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Guinée: qui peut encore faire entendre raison à Alpha Condé?

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Le président guinéen Alpha Condé (Ph. France 24)

Si le 1er mars prochain les Guinéens sont appelés aux urnes pour les élections législatives couplées au référendum constitutionnelle, l’Organisation internationale de la Francophonie, elle, vient d’annoncer son retrait du processus électoral dans le pays de Alpha Condé, l’ancien opposant historique devenu président et qui foule allègrement aux pieds les règles de l’alternance démocratiques qui l’ont amené au pouvoir. La Guinée de tous les dangers? Si c’est difficile de donner une réponse exacte à cette interrogation qui vicie actuellement le contexte socio-politique, de Conakry à Labé en passant par N’Zérékoré, Kouroussa ou Dalaba, pour ne citer que ces villes. La tension est palpable au quotidien, et ne fait que se renforcer, avec les derniers stratagèmes de Alpha Condé, pour se frayer une voie sûre vers le le troisième mandat présidentiel qu’il convoite en secret. Et c’est sans surprise qu’après avoir dévoilé son projet de nouvelle constitution, il couple, avec les législatives du 1er mars prochain, le référendum qui va adouber cette loi fondamentale. Sans avoir dit publiquement son ambition d’aller à la reconquête de son fauteuil pour la troisième fois, le président octogénaire ne cache plus son funeste projet. Car, une nouvelle constitution, c’est synonyme d’une remise à zéro des compteurs, ce qui permettra au président guinéen de briguer d’espérer un nouveau bail et plus si affinités. Pour parvenir à son but, l’ancien opposant historique qui a combattu ses prédécesseurs, insatiables du pouvoir, renvoie la Guinée dans les ténèbres du pouvoir à vie. Un recul grave pour le pays de Sékou Touré qui, du reste, amorcerait inévitablement un retour aux années de braise dont les Guinéens pensaient qu’elles étaient devenues de mauvais souvenirs, avec l’arrivée au pouvoir d’un président sorti des urnes en 2010 après une longue crise militaro-socio-politique.

Une première et on retourne à la case départ. C’est ainsi que Alpha Condé compte écourter, envers et contre tous, la merveilleuse histoire d’amour entre la Guinée et la démocratie. Et pour ce faire, il est visiblement prêt à marcher sur des cadavres et asphyxier son pays, vu que les manifestations organisées par le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC) paralysent régulièrement les activités économiques et sont toutes sévèrement réprimées, répression aveugle et disproportionnée dont le bilan macabre ne fait qu’enfler. Toutes choses qui ont conduit les partenaires de la Guinée, dont le parlement européen à s’inquiéter et condamner le non-respect des droits humains et des libertés en Guinée. Comme pour confirmer sa détermination à fouler aux pieds les résolutions des institutions et pays qui lui demandent de raison garder, Alpha Condé reste sourd à tous ces appels et condamnations. Casser de l’opposant est devenu le sport favori de l’ancien…opposant devenu président. L’actuel chef de file de l’opposition, Cellou Dalein Diallo, dont la résidence a été temporairement isolée, ce mercredi 12 février, du reste de la ville par des engins de la gendarmerie qui ont bloqué les accès y menant, est devenu le souffre-douleur du régime Condé. Le même tarif Mais en réalité, tous ceux qui veulent faire barrage au troisième mandat deviennent systématiquement des ennemis à abattre. En attendant les fameuses élections législatives couplées au référendum constitutionnel du dimanche 1er mars, la Guinée qui vit une crise politique majeure, continue de pleurer ses morts.

Qui peut encore faire entendre raison à Alpha Condé et l’empêcher de se laisser séduire par les sirènes du troisième mandat qui porte rarement bonheur à ceux qui succombent à son appel? Ce qui est certain, les devanciers du président guinéen qui s’y sont frottés s’y sont piqués. Mais malheureusement, les dirigeants africains retiennent rarement la leçon, surtout quand ils ont le soutien inconditionnel des autres militants du syndicat des chefs d’Etat que constitue l’Union africaine qui est restée désespérément muette sur cette crise guinéenne, lors de son 33è sommet tenu à Addis-Abeba, ces 9, 10 et 11 février. Comment le nouveau président en exercice, le Sud-Africain Cyril Ramaphosa, compte-t-il «faire taire les armes» en se taisant sur des crises majeures, comme celle qui mine actuellement la Guinée de Alpha Condé? «Ils allument le feu, ils l’attisent et après ils viennent jouer aux pompiers», avait prophétisé le célèbre faiseur de reggae africain, Tiken Jah Fakoly.

Par Wakat Séra

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