Accueil Opinion NOUVEL AFRIQUE – NOUVELLE GENERATION/ Tribune Libre: «Mon autorité fout le camp!»...

NOUVEL AFRIQUE – NOUVELLE GENERATION/ Tribune Libre: «Mon autorité fout le camp!» leçon 2

Madina Tall

«NOUVEL AFRIQUE – NOUVELLE GENERATION, constitue, dans sa première phase, un nouveau concept de rubriques qui consiste à rédiger des articles sur des sujets d’actualités qui touchent la jeunesse africaine et l’Afrique en général. Né d’un certain afro-optimisme et dans le but d’en faire un rendez-vous incontournable sur le continent, Nouvel Afrique-Nouvelle Génération ose prendre la parole sur les sujets tant tabous que controversés avec un style nouveau dédain de toute partialité à coût d’arguments et d’idées novatrices qui tranche avec le classicisme africain et prêche de nouvelles perspectives pour l’Afrique. Cet article fait partie d’une série de réflexions publiées sur une autre plate-forme par la présidente-fondatrice de ce projet, «une jeune africaine», Madina Tall.»

Tall Madina est analyste politique et géostratégique.
Diplômée en Études Stratégiques, Sécurité et Politique de Défense Relations Internationales et Diplomatie, la présidente de Nouvel Afrique-Nouvelle Génération est également éditorialiste et écrivaine.

La jeunesse est au centre de toutes les préoccupations mondiales. C’est d’ailleurs une tendance au regard de la démographie sur le continent à laquelle se greffe une multitude de politiques sur l’emploi, l’orientation, la formation, l’accompagnement, l’entrepreneuriat, l’éducation des jeunes. De buche en bois, le discours ne cesse de changer de vocabulaire alors que sa conjugaison nous laisse croire que l’avenir d’un grand nombre de jeunes reste entre parenthèses.

Nonobstant les effets pervers de la société, tous les défis de développement ainsi que les crises qui secouent nos États, nul n’ignore que le taux de chômage des jeunes est en moyenne le double de celui des adultes, et que le degré de désorientation et de débauches d’une partie de la jeunesse a nourri des vocations à devenir des rebellés sociaux ou des bandes de hors-la-loi.

Cette frange de jeunes se trouve en confrontation directe avec l’État car, ce dernier n’a pu réellement proposer de véritables alternatives aux jeunes, au-delà de toutes les politiques annoncées, qui, d’ailleurs, ne touchent généralement pas le grand nombre.

Et c’est justement en cela que l’État perd ses galons de maréchal et son autorité, lorsque par absentéisme d’actions à impact rapide, laxisme politique ou incapacité d’apporter une réponse globale et novatrice, les problématiques de la jeunesse gangrènent la société jusqu’à défier l’autorité de l’État.

Face à cette situation incompréhensible qui a fait naître un sentiment de désespoir, se développent la révolte et la témérité aux couleurs sable et bleu. Et là-bas, la Méditerranée elle, dresse sa table pour un festin aux odeurs africaines avec des chiffres incroyables de migrants hachés par la mer, des jeunes de tous genres dont les seules aspirations, du reste, nobles, sont un emploi et de meilleures perspectives économiques pour vivre dignement.

Nombreux sont les efforts faits par les politiques, mais face à l’envergure du phénomène, la réponse est asymétrique.

Pour moi, une meilleure relation État – Jeunesse nécessitera de redéfinir le jingle pour ne plus cantonner la jeunesse seulement à des politiques d’une rhétorique de programme, mais plutôt faire de “ces locomotives à grande vitesse“, de véritables acteurs sociaux-économiques et de développement, bref les élites aux compétences multiples pour l’Afrique de demain.

Au risque de baigner dans le contradictoire, en tant que jeunes, ne soyons pas dans une perspective ou si les politiques ne passent pas, la jeunesse trépassera car dans tous les cas, la force du nombre et des idées est la caractéristique première de la jeunesse.

Une jeune africaine, Tall Madina

 

 

Laisser un commentaire