Les Assemblées annuelles 2026 du Groupe de la Banque africaine de développement se sont officiellement ouvertes mardi 26 mai à Brazzaville, en République du Congo. A cette occasion, les dirigeants ont exprimé leur confiance dans l’institution et dans la vision stratégique de son président, Dr Sidi Ould Tah, pour mobiliser des financements rapidement et à grande échelle en faveur de la transformation économique de l’Afrique.
« Le financement du développement en Afrique nécessite désormais des approches plus audacieuses », a déclaré le président congolais Denis Sassou-N’Guesso dans son discours lors de la cérémonie tenue au Centre international de conférences de Kintélé.
Le thème des Assemblées annuelles 2026 est « Mobiliser des ressources à grande échelle pour le financement du développement de l’Afrique dans un monde fragmenté ». Il s’agit des premières Assemblées annuelles de Dr Ould Tah [en qualité de président du Groupe de la Banque], à la suite de sa prise de fonction en septembre 2025.
Le président Sassou-N’Guesso, dont le pays a accueilli pour la dernière fois les Assemblées annuelles du Groupe de la Banque en 1984, a décrit cette dernière comme « bien plus qu’une simple institution financière. C’est un instrument de solidarité africaine, un partenaire stratégique des États et un levier majeur pour la transformation du continent. »

Dr Ould Tah a proposé une Nouvelle architecture financière africaine pour le développement (NAFAD), approuvée en février par les chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine. Elle a reçu un soutien massif en avril lors d’un dialogue consultatif historique entre les dirigeants de l’écosystème financier africain, qui a abouti au Consensus d’Abidjan. La NAFAD a également reçu un important soutien international lors du sommet « Africa Forward » tenu en mai à Nairobi.
La vice-présidente de l’Union africaine, Selma Malika Haddadi, a déclaré : « Ce consensus historique vise à renforcer la collaboration entre les institutions financières africaines, à lever les obstacles structurels à la mobilisation de ressources à grande échelle, à combler le déficit annuel de financement du développement de l’Afrique de 400 milliards de dollars, et à libérer la vaste épargne intérieure et les investissements productifs du continent. »
Mme Haddadi, qui représentait le président de la Commission de l’UA, Mahamoud Ali Youssouf, a indiqué que l’UA avait créé une agence africaine de notation (Africain Credit Rating Agency, AfCRA) afin de fournir « des évaluations de crédit qui reflètent nos réalités, nos réformes et notre potentiel ».
Dans son allocution, le président du Groupe de la Banque, Dr Ould Tah, a déclaré que pendant des décennies, le monde avait considéré l’Asie comme le principal moteur de la croissance mondiale ; mais aujourd’hui, « l’Afrique connaît une croissance comparable, voire supérieure, selon certains indicateurs ».
Il a ajouté qu’une transformation majeure était en cours en Afrique, avec une nouvelle génération d’entrepreneurs créant des entreprises aux ambitions continentales, et de plus en plus mondiales, et utilisant des outils numériques pour résoudre des problèmes socio-économiques.

Cependant, les innovations africaines ont tendance à rester locales ou marginales, car l’architecture financière qui entoure le continent n’a pas évolué pour mobiliser des financements à la vitesse et à l’échelle requises pour la transformation du continent, a indiqué Dr Ould Tah.
« Trop souvent, l’épargne africaine ne finance pas suffisamment le développement africain. Cela s’explique en partie par la fragmentation. Et dans le monde d’aujourd’hui, la fragmentation a un coût. Je rappelle souvent aux gens que les investisseurs internationaux n’investissent pas dans des projets. Ils investissent dans des instruments », a-t-il expliqué.
« C’est pourquoi l’Afrique doit renforcer sa propre architecture financière », a poursuivi Dr Ould Tah, « c’est toute la logique qui sous-tend la NAFAD… Non pas pour créer de nouvelles couches de bureaucratie, mais pour mieux aligner les institutions dont nous disposons déjà. »
Dr Ould Tah a ajouté que le rôle de la Banque devait évoluer, car l’époque à laquelle elle a été créée n’existe plus.
« En cette période d’incertitude mondiale, les institutions ont, elles aussi, besoin d’une boussole », a déclaré Dr Ould Tah, soulignant la vision stratégique des « Quatre points cardinaux » du Groupe de la Banque, dont l’objectif est d’aider l’Afrique à mobiliser davantage de capitaux à moindre coût, de soutenir des systèmes financiers africains plus solides et mieux connectés, de transformer la démographie africaine en opportunité économique — en particulier pour les jeunes et les femmes — et de contribuer à construire des infrastructures, des capacités industrielles et des chaînes de valeur capables de créer davantage de richesse en Afrique.

Au cours de la cérémonie, le président Sassou N’Guesso a décoré Dr Ould Tah et cinq autres cadres dirigeants du Groupe de la Banque de l’Ordre du Mérite congolais. Dr Ould Tah et Vincent Nmehielle, secrétaire général du Groupe de la Banque, ont été décorés du grade de Commandeur du Cœur d’Or. Le chef de cabinet, Thierry Hot ; Léandre Bassolé, directeur général pour la région de l’Afrique centrale ; Olivier Béguy, économiste pays pour la région de l’Afrique centrale ; et André Basse, chef du protocole, ont été faits chevaliers.
Des milliers de délégués venus de nombreuses régions du monde, dont des gouverneurs représentant les 81 pays membres du Groupe de la Banque, participent à ces Assemblées annuelles qui durent cinq jours.

Source: BAD




























![[Tribune] La rivalité Diomaye–Sonko entre dans l’ère inquiétante des légitimités concurrentes](https://www.wakatsera.com/wp-content/uploads/2025/11/faye-et-sonko-180x135.jpg)










