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Mali en guerre: qui a réveillé IBK d’un si long sommeil?

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Le président malien sort d'un trop long sommeil (Ph. maliweb.net)

Enfin! On peut le dire, Ibrahim Boubakar Keïta est sorti du long sommeil dans lequel il était plongé malgré les détonations et explosions des armes lourdes et des mines qui endeuillaient le Mali, son pays presque mis sous coupe réglée par les terroristes depuis des années. «Nous sommes en guerre»! Cette déclaration de IBK, malgré les circonstances douloureuses dans lesquelles elle a été prononcée lundi soir sur un ton martial, a dû réjouir les populations maliennes qui se demandaient bien si le «père de la nation» était conscient de la situation de chaos que vivait son peuple. Une g guerre «mondiale» a même tonné le chef de l’Etat malien qui est sorti de sa torpeur incompréhensible pour ses concitoyens, meurtris par les attaques terroristes qui frappent sans distinction civils et Forces de défense et de sécurité. Comme s’il attendait un seuil symbolique pour sortir de sa léthargie, IBK vient de prendre la bonne option, après Boulikessi, Mondoro et tout dernièrement Indelimane. C’est donc sur le sang encore chaud de la cinquantaine de ses militaires et du brigadier français de la force Barkhane, tous tombés sous les balles et explosifs assassins de terroristes insatiables.

L’espoir de bousculer les terroristes, voire les réduire à leur plus simple expression est-il désormais permis aux Maliens? En tout cas, le président malien a «instruit des mesures fortes, notamment l’élaboration d’un nouveau concept opérationnel qui donne une part importante à l’offensive au niveau de relèvement du commandement opérationnel sur le terrain et à l’amélioration des conditions d’engagement de nos hommes». C’est donc un nouveau tournant qu’opère le Mali dans cette lutte contre le terrorisme dans laquelle le Sahel, malmené par les «barbus» qui en ont pratiquement fait leur sanctuaire, est engagé. Cette nouvelle stratégie annoncée courageusement par IBK sera-t-elle l’arme fatale contre les orphelins de Abou Bakr al-Baghdadi, le truculent chef du groupe Etat islamique, tué fin octobre par les «Trump Boys»? Une chose est certaine, la révolte a été sonnée par le premier des Maliens. C’est déjà ça de gagné, et les troupes maliennes devraient désormais passer à l’offensive, au lieu de toujours se faire massacrer par surprise par des terroristes très renseignés et mieux équipés que les armées nationales sensées les repousser. Du reste, il est temps que les stratèges de l’armée malienne trouvent enfin la formule qui, associée à «l’union sacrée» de tous les Maliens prônée par Ibrahim Boubakar Keïta, servira à anéantir, ou tout au moins réduire considérablement la force de frappe de l’hydre terroriste.

Dopé par la visite de la ministre française des Armées, IBK a sorti le grand jeu. Mieux vaut tard que jamais, dit l’adage et il faut reconnaître le mérite au chef de l’Etat malien de galvaniser ainsi ses troupes, dans un combat où l’ennemi a pris le dessus sur tous les plans. Là où les autres initiatives ont vécu, Bourgou 4, la nouvelle opération conjointe lancée dans la zone frontalière entre le Burkina, le Mali et le Niger et révélée à l’occasion du séjour de Florence Parly dans le Sahel, ces 4 et 5 novembre, réussira-t-elle à secouer les terroristes habitués à tuer impunément et lâchement? Les jours prochains nous situeront et les dirigeants du Burkina devraient également prendre au mot, le voisin malien. Les meilleures écoles de sport du monde l’enseignent, «la meilleure défense, c’est l’attaque».

Par Wakat Séra

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