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Procès putsch manqué: le Cdt Korogo refuse de porter la paternité des « exactions » de ses éléments

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(Ph. Le Quotidien)

Le commandant Abdoul Aziz Korogo, chef de corps adjoint de l’ex-Régiment de sécurité présidentielle (RSP), a refusé de porter la paternité « des exactions » qui auraient été commises par certains de ses éléments, au moment des événements du 16 septembre 2015 et jours suivants, au Burkina. Il était ce mercredi 7 novembre 2018, devant la Chambre de jugement du tribunal militaire de Ouagadougou, pour sa troisième journée d’audition.

Après les débats sur les faits de complicité d’attentat à la sûreté de l’Etat, l’audition du commandant Korogo s’est poursuivi sur les charges de meurtre sur 13 personnes et coups et blessures sur 42 autres.

L’accusé a réfuté les faits à lui reprochés. Il a indiqué qu’il ne peut pas endosser la paternité des actes commis par des subordonnés. «Si on veut me faire porter (cela), je m’inscris en faux», a-t-il affirmé.

«Il ne m’a jamais traversé l’esprit d’envoyer des éléments pour commettre des exactions», a affirmé au tribunal l’inculpé qui a fait noter qu’il ne se reconnait pas dans ces infractions. «J’ai personnellement mis en garde les éléments du RSP. Je leur ai demandé de rentrer, dès le 17 septembre 2015, en leur faisant savoir qu’ils assumeraient la responsabilité des actes» qu’ils viendraient à poser sans les ordres du corps, a déclaré le commandant Abdoul Aziz Korogo.

Dans ses déclarations précédentes à la barre, le chef de corps adjoint de l’ex-RSP avait soutenu que dès les premières heures de la prise en otage des autorités de la transition, en tant que celui qui avait en charge leur protection, il avait souhaité déposer sa démission. «C’est pour me démarquer (de ce qui est arrivé) que j’avais demandé à partir», a dit M. Korogo. Selon lui, c’est la hiérarchie militaire qui a implicitement refusé car le voulant; toujours à l’en croire, au sein du RSP pour décanter la situation qui prévalait.

«La responsabilité du chef se greffe à celle de ses hommes», a soutenu le parquet militaire, pour qui le commandant devait «faire des efforts pour retrouver les auteurs des exactions» dès lors qu’il a eu l’information de ce que ses éléments commettaient en ville.

Se basant sur l’exécution des ordres du général Gilbert Diendéré par l’accusé, au moment des faits, notamment la mission de récupération du matériel de maintien d’ordre à la frontière du Togo et l’occupation de zone à la Place de la Nation, le parquet a estimé qu’il «ne peut pas faire tout ça et ne pas être comptable des conséquences prévisibles» du coup d’Etat.

Pour son avocat Me Dieudonné Willy, ce qui arrive à son client est son «destin» et «il ne pouvait pas l’éviter». Me Willy a alors invité le parquet à ne pas charger cet accusé «s’il n’y a pas d’éléments».

«A défaut de le féliciter, on ne peut pas le charger» pour ces infractions car «il a été celui qui a joué un rôle clé pour éviter le pire» et cela «est à mettre à son actif», a poursuivi Me Willy.

« Ce n’est pas parce que vous avez bien agi à un moment que nous allons occulter votre part de responsabilité » dans ces faits, a laissé entendre le parquet militaire.

Me Bertin Kiénou, un avocat de la défense, dans ses observations, a souhaité que «ce qui sera retenu en faveur du commandant Korogo, que le tribunal retienne cela aussi pour ses subordonnés qui ont agi sous ses ordres», car selon lui «si la troupe avait été consultée (en ce qui concerne la prise en otage des autorités et leur libération) on n’en serait pas là». Pour cet avocat, il y a des éléments qui ont été embarqués dans cette affaire sans en connaître les tenants et les aboutissants.

L’audience a été suspendue ce mercredi 7 novembre 2018 à 16h25 (GMT) et reprendra le vendredi 9 novembre 2018 à 9h.

Par Daouda ZONGO

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