4 continents. Et son #LibresEnsemble dans le catalogue des meilleures photographies, très révélateur de son sentiment de fierté, c’est: «Voir un monde digne dans lequel les êtres humains jouissent d’un même droit sans discrimination de sexe, de race et vivent dans la cohabitation pacifique et la cohésion sociale».

Le Libres Ensemble s’est exprimé également à travers un atelier destiné à de jeunes francophones et auquel les hommes et femmes de médias venus du Liban, de la Roumanie, du Cameroun, de la Bulgarie, de la Côte d’Ivoire, de la Tunisie et du Burkina Faso, ont eu le privilège de prendre part, juste pendant quelques minutes. Un laps de temps qui a permis aux journalistes de mieux appréhender le poids et le sens de concepts comme respect, solidarité et liberté, très chers au Libres Ensemble.

Accords-cadres

Signature de l’accord-cadre du Libres ensemble entre le ministre burkinabè Alpha Barry (à gauche) et l’administrateur de l’OIF, Adama Ouane. (Ph. wakatsera.com)

Libres ensemble et Vivre ensemble sont des piliers de la Francophonie mais aussi des concepts forces privilégiés par les autorités du Burkina Faso dans leur quête de mieux-être pour les populations, et de cohésion nationale. C’est ainsi que le ministre burkinabè en charge des Affaires étrangères, Alpha Barry, s’est exprimé, à la suite de la signature de l’accord-cadre entre le Burkina et l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) sur le libre ensemble. Programme noble dans un monde détricoté par les guerres, les conflits de toutes sortes et les attaques terroristes. A l’extrémisme religieux, il faut opposer la tolérance, contre la violence il faut cultiver la paix et là où se développe la haine faire pousser la belle fleur de la concorde. Paroles du ministre Alpha Barry qui est convaincu de la justesse du combat mené par la Francophonie pour un monde d’égalité, de liberté, de solidarité, en somme de Vivre ensemble. C’est dans cette logique qu’il s’est réjoui de l’accord-cadre du «Libres ensemble» qu’il a paraphé au nom du président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré. Cet accord du Libres ensemble a également été signé entre l’OIF et le Ghana, le Mali et le Niger.

(Ph. wakatsera.com)

Le monde n’est pas bouleversé que par l’intolérance mais aussi par les violences sexuelles utilisées comme arme de guerre et tactique de de terrorisme. Pour y mettre fin dans l’espace francophone, des actions concrètes sont nécessaires. Toute chose qui a contribué à la signature d’un accord-cadre de coopération entre la secrétaire générale de la Francophonie, Michaëlle Jean, et la représentante spéciale du secrétaire général de l’Onu sur la question des violences sexuelles en période de conflits, Pramilla Patten. Le but visé par cet acte important posé par deux dames qui ont à cœur la construction d’un monde débarrassé des pratiques dégradantes pour les humains en générale, et la femme en particulier, est de permettre aux deux institutions de porter ensemble un plaidoyer et mettre en oeuvre des appuis techniques dans l’espace francophone et s’impliquer ainsi dans la prévention et l’éradication des violences sexuelles liées aux conflits. Le dialogue politique avec les parties au conflit, la lutte contre l’impunité des crimes de violences sexuelles et l’accès effectif des victimes et survivantes à la justice et services multisectoriels feront partie de l’arsenal de moyens à mettre en œuvre pour aboutir à des résultats probants. Cette coopération, selon un communiqué conjoint OIF/ONU «permettra également de renforcer les cadres juridiques nationaux et l’adoption de mesures concrètes, multisectorielles et coordonnées, visant à prévenir ces violences en s’attaquant aux causes profondes, notamment la discrimination contre les femmes et les filles».

 L’Ufar en phare

Le recteur de l’Ufar, Jean-Marc Lavest (Ph. wakatsera.com)

2022 alumni. 5 diplômes de licence en droit, gestion, marketing, professionnelle  banque et assurance. 3 diplômes de master en droit international des affaires, finance et contrôle et marketing. Doctorat. 2 partenaires académiques, en l’occurrence les universités Jean Moulin Lyon 3 et Paul Sabatier Toulouse 3. Ainsi peut se décliner en chiffres, l’Université française en Arménie (Ufar) dont 6% seulement des étudiants sont en quête d’emploi, faible taux en Arménie qui fait, entre autres, la preuve que l’antre du savoir fréquenté par des apprenants de nationalités arménienne, russe, arménienne/russe, syrienne, libanaise et américaine, bénéficie d’un succès certain auprès des populations mais aussi des employeurs. Les étudiants qui sortent de l’écurie de cette université francophile mais dont l’ambition est d’aller vers le nouveau modèle d’université francophone d’Arménie, sont très prisés par les entreprises en matière de recrutement. «20% du personnel de la Banque centrale d’Arménie sortent de l’Ufar», a révélé son recteur, le Professeur Jean-Marc Lavest, non sans un brin de fierté. Par ailleurs Vice-président Chaires Senghor pour la Francophonie, ce monsieur à l’humour facile qui est convaincu que l’Ufar et ses plus de 75% de filles pour 22% de garçons, est un établissement facile à piloter et qui devrait doubler ses effectifs dans 4 ans. Séduit par l’appétence particulière des Arméniens pour les langues, il ne manque pas de trouver que la maîtrise, ou tout au moins la connaissance du français est un atout de taille sur le marché de l’emploi. «Je veux accueillir plus d’étudiants dans cette université», a affirmé M. Lavest qui pense que l’imbrication des cultures en Arménie facilite l’ouverture de ce pays à la aux vents extérieurs. Il est d’ailleurs persuadé que la Francophonie, au profit de laquelle plus de 400 étudiants de l’Ufar ont été déployés comme guides et hôtesses volontaires à l’occasion de son XVIIè sommet à Erevan, «doit être agrégative» et «ne doit pas opposer l’anglais et le français» par exemple.

Tous au TUMO

La directrice du centre TUMO de Erevan, Marie Lou Papazian(Ph. wakatsera.com)

Un établissement où les élèves, entre 12 et 18 ans, sont en charge de leur apprentissage. C’est la spécificité du Centre TUMO pour les technologies créatives. Les apprenants sont à 100% indépendants et ne subissent pas la hantise des notes et de la compétition par évaluations interposées. Sans cette pression, les adolescents qui fréquentent TUMO donnent le meilleur d’eux-mêmes, surtout qu’ils opèrent eux-mêmes leur choix, l’option qui les intéresse et dans laquelle ils sont convaincus de pouvoir exceller. Dans cette logique, le centre est très prisé par les jeunes qui le fréquentent avec assiduité, vu que des absences répétées et non justifiées sont synonymes de perte de ce privilège très convoité de se former à son métier de rêve par le biais des technologies. Plus de 2 500 personnes constituent une liste d’attente qui ne cesse de s’allonger pour l’accès au centre qui, de 1 000 élèves en 2011 est passé à 16 000. Il faut dire que l’endroit construit par un mécène sur 7 000 m2 est doté de toutes les commodités dont les 40% de filles et les 60% de garçons qui y font des recherches et des exercices ont besoin pour s’épanouir.

Les étudiants de tous âges, de tous milieux et tous horizons, travaillent sans débourser un dram (monnaie arménienne) dans divers ateliers et laboratoires et n’espèrent pas un certificat de fin d’études si ce n’est un «diplôme vivant» constitué de la sauvegarde automatique de tout son travail dans un portfolio en ligne. Pour la directrice du centre TUMO de Erevan, Marie Lou Papazian, qui parle avec une passion doublée de fierté de l’historique mais aussi du quotidien et des perspectives de l’établissement, l’initiative est simplement louable. C’est dans cette logique qu’elle est dupliquée dans plusieurs autres villes de l’Arménie comme Dilijan, Gyumri et Stepanakert. TUMO a également ouvert à Paris en septembre de cette année, en collaboration avec la mairie de Paris, en attendant de s’implanter à Beyrouth, au Liban, en ce mois de novembre. Moscou en Russie, Tirana en Albanie et plusieurs autres villes devraient, accueillir au cours des deux prochaines années, leurs centres TUMO.

TUMO en quelques mots, c’est 14 domaines d’apprentissage, notamment, l’animation, le développement de jeux vidéos, la réalisation de films, le développement web, la musique, l’écriture, les arts graphiques, la modélisation 3D, la programmation, la robotique, les animations graphiques, la photographie et les nouveaux médias.

La joie au village    

Au village de la Francophonie, le public a toujours répondu présent (Ph. wakatsera.com)

A Erevan la Francophonie avait également son village où la fête battait toujours son plein, entre expositions, animations musicales et bien d’autres rencontres. Véritable creuset du Vivre ensemble, thème central du XVIIè sommet, le Village de la Francophonie a mis en valeur la forte diversité culturelle de la communauté francophone, à travers des stands qui offraient des produits allant des vêtements aux boissons, en passant par les technologies de toutes sortes. Situé en plein cœur de Erevan, à la Place de l’Opéra, le Village inauguré officiellement le 9 octobre est resté ouvert du dimanche 7 au vendredi 12 octobre, pour le bonheur d’un public d’Arméniens et de leurs hôtes ravis d’y flâner entre achats d’objets exotiques, dégustation de mets raffinés et de boissons, le tout agrémenté par de la musique variée distillée par les différents groupes musicaux de service.

Le pavillon de la Francophonie (Ph. wakatserra.com)

Un seul endroit où était rassemblés objets d’artisanat, attraits touristiques et culturels et spécialités culinaires nationales. Ainsi se présentait le Village de la Francophonie qui abritait plusieurs stands, dont l’incontournable pavillon de la Francophonie. A cette étape du «parcours villageois» le visiteur était certain de rencontrer l’accueil charmant de la directrice de la communication et des instances de l’Organisation internationale de la Francophonie, Véronique Taveau, le moment était toujours soit à la réflexion avec des ateliers ou signature d’accords cadre comme ceux de Libres ensemble ou à l’ambiance festive, meublée de soirées telles celle de France Médias Monde qui réunit France 24, la chaîne d’information continue (en français, en anglais, en arabe et en espagnol); RFI, la radio mondiale (en français et en treize autres langues) et Monte Carlo Doualiya, la radio universaliste en langue arabe.

Et si le Village de la Francophonie, dont la tradition remonte à 2008, érigé chaque fois en marge du très officiel Sommet des chefs de l’Etat, n’existait pas, il aurait simplement fallu le créer.

Résolutions et déclarations

Louise Mushikiwabo, la secrétaire générale entrante de l’OIF (DR)

L’accord de siège avec la Roumanie, concernant les privilèges et immunités du Bureau régional de l’OIF pour l’Europe centrale et orientale (BRECO), a été signé à Erevan, tout comme dans la capitale arménienne, les chefs de l’Etat et de gouvernement ont également entériné, pour la période 2019-2022, le budget de l’OIF et une programmation quadriennale resserrée autour de 18 programmes, ainsi que la création de bureau régionaux de l’OIF pour l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient, respectivement à Tunis en Tunisie, et Beyrouth au Liban. Les dirigeants se sont aussi réjouis de l’adoption par le Conseil permanent de la Francophonie, le 7 octobre 2018, de la Politique de consolidation de la transparence de l’OIF.

A l’instar de tous les Sommets de ce niveau et surtout des nouvelles ambitions qui sont siennes, l’OIF a adopté plusieurs textes pour mettre en avant son engagement à contribuer à la bonne marche de la planète. Les Chefs d’État et de gouvernement ont ainsi rendu publics la Déclaration d’Erevan; l’Appel pour le Vivre ensemble; la Stratégie de la Francophonie pour la promotion de l’égalité entre les femmes et les hommes; la Résolution sur les situations de crise, de sortie de crise et de consolidation de la paix; la Résolution sur l’éducation à la citoyenneté et aux droits de l’Homme; la Résolution sur le 25è anniversaire des Principes de Paris sur les droits de l’Homme; la Résolution sur la participation culturelle; la Résolution sur le transfert de connaissances et la valorisation de la recherche; et la Résolution sur les maladies tropicales négligées.

 

Par Morin YAMONGBE (Ouaga-Erevan-Ouaga)

 

Laisser un commentaire