Accueil A la une Nouveau gouvernement du Burkina: Roch ouvre le chantier de la réconciliation!

Nouveau gouvernement du Burkina: Roch ouvre le chantier de la réconciliation!

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Roch Kaboré (à gauche) et Zéphirin Diabré

C’est d’une soirée dominicale paisible, qu’a profitée le Premier ministre reconduit, Christophe Marie Joseph Dabiré, pour dévoiler sa nouvelle équipe. Le gouvernement Dabiré II, n’a pas, en réalité connu une mue profonde. Il n’a pas été non plus qu’un simple jeu de chaises musicales, car, pas moins d’une douzaine de nouveaux ministres, font leur entrée dans ce gouvernement du Burkina Faso qui, comme à l’accoutumée n’a pas manqué de faire l’objet de bien des supputations. Les inconditionnels de la toile et des réseaux sociaux ont apporté leur grain de sel. Certains, pour commenter le mouvement d’humeur, qui avait tout l’air de manipulation, demandant que le ministre en charge du Commerce, Harouna Kaboré, soit évincé de l’exécutif, et d’autres ironisant sur les descentes de ministrables ou de ministres qui ne voudraient pas perdre leurs maroquins, et qui prenaient, sans répit, d’assaut les antres des féticheurs et marabouts.

La fièvre est maintenant tombée et ce gouvernement aux couleurs d’ouverture, certes pas large, mais ouverture quand même, aura visiblement pour tâche, de marcher dans les sillons de la réconciliation, creusés par le chef de l’Etat Roch Marc Christian Kaboré, alors candidat en campagne pour son second mandat. Chantée sur tous les toits et mangée à toutes les sauces, la réconciliation nationale attendue de tous leurs vœux par les Burkinabè, depuis l’exaltant, mais non moins douloureux épisode de l’insurrection populaire pourrait bien devenir réalité. En rappel, cette manifestation d’octobre 2014 a occasionné bien des dérives et conduit à l’exil, des citoyens burkinabè, dont le plus en vue, est incontestablement, l’ancien président du Faso, Blaise Compaoré qui a déposé ses valises sur les bords de la lagune Ebrié, après avoir été contraint à la démission.

Après Christophe Dabiré, reconnu pour sa pondération et dont l’âge, 72 ans, appelle respect et considération, reconduit à son poste de Premier ministre, c’est Zéphirin Diabré, l’ancien chef de file de l’opposition, qui a occupé la 3è marche du podium de la présidentielle et dont le parti, l’Union pour le progrès et le changement (UPC), arrive en quatrième position à l’Assemblée nationale, qui vient d’être nommé, ministre d’Etat, ministre auprès du président du Faso, chargé de la Réconciliation nationale et de la cohésion sociale. Si dans le document, dont lecture a été faite publiquement, le rang protocolaire du nouveau membre de la majorité présidentielle suscite des interrogations, parce que celui-ci venant en fin de liste, alors que les deux autres ministres d’Etat figurent en début du décret, il faut dire que le poste en lui-même est exceptionnel. Car, le désormais ex opposant, qui avait été pressenti comme Premier ministre dans un gouvernement d’ouverture, répond directement du président du Faso, preuve, sans doute, que la réconciliation constitue, un des chantiers prioritaires du «Rocco».

Quelle sera l’énergie, la sincérité, la foi, et les moyens qui seront mis en œuvre pour conduire ce chantier dont le Burkina a réellement besoin pour partir, uni, à l’assaut du développement, qui passe par la lutte contre le terrorisme et le banditisme, qui a fait plus du million de déplacés et détricote, inexorablement, le tissu socioéconomique? Seuls les jours à venir situeront le peuple burkinabè qui a soif de paix et souhaite, surtout, retrouver cette cohésion sociale dont il avait fait, comme une marque de fabrique. Il importe donc que chaque Burkinabè, et surtout la locomotive qui tire les wagons de la réconciliation, y aillent sans calcul égoïste, personnel et bassement politicien, afin que ce chantier, courageusement ouvert par le président Roch Marc Christian Kaboré, qui entend mettre à profit son second mandat, pour réunir tous les Burkinabè autour des mêmes causes, soit une bataille menée et gagnée par tous.

Par Wakat Séra