Accueil Monde L’opposant Aliou Bah libéré après une grâce présidentielle de Doumbouya

L’opposant Aliou Bah libéré après une grâce présidentielle de Doumbouya

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À l’occasion du 68e anniversaire de l’indépendance de la Guinée, le président Mamadi Doumbouya a signé, vendredi 2 octobre 2026, un décret accordant une grâce présidentielle à 217 détenus, dont l’opposant Mamadou Aliou Bah, leader du MoDeL, incarcéré depuis fin 2024 pour «offense et diffamation» envers le chef de l’État.

Une libération annoncée lors de la fête nationale

La décision concernant la grâce présidentielle a été rendue publique à travers un décret lu à la télévision d’État par le général Amara Camara, ministre secrétaire général de la présidence. Elle prévoit une «remise totale de peine» pour les bénéficiaires, parmi lesquels figurent des responsables politiques et d’autres condamnés de droit commun.

Aliou Bah, président du Mouvement démocratique libéral (MoDeL), était détenu depuis fin décembre 2024. Condamné en appel en mai 2025 à deux ans de prison ferme pour «offense et diffamation» à l’encontre du président Doumbouya, il devait théoriquement recouvrer la liberté vers décembre 2026, à l’issue de l’exécution de sa peine.

Si la grâce efface le reliquat de peine, elle n’est pas automatique dans son exécution. En effet, le décret subordonne le bénéfice de la mesure à l’accomplissement d’un «stage d’encadrement civique et de préparation à la réinsertion» d’une durée de 45 jours. Concrètement, les 217 graciés, dont Aliou Bah, devront suivre ce programme avant que leur libération ne soit pleinement effective.

Contexte judiciaire et pression régionale

Cette décision intervient alors que le dossier d’Aliou Bah était également porté devant la Cour de justice de la CEDEAO. Dans un arrêt rendu le 25 juin 2026, la juridiction communautaire avait estimé que certains de ses droits avaient été violés et avait ordonné sa libération. Plus récemment, dans une lettre datée du 25 septembre 2026, la Cour de justice de la CEDEAO a demandé à la Cour suprême de Guinée de procéder à la libération «immédiate et sans condition» d’Aliou Bah, renforçant la pression sur les autorités guinéennes.

La grâce présidentielle du 2 octobre 2026 survient donc dans un climat marqué par des critiques récurrentes sur la gestion des opposants sous la transition dirigée par le général Doumbouya, arrivé au pouvoir en 2021 après le renversement d’Alpha Condé. En décembre 2025, Doumbouya avait conforté son mandat en organisant une élection présidentielle sans opposant d’envergure.

En accordant cette grâce à Aliou Bah au moment où la CEDEAO exigeait sa libération «immédiate et sans condition», Mamadi Doumbouya combine geste de clémence nationale et réponse à une injonction régionale, tout en encadrant la sortie de prison par un stage de 45 jours.

Par Valentin SOMANDE