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Nigeria: fin de la grève à la raffinerie Dangoté après un accord sur la réintégration de 800 employés

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À Lagos, la grève qui paralysait la méga-raffinerie du milliardaire Aliko Dangoté depuis plusieurs jours a été suspendue le mercredi 1er octobre 2025. L’Association des cadres du pétrole et du gaz naturel (Pengassan) a pris cette décision à la suite d’un accord conclu entre le syndicat, la direction du groupe Dangoté et le gouvernement nigérian. L’entreprise a accepté de réintégrer les 800 employés dont le licenciement a été à l’origine de la colère des travailleurs.

Cette crise sociale avait éclaté le 27 septembre, lorsque la raffinerie avait annoncé le renvoi de centaines de salariés syndiqués, justifiant la mesure par une « réorganisation interne » destinée à contrer des actes de sabotage. Le syndicat Pengassan avait aussitôt dénoncé une manœuvre visant à affaiblir la représentation syndicale.

En réaction, il avait lancé une grève nationale qui a affecté tout le secteur pétrolier. Pendant quelques jours, l’approvisionnement en gaz et en pétrole a été suspendu vers le site de Lekki, près de Lagos, provoquant une baisse de 16% de la production nationale, soit environ 283 000 barils par jour perdus.

Face à l’ampleur du mouvement, le gouvernement nigérian est intervenu pour organiser des négociations. À l’issue de plusieurs jours de discussions, un compromis a été trouvé. Le président de Pengassan, Festus Osifo, a salué « une victoire pour les travailleurs » : « Nos membres seront réintégrés sans perte de salaire ni d’ancienneté. Cet accord montre que la solidarité paie ».

De son côté, la direction de la raffinerie a maintenu que la décision initiale visait à protéger l’entreprise contre des « menaces internes », tout en affirmant vouloir désormais « travailler main dans la main avec les syndicats pour garantir la stabilité ».

La raffinerie de Lekki, inaugurée en 2023, est la plus grande d’Afrique avec une capacité annoncée de 650 000 barils par jour. Elle est la propriété d’Aliko Dangoté, un richissime nigérian dont le groupe joue un rôle clé dans l’économie du continent africain. Toute perturbation sur ce site a donc un impact direct sur l’économie nationale.

La suspension de la grève soulage le gouvernement, qui redoutait un blocage prolongé. Toutefois, les syndicats rappellent que cette victoire « n’est qu’une étape » et promettent de rester vigilants. « Nous avons montré que nous pouvions défendre nos droits face à l’un des plus grands groupes privés du continent », a déclaré un responsable syndical.

Par Nourah THIOMBIANO (stagiaire)