Accueil Editorial Macron et l’Afrique : avec Barkhane pour poursuivre l’œuvre de salubrité publique

Macron et l’Afrique : avec Barkhane pour poursuivre l’œuvre de salubrité publique

photo d'archives

Vingt-deux membres. Onze hommes pour onze femmes. Et ils viennent de droite, de gauche, du centre, etc., et de la société civile. Comme l’a voulu Emmanuel Macron, son gouvernement rime avec sobriété, parité et diversité. Cette équipe aussi inédite que son président était inattendu, aura pour premier défi d’aller à la conquête de la majorité absolue aux prochaines législatives. Le premier gouvernement de la présidence Macron n’aura pas d’état de grâce, tant les attentes sont nombreuses et pressantes dans une France confrontée aux menaces terroristes et où la fronde sociale ne faiblit pas. S’il est à l’origine d’une véritable reconstitution, pour ne pas dire reconstruction de l’échiquier politique français, le jeune président de 39 ans, ne continue pas moins de séduire de par le monde. En jetant son dévolu sur Edouard Philippe, un « juppéiste » pour mener son programme, former une équipe de personnalités diverses et pêcher un gros poisson comme l’écologiste devant l’Eternel, Nicolas Hulot qui a dit non à ses trois prédécesseurs, Emmanuel Macron fait la preuve que le jeune âge ne peut constituer un handicap pour être un grand rassembleur.

Pas de « gouvernement éléphant »

Mais les signaux forts envoyés par le nouveau locataire de l’Elysée, ont traversé l’Atlantique pour atteindre le continent africain dont la plupart des pays, notamment ceux francophones, n’arrivent pas à couper le cordon ombilical avec l’ancienne métropole. Du reste, à l’instar de l’Euro ou de la Ligue 1 de football, la vie politique, et plus particulièrement l’élection présidentielle française, est très suivie, tant par les dirigeants africains que leurs populations. Le gouvernement Macron se retrouve ainsi au centre des discussions dans les chaumières, les maquis et surtout sur les réseaux sociaux. Car, contrairement aux gouvernements pléthoriques sous les tropiques, celui que dirigera le premier ministre, Edouard Philippe, intrigue ou force l’admiration, c’est selon, par son nanisme, sa multi-coloration, et parce que composée de onze de femmes sur 22. L’équipe de 32 ministres du Burkina Faso, et le « gouvernement éléphant » de 110 membres du Ghana, c’est le jour et la nuit avec leur homologue de la France. Sans oublier qu’en Afrique, les maroquins, dans la plupart des cas sont des récompenses pour parents, amis, ou anciens camarades du même parti. Sur le continent, les adversaires politiques sont des ennemis qu’il faut écraser, surtout quand ceux-ci peuvent être utiles pour l’intérêt général. C’est un paradoxe bien africain qui malheureusement prospère bien, laissant sur le carreau des expertises nationales à même de tirer la charrue du développement du pays. Dans cette « illogique » c’est la médiocrité qui est promue, au grand dam de l’excellence et bienvenu au royaume où, la mauvaise gouvernance, le clientélisme, le népotisme, l’affairisme, la courte échelle, etc., s’érigent en sports nationaux les mieux pratiqués.

Aux côtés de Barkhane

Emmanuel Macron pourrait bien être une chance pour l’Afrique, si tant est qu’il contribue véritablement à faire bouger les paradigmes légendaires de la Françafrique et à faire de la gouvernance la pratique la mieux partagée par les politiques africains. Mais ça c’est une autre paire de manches, les mauvaises pratiques ayant la carapace très dure en Afrique où Emmanuel Macron devrait se rendre ce 18 mai, pour encourager les troupes militaires françaises de la force Barkhane, engagées dans la lutte contre le terrorisme dans le Sahel. Au Mali, Emmanuel Macron foulera le sable encore chaud et rouge de l’assassinat par lapidation d’un couple vivant en concubinage et accusé par les islamistes d’adultère. Ce crime odieux commis à Taghlit, dans la région de Kidal, un bastion des djihadistes de tout acabit, ne fait que compléter le long chapelet des exactions de ces terroristes qui, massacrent, tuent, volent et enlèvent surtout des Occidentaux contre rançon. Le nouveau chef de guerre français sera-t-il en mesure de terrasser l’hydre djihadiste qui prend le monde entier en otage et frappe sans ménagement tant sur les bords du Djoliba que de la Seine ? Avec pour guide, Yves Le Drian, « l’Africain », son nouveau ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, ancien chef du département français de la Défense, Macron peut bien poursuivre avec succès, l’œuvre de salubrité publique entamée dans le Sahel par son prédécesseur François Hollande.

Par Wakat Séra  

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